B8SIEURS
Je me propose de donner quelques dévcloppemens à une considération que la nature du trairail du rapporteur de votre Commission ne lui a permis que d'indiquer. Sans doute, rien n'est plus sacré, parmi les nations policées , que de rendre justice à un étranger; mais un étranger a-t-il le droit d'élever d^s réclamations qui seraient évidemment repoussées d^ns son propre pays? Or, qui peut flouter que ce ne fut le sort d'une semblable pétition dans la patrie du sieur Loveday ?
Je suppose qu'un Français résidant à Londres , plaçât
(i) Cette opinion n'a pas été prononcée, parce que la Chambre, avec juste raison , ferma la discussion, après avoir entendu le rapporteur de la commission et un orateur de l'opposition. Plusieurs membres de la majorité ont publié les discours qu'ils avaient préparés: M. Dubay , protestant f député del'Ardécha ( le Vivarais ) est de ce nombre. On remarque dans son opinion les phrases qui suivent : ce Louis XV confiait à un protestant le commandement de ses armées ; <c et rinfortuné Louis XYI ne tarda pas de rendre aux prolestans Jeurs droits a civils , et tout ce qui constitue une entière liberté' de conscience,,. Uicn ne tt. saurait excuser la conduite du sieur Lopeday ^ et je crois que zi les magistraist. a sont en faute , c'est uniquement pour n'avoir pas sévi contre un écrit publié « avec tant d'éclat et avant la décision des Chambres, qu'on savait bien ne pouce voir pas être favorables à son auteur... » y: r*
11 y a dans la Cliambre des Députés quinze protestans, neuf sont assis au côté droit et parmi ces derniers se trouve M. le général Donadieu, — D'apiès les recensements faits, ces dernières années» on compte en France au plus 600,000 •calvinistes, et 260,000 luthériens. On voit que la représentation des proteslaoaL dans la Chambre, est un peu plus forte que c«lle des catholiques..
ses iiiles clans uiie école protestante; qu'il les y laissât pendant deux «nnées; que , pendant tout ce temps , il ne les conduisît pas une seule fois dans uoe chapelle catholique ; que ses fitlès, entraînées par Pexemple dé leurs compagnes 9 séduites enfin par les livres de controverse qui attaquent les dogmes de l'Eglise romaine , eussent adopté le culte anglican , et que , pour pratiquer en paix leur nouvelle religion, devenues majeures, ell^ se fussent retirées dans une maison décente : croyez- vous que ce Français pût at laquer la maîtresse de pension chez laquelle ses filles auraient embrassé la religion anglicane, comme étant coupable du rapt de séduction ? e\j en cas d'an prétendu déni de justice de la part des magistrats anglais, comment pensez-vous que serait accueillie, sa pélitîon dans la Chambré des Communes? S'y trouverait -il une voix qui osât l'appuyer? Je m'en rapporterais à M. LoVéday lui-même. Il connaît trop bien son pays pour ne pas savoir.qull y aurait de la dérision à mettre en dout^ce qui se passerait en ^reil cas dans le Parlement d'Angleterre.
Je ne vous parlerai que d'un fait bien connu, et qu'il est important de rappeler dans cette discussion. Il n'y avait pas cent mille catholiques dans l'Angleterre proprement dite à l'avènement de Georges III; il y en a actuellement de sept à huit cent mille (i). EIi bien ! dans tout ce long
(i; Un Anglais qui connaU très-bien son pays m^a fait remarquer, depuis la publication de ce discours dans les journaux , qu'il ne faudrait pas attribuer cette augmentation du ncHnbre des catholiques aux seules conversions. Les Iles Britanniques, k l'avénement de George III, n'avaient qu'une population de douze h quatorze millions d'âmes : on la porte aujourd'hui jusqu^k vingt millions.
règne, ainsi que sous celui de Georges IV ^ il n'y a pas eu un seul prêtre catholique qui ait été recherché pour avoir tipéré des conversions. 11 est remarquable que la plus grande^rtie de ces changemens de religion ont eu lieu par le ministère de prêtres étrangers, par les instructions des prêtres français déportés. Vous avez entendu raconter, comme moi, à ces pieux ecclésias-' tiques, comment se faisaient ces conversions : des perr sonnes nées dans les sectes protestantes étaient touchées de cette puissante conviction qui avait déterminé les protres françai4 à abandonner leur patrie pour ne pas prêter un serment que leur foi condamnait. Cette rési« gnalion , cette constjaice , accompagnée de la pratique de toutes les vertus, portaient dans l'jsprit de leurs hôtes anglais des doutes «ur la bonté des motifs qui avaient engagé leurs pères à se séparer de Funité catholique. Ils faisaient part de leurs pensées aux prêtres français; ceux-ci leur faisaient lire V Exposition de la doctrifie catholique, par fiossuet^ et ce qu'a écrit ce grand homme sur la réformatldn de Henri VIII. Le retour à l'ancienne Eglise était une prompte conséquence de ces hsctures, et l'on voyait, dans peu de temps, se former des réunions de nouveaux catholiques , qui bâtissaient des chapelles pour l'exercice de leur culte , dans des pays où il n'y en avait plus depuis trois siècles.
