DEUXIEME CLASSE
Des maladies où il y a absence des facultés propres
de V intelligence.
Un caractère essentiel sépare les maladies de
celle classe île celles de la première: c’est l’absence des facultés propres de l’intelligence , l’imagination et >e jugement; et l’affaiblissement des deux autres, la sensibilité et la mémoire.
Quand on fait une classification d’objets dont les caractères ne peuvent être rigoureusement appréciés, il est quelquefois difficile de bien tracer une ligne de démarcation entre les diverses séries que l’on veutétablir. Je crois que ce principe peut trouver son application dans le sujet qui nous occupe. Comme très-souvent les maladies de la deuxième classe succèdent à celles de la première, il est impossible, en quelque sorte , de décider à laquelle des deux appartient le sujet chez lequel a lieu la transition. On éprouve la même difficulté quand la démence est primitive et chronique dès son début. Les symptômes augmentent d’une manière insensible, ce qui ne permet pas de fixer le moment de l’invasion de la maladie ; aussi , dans notre description , les symptômes que nous indiquons sont loin d’être saillants chez les individus qui s’éloignent le plus du type réel de la maladie.
Une autre observation , c’est que l’on est souvent porté à croire que ce qui est le résultat de l’imitation ou de l’instinct est celui de l’intelligence. Combien de personnes regardent certains animaux comme doués d’intelligence ! Dans notre idée , les sujets qui appartiennent à la seconde classe se trouvent dans
le même état, sous le rapport intellectuel, que ies animaux : ils peuvent être comme eux plus ou moins intelligents , en prêtant à ce mot l’acception qu’on lui donne en parlant d’un animal adroit ou bien dressé ; ils peuvent être ravalés aussi bas que ceux qui occupent les degrés les plus inférieurs de l’échelle animale, ceux qui se rapprochent le plus des végétaux*
Cette deuxième classe sera divisée en deux genres : dans le premier seront compris tous les individus qui ont joui de leurs facultés intellectuelles , nous l’appellerons démence ; dans l’autre, ceux chez lesquels elles n’ont jamais existé , nous lui donnerons le nom d 'idiotie*
Plusieurs auteurs, entre autres Pinel, Mathey et Fodéré , admettent l’idiotie de naissance et l’idiotie accidentelle ; ils regardent cet état comme inférieur à celui de la démence.
Esquirol , Georget et le plus grand nombre en font deux maladies distinctes , nous adoptons cette manière devoir. Deux caractères essentiels viennent appuyer cette opinion : l’état stationnaire et Fincurabilité dans l’un des deux cas ; la progression croissante ou décroissante des symptômes , avec la possibilité de guérison, dans l’autre.