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deux conditions qui leur ont paru favorables à l’éclosion et au développement de la maladie; comme l’une et l’autre S’appliquent à mon cas, je vais les rapporter.
M. Arnould voit dans l'élément — jeunesse — une condition qui ne lui paraît pas négligeable: « à cette époque de la vie, dit-il, la nutrition est à son plus haut point d'activité et l'enveloppe tégumentaire est plus particulièrement le siège des manifestations de celle-ci; l’histologie moderne a démontré les connexions étroites qui unissent les couches vivantes de l’épiderme avec le système lymphatique; une nutrition abondante chez les premières suppose nne large circulation et des sucs abondants chez le second; c’est là une sorte de lymphatisme physiologique qui place les jeunes gens dans des conditions éminemment favorables aux réactions du mode inflammatoire, ayant pour siège le tégument luimême toutes les fois qu’il y est directement sollicité.» Aïnsi donc, chez un individu jeune, tout ce qni se passera du côté de la peau et de ses annexes aura une grande influence; «la peau d’un individu c’est la moitié de lui-même », nous disait souvent un de nos professeurs de clinique, et ces manifestations seront d’autant plus intenses et auront une ténacité d'autant plus grande que l'individu sera plus fort, plus vivant en un mot. Les anciens avaient déjà remarqué que ces phénomènes vitaux paraissaient plus tumultueux chez cette classe de gens, dans laquelle je rentrerais je crois, qu'ils désignaient du terme très vague de «ctempéraments sanguins.» M. Dauvé, médecin militaire, parlant de l'influence du tempérament sur la production de deux affections communes chez les cavaliers, dit: «Chez les sujets lymphatiques, c’est l’ecthyma qui domine; chez les sujets sanguins, c’est le furoncle.» Aujourd’hui ces diverses sortes de tempéraments n’ont plus la même importance ; on admet chez les individus des constitutions fortes et des constitutions faibles; c’est
DIS affaire de quantité plutôt que de qualité. Or, le furoncle se présente aussi communément chez les uns que chez les autres.
La deuxième condition que je désire étudier, c’est l’état atmosphérique. De tout temps, on a admis que la chaleur humide, le changement de température et de saison, le printemps et l'automne étaient en rapport avec une plus grande fréquence dans l’apparition des furoncles. M. Czernicki a écrit l’histoire médicale d’un régiment de cavalerie pendant une année ordinaire, c’est-à-dire sans épidémie étrangère importée, pendant laquelle le régiment à seulement payé son tribut aux maladies de causes banales, et subi les affections de causes professionnelles ; le cours des influence saisonnières et atmosphériques à été suivi régulièrement et l’auteur a pu construire, pour la fréquence du furoncle et des affections cutanées (228 cas), un tracé graphique dont l'interprétation est très intéressante. C’est ainsi que le maximuin des cas de furoncles a lieu en mars, puis la courbe descend graduellement et se maintient voisine de zéro pendant les mois de juin, juillet, août et septembre, elle remonte insensiblement jusqu’en janvier et puis beaucoup plus jusqu’en mars. Mais pour M. Ozernicki, ce n’est pas, comme on le voulait autrefois, l’air atmosphérique lui-même qui doit entrer en ligne de compte, il faut plutôt considérer que l’hygiène individuelle n’est pas la même aux diverses époques de l’année : l’été amène avec lui les bains froids et le soldat sera pendant quelques mois d'une propreté satisfaisante, alors peu ou pas de furoncles; l'influence salutaire des bains se maintient encore pendant quelque temps; puis l’hiver arrive, les bains sont supprimés, les soins de propreté laissent à désirer et la proportion de furoncles augmente pour atteindre son maximum en mars; à partir de ce moment, la courbe descend, les soldats ne sont pas encore conduits à la