Desévénemens si publics , si remarquables , u'étaient pas inconnus du ministère anglais : cela le porta-t-il à exécuter ra//^7Z'5i//à l'égard des prêtres français? Non ; il ne s'en servit que contre les libéraux étrangers qui avaient forcé ces prêtres à quitter leur patrie ; et quant à ces ecclésiastiques eux-mêmes , le gouvernement anglais ne se borna pas à les laisser vivre en paix sur une terré
hoëpilalïèrè , à le» y laisser. pratiquer et luéme propager l«ar cialte{i), il fournil abontlammerità leur subsistance/' Gtorges III, dont k mémoire sera à jamais respectable et chère €fux catholiques et aux royal i^t^s français ^ G^îorges III , quel que fût son atiachemenl pour la re-ligion protestante , en parlant de ces défenseurs de l'ancienne foi , se' servait toujours de cette expiessioti , mes prêtres. On. sait quels furent leis bienfaits consians que son auguste fils, le monarque actuellement régnant, et loulç la famille royale d'Angleterre , répandirent sur ces ecclésiastiques fidèles. M, Burke foriiia ^ sous ces augustes auspices , dans la terre où il habitait , un nombrçu^ collège , où de jeunes français recevaient , de ces çpqlésîmtiques ;, des leçons de fidélité à leur religion et à: leur Roi; et aucun bon Français n'a oublié queM.Pitt déclara^ en plein parlement , que , parmi bes milliers de prêtres français , qui étaient depuis pjusieurs années en Angleterre , il ne s'en était pas trouvé un seul quieûtdonné.lieu au moindre reproche : ccflloge, ce ajouta ce grand minthtre, qu'aucune autre réunion 0. d'hommes aussi nombreuse n'a peut-être jamais mérité « dans aucun lieu et dans aucun temps. y>
. r^ ; fc :,
(i) Ou la'a fait remarquer , de . même , qu'k Londres, où le gouvernement Anglais a donné l'hospitalité et tous les secours pour leur subsistance ju^u'k trois et b quatre mille prêtres français, îl leur était recommandé de ne détourner personne de la religion de l'Etat. On cite même deux de ces prêtres qui, prêchant avec trop d'éclat dans un des comtes d'Angleterre , eurent ordre de sortir de ce comté. Ces eiOîeptions, comme on voit, ne détruisent en rien l'argument employé ici, comme elles n'empêchent pas que les catholiques de France ne doîvcMt avoir une leconnaissance éternelle poor le Gouvernement de Georges III.
Ces prêtres ^lisaient cependant beaucoup de conversions y cQfnme nous l'avons remarqué ; mais M. Burke , M* Çitt , elles hoœmçs d'état les plus éclairés , qui ont dirigé avec tant de gloire; le gouvernement eyespritt public çle l'Angleterre, pendant la révolution française^ ont senti que ce qui était dangereux , à celle époque , |)Our leur pays, n'était* pas le retour de quelques Anglais à la religion de Henri VII , mais la perte de toute religion ; ils savaient que les vrais catholiques s'ont lesi sujeis les plus fidèles et les meilleurs citoyens sous toutes les formes de gouvernement ; et M* Pitt , sous l'administrationduquel s'opérèrent le plus grand nombre de ces conveMons , ne cessa de protégçr ces ecclésiastiques (i) que M. Loveday croit insulter, en les appelant des convertisseurs y et dont il voudrait que la Chambre ^es'Députés provoquât la punition, parce qu'ils ont ins-. truit sa fille dans la religion catholique* sur le sol français.
Les défenseurs de la p^ition*de M..Lov4liy ne répondront rie^ à la supposition que* je fais d'une semblable pétition , présentée au Parlement cl'Anglelerre , ni aux conséquences que j'en tire; mais il faut que je réponde moi-même à un argument du même genre, qu'on lit dans sa pétition : « Supposez , fait-on dire à <( cet étranger , que le fils pu la fille d'un catholique lui
(i) La Quotidienne^ en rapportant ce discours dans sa feuille dti i4 avril, amis cette note : « L'orateur aurait pu ajouter, au i< sujetjde Paccueil qu'ont reçu lesT^ires français en Augreierrc , « qu'il fut publié h cetle époque, k Londres, une édition de la « Bible pour les caiholiqucs, qui portait an frontispice-, Inipri- « mée aux frais de VUniversité d'Oxford ^ à Vusage du clergé t^ de France f persécuté pour la foi, »
<K ^t enlevé par les procédés dont je me plains, et qu'on <c lui fit abjurer sa religion , pour embrasser le proteste tantisme , trouverait-on assez d'imprécations , assez <( d'anirthêmes, contre, une action aussi horrible ?Ëh « bien ! ou la liberté des cultes et l'égalité des droits ne a sont que des mois vides de sens , ou la même horreur iL doit s^attacher à Taltentat qujS^je dénonce. »
Je répondrai que ce prétendu attentat n'inspirerait aucune imprécation^ aucun anathême contre la maîtresse de pension protestante chez laquelle se serait opéré ce changement de religion. Il existe à Paris des pensions dirigées par des dames proteatantcs. Je suppose qu'un catholique y mît ses trois fille^qu'il ne conduisît jamais les deux aînées dans une église catholique, qu'il permît, qu'il prescrivît même que la troisième assistât à tous les exercices du culte pratiqué dans lar maison ( c'est ce qu'a fait Mv l«ovelay à l'égard de sa jeune iii^e ) ; que l'aÎQée y enfin , changeât de religion et se comuisit comme a fait mademoiselle Emilie Loveday^ je si^posê ensuite qiie ce catholique vous présentât utie pétition semblable à celle de M. Loveday : vous la rejetteriez avec indignation , et tous les calholiques;de France répéteraient avec vous : <c Gomment ce un père ,^ qui a laissé deux de ses tilles sans culte , te peut-il se plaindre qu'elles aient obéi au sentiment le \i plus profondément gravé dans le cœur humain , à M la nécessité où se trouve un être intelligent d^élever ce sa pensée vers son Créiteor , et que , voyant leurs a compagnes adresser des prières à Dieu , elles aient c( chanté les mêmes cantiques ? d
Bien loin que les catholiques accusassent de rapt de séduction )a dame protestante , chez laquelle se serait
opérée une pàrelHe conversion , ils recdnndilraient que la conduite de cette dame y eh ramenant ses élèves de l'athéisme pratique, ou nlêraedel'indiffîrehee âe toute religion à une dés commuhions^cbrétîennesi avait fait une action rtioralemcnt bonne et digtie de louanges. L'Eglise dëpîore la séparation desprotestans; înàts elle se réjouît des rares conquêtes qirils font sur lé fifc^icisme ou FindifiPérence des religions; et elle considère comme une de ses plus précieuses propriétés, les excellentes apologies de ta religion, chrétienne qui ont été composées par des protestans, et itotammentpar des anglicans. Il n'y eut pas un bon catholique en Europe qui ne rendit grâcMau Giellor^ue le célèbre lorciiCTeorgeLyttelton (i) fut ramené, parla lecture d'un chapitre desLivresS^ints^ du scepticisme à la religion chrétienne y quoiqu'il ne passâtpasjusqu'i la foi catholique. . ^ ^
Je conclus , Messieurs , de ce qui a été dit ci-dessus , que vous rejetteriez, à l'unanimité , la pétition d'un catholique qui y dans de pareilles circonstances , se plaindrait à vous que sa fille est devenue protestante-, comme le ferait la Chambre des communes d'Angle^ terre , si on lui présentait une semblable pétition. On agirait de même dans tous les pays ^ et M.Lovedayret
son avocat (a) le savent parfaitement.
(i) Lord LylteUoD nous a laissé un précieux ^ monumieut de
sa conversion dans son écrit intitulé : la Religion Chrétienne
démontrée par la conversion et l'apostolat de Saint-Paul y
ouvrage traduit en français par le célèbre auteur des Lettres de
quelques Juifs à M. de Voltaire,
(2) Depuis que ce discoiirs a été publié dans les journaux , il m'est tombé dans les mains la traduction anglaise de la pétition de M. Loveday , deuxième édition^ ornée de dix gravures. On lit
( lO
Aussi, Messieurs, n^£st*ce pas une pétition qoî est BOUS vos yeux ; c'est un libelle contre la religion caiholique, f>ar lequel on . voudrait en même temps rendre odii^ux le gouvernement des fiU de sakit Louis* Le titre des deux premières éditions de la brochure porte qu'on à abn^é de la crédulité des trois jeunes étrangères , à l'aide d^obsessions et de. faux m^rac/es. Cesimpleénoncésuffi-r sait aux auteurs da libelle pour atteindre leui: but. Un noble pair s'est écrié à ce sujet : <k On lit aussi dans la même pétition que l'on cite de nouveaux miracles ; s'il est vrai qu'on en raconte ^ ces récits ne sont pas inr dignes de l'attention de l'autorité. >
Qaei$*sonl les piéncipaux auteurs qj! compHce^e ces •obéessions, de ces nouveaux et faux miracles? Ce sont, suivant M. Loveday et son avocat, deux ecclésiastiques dont ils donnent les lettres initiales : l'un d'eux (i)^ dans l'une des premières églises de la capitale, au milieu de l'auditoire le plus éclairé qu'ait jamais rassemblé ub orateur chrétien , expose successivement depuis plusieurs années les preuves qui servent «de fondement à la î eligiou naturelle , à la religion révélée et à la foi catholique : l'a-t-on jamais entendu invoquer de nouveaux miracles? Pas plus que n'en invoqua Bossuet lorsqu'il
clans la préface que l'auteur de la- pétition est le célèbre ax^ocat de la capitale, M. Dupin. ,
Oo voit bien que cette jp^fi/iea/fo/z anglaises été destinée aux dernières olasses du peuple ; on y trouve , au milieu des plus gros- Mèces abft^irdités et des citations de la plus insigne mauvaise foi , niic ignorance affectée^ de ce qui se passe en France, telle qu'on pourrait k peine la supposer si les iles Britanniques étaient aussi éloignées de nous que les îles du Japon.
(f) M. l'abbë Frayssi nous, premier aumouier du I\oi«
( i3 ) convertit Turejnne; OU Pénélon lorsqu'il rappela dans* ie sein de l'Egliae les protestans de nos provinces de, POucsl ; ou nos prêtres déportés et accueillis en Anglt>' terre, lors(!|u*iU réfutaient, en esprit de paix et de cha^ rilé, les objections des ministres anglicans? Disons-le , et personne ne me contredira icij le nom $eul de ce célèbre apologiste de la religion chrétienne prouve la sagesse de M^^ Reboul dans sa conduite à l'égard de M*'" Loveday. L'antre ecclésiastique désigné par sa lellro initiale^ a des titres bien respectables aussi (i)f il est connu par son dévouement aux plus périlleuses fonctions de son ministère, dans les horribles temps de 1 7g3 : se mêlant alors, tous les jours, déguisé, aux satellites libéraux qui insultaient aux victimes que l^on conduisait par centaines à la mort, il les exhortait, par des signes convenus , à travers mille dangers ; et à mesuré que chacune de ces victimes montait à Péchafaud , il remplis-* sait à leur égard la fonction mystérieuse et subligié qu'un Dieu de miséricorde a transmise à ses ministres. Un noble pair ( M. de Lally ) a parlé de ses liens de famille avec M. Douglas-Loveday; il n'est peut-être pas dans les convenances des députés des communes dé faire valoir de semblables rapports; mais je dirai cependant que je pourrais aussi avoir un motif particulier de défendre ces deux ecclésiastiques, puisqu'ils appartiens nent l'un et l'autre au département que j>i l'honneur de représenter.
Ces deux noms étaient mal choisis pou|LienipUr les^ vues de M. Loveday et (|e son avocat : mais quels noms sont respectables pour les auteurs d'écrits séditieux et impies 1 . *
(i) M. l'abbë de Sambucy, maître des ci^Yé\X!LCi\C\^^ ^^V>.^^ica.peJJe au Rou
Celle même pélilion concourt danâ ce moihenl^ et pour les mêfties fins, avec un autre libelle impi&et sé^ dilieux, iniilulé ^ A Imanach du peuple , pour 1822, que l'on a d'abord vendy 6 sous, ensuite 3, el que l'on distribue actuellement pour rien dans les départemens* J'en ai dans les mains deux exemplaires de différentes éditions. Sur le frontispice, on voit un soldat, nouveau genre de missionnaires^ qui donne cet almanacb à un p^san.
Vous savez ^ Messieurs, qu'une édition de la pétition qui nous occupe porte aussi ses gravures. M. Loveday y est représenté entre quatre soldats, forcé, à la porte d'un couvent, de fair« une pension à sa fille. Au bas de la gravure on lit ces mots de la pétition : Sous quatre baïonnettes /assurai une pension d ma fille. M. Loveday , appelé devant un juge d'instruction, a été forcé d*avouer que ce fait était faux. Ce désaveu est consigné dails le rapport de la commission de la Chambre des Pairs. Il est d'ailleurs reconnu que M. Loveday se croit dispensé de fournir une pension alimentaire à sa fille ^ et que la congrégation religieuse qui a recueilli cetlo jeune étrangère, s'est fait un devoir de lui accôrdei;une hospitalité gratuite: mais la pétition et les gravures n'en courent pas moins nos campagnes, et l'on a appris qu'on la répandde même avec profusion en Angleterre parmi la classe ignorante (1.). On;voudrait ainsi faire croire, dans les pays protestans, que ce que les réfugiés français ont racontéAes dragonades , se renouvelait pendant le règne de Louis XVIII, sous le régime de la Charte et au milieu ^e Paris.
T^cjyejs la note s^.page 11.
(iS)
Les «nahceuvres de ce genre, comme vous le savtr/ Messieurs , ne sont pas nouvelles. En 1816, Mi^le pro^ cureur- général à la Cour royale de Paris, rendant compte , dans un procès fameux, de la cor^spondànce criminelle d'Edouard Wilson avec son frère Robert , donne ainsi l*analy se d'une des lettres d'Edouard Wilson : (c Cet Anglais se plaint de ce que les Bourbons, ic n^ayant (alors) aucune force militaire dans les pro^ a vinces, il y règne cependant une tranquillité qui peut « dégénérer en une adhésion positive aux vuçs des a souverains alliés. Il dit que si la nation française^ en (( général , était fortement indisposée contre les Bonr* ce bons, on en verrait journellement des démonstra- « tions ; que si l'on se propose de renverser Pordro <c actuel des choses, le teu devrait être toujours entre'^ il tenu et toujours visible , comme un rayon d'alarme / <( en France et dans l'étranger.. ..•• y>
«( Passant ensuite, ajoute M. le Procureur- Général » Bux moyens qui pourraient affaiblir l'altiadiement du plus grand nombre pour la caose des Bourbons , et in^ sistant sur l'emploi de ses moyens, Edouard Wilson re« commande, par -dessus tout, «c la persécution réelle ou <r imaginaire ( ce sont ses propres termes) contre les a protestans : idée , ajoute Edouard Wilson , qui gagne <( comme un incendie , et se répand comme une conta* <c gion parmi les peuples en général , et engendre un c( esprit de haine mortelle et de mépris pour la nouvelle « dynastie.... d C'est ainsi, qu'il appelle les descendans de saint Louis ! » . : .
Les amis de M. Loveday ont imaginé, suivant le^ préceptes de MM. Wilson, cette scène des quatre soU dats forçant un protestant à faire une çetvaiowk^^SiNsk
clevenùe calhoIique.GeUç scène, onl-iI$pu dire^d'après^ les deii^ radicau;s sqs compatriotes, gagnera comme un indendie^ et produira les effets que les révolutionnaires 4e tous les pays provoquent contre les gouvernemeus Jégitimi^s. .
• Qnanîd je' parle des machinations de ces trois Anglais , je suis bien loin de supposer qu'ils aient lés suffrages de la noble nation à laquelle ils appartiennent. C'est au con^ traire l'Angleterre qui nous donne l'exemple d'une ré* 4)ression forte et efficace contre les livres impies et sé^ dilieuij c'est ce pays qui nous offre le rnodèle d'une as* sociation constitutionnelle et éminemment patriotique^ pour poursuivre la punition des hommes pervers qui icomposeni et propagent ces livres impies. Les habitarts de l'Europe ne sont plus réunis où divisés par des lignes géographiques , mais par la conformité ou l'opposition des principes. Les radicaux anglais, les teutoniens d'Âllémâgné', \escarbonari italiens, tes /i6^ra/^« espagnol s, les libéraux français, ne forment qu'uii même peuple : c'est ce qu'ils piroctamenl dans tous leurs livres, c'est ce qu'annoncent leurs éclats de joie, lorsqu'ils espèrent le succès d'une révolte^ soit k S()a6eld ou à Manchester, êoit à Cadix ou datis les jibru^^zès^soii à Turin , à Grenoble^ à Belfort ou à Saiimur ; ils ont un conseil et des trésors communs, enfin ce qui constitua un peuple parfkitemeiit uniet le plu&fortement organisé qui fut jamais. « Une cité ( dit le plus grand écrivain politique qu'ait produit l'ancienne Rome) , a une cité n'est point la « réunion d'une multitude quelconque qui habite de» a maisons voisines les unes des autres; elle consiste ce dans l'association. d.e plusieurs hommes liés entre <r eux par un intérêt commun Toute cité qui pré-
tt i^ehle une pareille associalian ^ forme ce qù'pn appétit «c un état (i). % Je ne cbhsldère donc pas M. Loveday Comme anglais > mais cdmme appartenant à ce peuple nouveau et si redoutable, qui travaille avec tant'defrf^ reur à conquérir la péninsule espagnole sur la vieille chrétienté ; ^ui , l'année dernière ^ aurait fait subir le joug à lltalle, sans la magnanime protection des monarques réunis par la Sainte- Alliance ; qui renouvelle , chaque mois, ses conspirations en France; qui ne cesse ainsi de prendre Voffensipe ^ et qUi-^ en conséquence , d'après les règles infaillibles de tout genre de guerre, si Ton ne changeait de système à son égard , finirait pat triompher.
Je ne pense pas , Messieurs , cjue Vous vouliez vous résigner à cette défaite , à cette destruction; ce serait Celle de toutes les monarchies légitimes , de tout gouvernement fondé sur la justice , enfin de toute société*
Vous commencerez , Messieurs , par repousser ie$* proclamations de cet ennemi si dangereuiS : ces procia-* mations sont les écrits séditieux et impies *que l'on répand en France et jusqu^à l'étranger. De ce nombre est' le libelle du sieur Loveday , qu'on n'a qualifié Atpétiiiori que poi^ lui donner plus d'éclats
(i) Cîcéroti , fragraens de la République.
Sar ta marche du parti libéral dans les premiers
mois de fSss.
l Ce» çontîd^rations sont le déreloppevienl de ce que j'ai dit. cUdesfUf, pe§e lê : a LeÉ habitai» de TEurope ne sont plus réunis ou divisëf par des lignes ^oa gmphicpiea, mais par la conformité ou l'opposition des principes. Les radi- «c eaux anglais , les ieutonUns d'ÂlIemagèe, les cor^OTiari italiens, les lihéce ralèt espagnols, les Zf2^^a&r français ne forment qu'un même peuple. »}
MJK peuple libéral , ou plutôt la tribu au peuple libéral , qui, préteiiâétre la France , a été dëfini par un de ses orateurs : c'esfl le peuple qui à pu repènir tes Bourbons avec répugnance. Comme c'est ce peuple que nous avons k combattre , il faut re-* ebercber queNe est sa force.
. Oa ue retrouvera pas son origine avant la rëvolittion. T^e sol de la France nourrissait une nation renommée pour son attachement a ses Rois. Les Etals-G éoéraux de 178g furent convoqués : nous avons les cahiers des cent soixante-seize collèges électoraux y appelés alors bailliages ou sénéchaussées :il n'y en a pas un seul qui n'exprime les vœux de la France pour la prospérité et la force du gouvernement de ses Roisf qui se porte a chaque page les témoignages les plus vifs d'une reconnaissance , d'une vénération , 4'un dévouement sans bornes pour le Monarque alors régnant. l[Jne conspiration se forme dans le sein de la nouvelle Assemblée ; 1^ chefs de la copspiration sont quelques hommes déjh fameux par J^nr perversité. Elle trouve ses trésors dans In fortune d'un prince devenu, par l'infamie de sa vie et par sa lâcheté, l'objet du mépris le pJifs UÊÙtersçL Ces chefs réunissent autour d'eux tous les scé-
léraU de la Ffance et même des pays voisins. Le Roi le plus nhiié de son peufde est bleatôrplaoë au ri^ des nïartyrs.
Après vingt ans de crimes et de malheurs, dont il y àk peine quelques familles qui n'aient été les victimes y les souverains ^e TEurope délivrent la France de la plus intolérable tyrannie. Ici je n'employerai plus que des Jfiiëces authentiques.
Le 4 avril iSii , -le gouvernement provisoire , formé par le Sénat , publia une adresse au peuple français. On y lit ces mots : « Enfin y cette tyrannie sans exemple a cessé : les puissances « alliées viennent d'entrer dans la capitale de la France. Napoléon te nous gouvernait comme un roi de Barbares. ( i ) Alexandre y « et ses magnanimes alliés 9 ne parlent que le langage de Phon-n neur , de la justice et de l'humanité". Ils veulent réconcilier
« avec l'Europe un peuple brave et malheureux
« Qu'k Tabri d'un trône paternel y Vagriculture épuUée rejleu-^ <( rUse; que le commerce y chargé d'entraxes, reprenne sa « liherté'y (2)!^ue la jeunesse ne soit plus moissonnée par Jqs armes « avant d'avoir la force de les porter : que l'ordre de la nature «t ne soit plus interrompu ^ et que le vieillard puisse espérer de « mourir avant ses enfans !....»
S. A. R. Monsieur fait son entrée li Paris le i4 avril. Ce même jour / le Corps-législatif lui adresse ces paroles : «Les « longs malheurs qui ont pesé sur la France sont enfin arrivés k « leur terme: le trène va être océupé de nouveau par les des- K oéndans de ce bon Henri , que le peuple firançais s'approprie (C avec orgueil y comme avec amour ; et les membres du Corps»* 4( Législatif se glorifient d'être aujourd'hui y près de Votre AI- « tesse Royale , les interprètes de la Joie et des espérances de « de la nation »
(1) eç n est impossible de mesurer le gënie de V immortel Napoléon, » Dîscoum de M. de Chauvelin, sëance du aij janvier 1822.
(2) ce L'a^cuUure doit toute sa ricLesse à la rëvolntion ^ l'industrie son plip « bel ëlan au gouvernement impérial, )» Discours de M> La^t^ > %é^\kK.«>. ^kx VS avril. 182a*
te sfi avili, le Corps-Législatif délibéra d'envoyer ïd grande i1e|)utation , de vijijg|-çinc| membres , au-devant du Roi. La députât ion fut reçue , \m Sa Majesté , au château de Compiegne. Voici les.preiniers loois du di$cburs adressé au Roi , par le président de la dépwtAlion • « Voire JVlajesté s« retreuTC enfin an « milieu de cette, France > qui lui fut toujours st chère. Elle se vc.yoit entourée , pressée p^r &.on immense famille; d'innom- « brab.le3 cris, de j^oie l'ont saluée a son entrée sur le Sol de là « patrie y ils la suivent et raccompagneront jusqu'à la demeure u .dé$orf|iais consolée de ses augustes ancêtres.. • (i) )> Ce sont de lela témoignages que M* Maau.el^.aptiès sept ans, vient balancer par so}i autorité j pour nous dire, que lu France a reçu les JBourlyonê. avec répugnance ! .
Le Roi donna la Charte. L'acte du sénat du G avril, intitulé Constitution française ^^x\d\\ pour premier article, que le^i^ vernement franjçaiswétait mouarçlijque et héréditaire demlile en mâle par ordre de primogéniture, S. M. Louis ^il^III ne voulut ))as qu^ la loi.salique fut publiée dç nouveau après quatorze siècles* Il savait que cette loi, le fondement de la monardiie^ la cause lie sa durée et de sa gloire^ était gravée dans le cœur des Français^ i . .
.L'a^embléç coi^stituaiite avait, osé imposer \ Louis XYI et h la France wn^ constitution, b la tète de lai^uelle était cette même déclaration de l'hérédité du lfÔDe« Le refus de S^ M. Louis XVIU d^l'insérer dans la Charte, prouve combien ce fils de saint Louis avait la conscience de Passeutiment des Français fa). H n'y avait
!■ I II il «I I I 1- > i i.i lii n ! »»i
(l) Celte adresse avait été votée k V unanimité, Yoiei ce qu'oftlit «las» le prfvcèk-vcibal du Corps LégisTalîNu 22 avril i8i4 : « En exécution de l'arrêté pri* tf. dans la séance d'hier , tous les membres du Corps Legislâtifajant manifesté un ft égal empressement pour se rendre auprès de S. M. , il a éié procédé, par la « voie du sort , à la nomination de MM. les députés qui composeront la députatt lion chargée de présenter au Roi l'adresse qui vient d'être unanimement yolét « dans celle séance, tu
(2] Dans la Commission nommée pour la réduction définitive de la Charte, j'ai
^tendu proposer, (et certainement dans de bennes inteùtions], d'y insérer t'ort* de
J'acte du sénat sur l'hérédité du trône. 8. M.- persista à le refuser : et sera-t-îl pet-
i/ix» de dire qu\tuc si haute vue nr pcuvaila^Y^^Xenu'^ des ministres y siUrtOUtdÎRtt»
(ai )
<|tte les hommes coupables des crimes de la lévolution qui eussent vu revenir les Bourbons avec répugnance. Lé suprême législateur ne devait pos s'occuper de ces hoùimes: éljk postérité pourra toujours citer la sécurité parfaité'dû monififqurtar ses* droits bérë**diiaires comme la meilleure défense de la nation frôiïcaise cotfh-e les injures et les Calomnies inventées À tard^ar M. Manuel et ses amis. • . «
. Les' témoignages d'amour , de fidélité pour Sa Miïjesté et son augiAte Famille^ ne cessèrent de se manifester pendant toute J'aonée i8i4. Ce fut le Corps- Législatif qui prit l'initiative pour établir la liste civile i et mèine pour payer les dettes contractées par Sa Majesté et les Frihces pendant leur absence. Nos frontières fermées depui& tant d'années se rouvrirent pour notre commerce : les fruits de l'agdculture et de l'industrie retrouvèrent leurs débouchés naturels; l'aisance, le repos, la prospérité des familles formèrent le tableau de la première année de la restauration.
Cependant ces Hommes engraissés du sang de nos conscrits^ qui avaient possédé des duchés^ des principautés dé 2, 5 et Sbo^ooof* lie rente ^ en Espn^ne, en Portugal, en Italie 9' en Aliemagiie, ou même une starostie en Pologne de 700,000, se trouvaient fort déchus au milieu du bonheur commun : les militaires qui avaient eu aussi des dotations en pays étrangers, et qui avaient espéré d'avoir k leur totfr des principautés etdesdachés/coiHpirè*'
■ «M» iili
)rff eirconstaDcci des Umpt. L'histoire y em»r q»gni ipie la France doit aussi au Boi d'ayoir conserve 1« Ulre héréditaire dès deseendans' de Henri IV, roi dm France et de Navarre , an lieu de celui de roi des Français, ^ue la révolution donna et reprit k Louis XVI', et que Ton avait osé proposer et même prescrire à aon successeur (acte du sénat, art 29),
pepnift qu'on opjiose les cris de pii^e la Cfu^rt^ aux cris de vive le Rai , ojf. a entendu quelques personnes regretter que la loi 9alique oa fût pas dan« la Charte. 'Mais est-ce avec une ligne écrite sur le papier que l'on défend les trônes héréditaires? CVst avec les cours de justice criminelle et avec les armes; et les armes seront toujours inutiles en Frauce , quand le Roi aura de fid&Ies ministres. D'ailleurs , les gens qui font crier viVe /a Charte, ne fin (-ils ps ciier en même temps vive' V empereur , vive la république, c'est-à-dire vivcn( ibu# ceux qiû veulent envahir le pouvoir, et asservir leur fiaule^
rent avec leur ancien clief si imprudemment reloue b ilied'EIbê, (i) et le ramenèrent dans Paris • au milieu de la France consternée. C^est h cette époqii6 qu'il faut examiner les forces du peuple libéral : car c'est pSdaut les Cent Jours qu'il s'est constitué.
^Bonaparte voulut avoir des députés pour son chafnp de mai y ou sa Chambre det'représentans , afin de molitrêr quelque adhésion de' la nation. Quoique la conspiration armée eut livré la France au pouvoir despotique de' l'usurpateur, et qu'il n*èùt pas laissé en place un seul administrateur qui ne lui fut dévou^ il y eut des départemens oii l'on ne put pas faire d'élections; dans d'autres j des députés furent nommés par des collèges de dix et même dé sept membres.^ Dans la patrie de M. Manuel^ \t peuple qui avait vu rentrer les Boiybons avec répugnance , et qui avait vu 9 en conséquence, revenir Bonaparte avec contentement ^ ne donna que quatorze électeurs y dont la majorité nomma ce r?préseiitanti (2)
Bonaparte ordonna une coBscriptron de 3oo,ooo hommes; presque tous les départemens se refusèrent à cette levée; il y en çut ( cdui de VAi^eyron est du nombre ) qui ne iâi fournirent pas un seul conscrit. A la nouvelle de la déroute de /iPa-
(1) II. de Lji Fayette nia cependant cette conspiration dans son fiimeux discours sur la loi des élection^ y prononce ki 17 mai iSao* <t Oui, Messieurs > dit-il, c( cAne furent , à mon aris ^ ni les intrigues et les ambitions du parti impérial , jK ni les chcfÎB. militaires ou civils de cette ëpoque d« conquêtes et d« despotisme « qui amenèrent le 20 mars. II fut dû au mécontentement, etc. » Il £iut donc donner des preuves delà conspiration j il y en a par milliers. Mous n'en citerons qu'uoe seule : elle .est rapportée, dan^ le jugement duttonaeil de ^«rre prononcé contre le général Lefebvre'Desnouettçs ; . .
« Suit une lettre de l'accuaé au prince à*J3cimuhl , ainsi conçue :
Paris, le i4 avril i8i5.
« Monscîgiieur, il est à ma connaîssimce que depuis long-temps le général
<r R s'occupait at^ec nous des moyens de secondet )e' retour de S. M. Ce
(c brave général a nécessairement élé induit à de fortes dépenses, soit pour se a mcunger des intelligences sur plusieurs points , soit pour s'assurer de Tespril
« des trounes et des personnes iudispensables à Pexécution du projet..... »
(i) Trois moU après ,:ce m/me eoHcge électoral doa Basses- jélpes réunit cent Jeux clectewB qvd nommèreut député M. de le baron de yUrolleSm .
detho.yla joie fut dans toute la France. Le drapeau Sianc fut arboré siiccèssivefDeot dans tous les départeineas y et S, M. fut reçue .dans Péris avec plus d*enihousiasnie encore qu'k la première res* iauration.
Que devint alors le peuple libéral ? Il avait euvoyé des plénipotentiaires aux souverains alliés pour demander le Roi qu'on voudrait lui donner, pourvu que ce roi ne fut pas un Bourbon, Quelques gardes nationaux fermèrent les portes de la Chambre des Députés 9 et il n'y eut pas trace du peuple libéral en France tant que dura la Chambre de 181 5.
M. le vicomte de Chateaubriand a peint ce qui s'est passé depuis : il a montré comment ce peuple recouvra l'existence^ et par quelle merveille il a pu traiter depuis les royalistes en vaincus. Cet illustre pair de France écrivait k U fin de 1816 :
(( Le. système des intérêts moraux révolutionnaires s'étend, et « avec lui s'accroît cette espèce de conspiration morafe <:ontre la « légitimité, dont les suites seront si .funestes. £acore quelques « mois, et la ^situde des uns et la puissance des. autres ne lais- « seront plus 9. doute sur ce qui doit arriver^ .Déjk la partie pa- 4( rait si sûre k ceux qui. la jouent^ quils n'ont plua d^humeur a contre leurs adversaijres; ils les regardent en pitié. Les cabm» « nies contre les princes redoublent; on aqbève ^e chasser les « royalistes de toutes les places; plusieurs préfets sont menacés et « tomberont; quand ou aùvh épuré les adniinist rations, on en « viendra k épurer Varméè^ k éloigner tes militaires souj^çonnés « d'être trop attachés k la cause de la Monarchie légitime ; et l'en M conviens, le plan arrêté, ce serait une faute aux chefs de ne pas « faire tout ce qui doit en assurer le succès.
a La manière dont bn a remué la fange révolutionnaire , de* « puis la dissolution de la dernière Chambre des Députés , a « prodigieusement augmenté le mal. Me suis- je trompé, lorsque K j'ai dit que le cri de joie de nos jacobins avait été entendu de c( leurjÉkMres et amis dans les pays étrangers? Qu'on lise le Mor- (( nmg^hronicle^ lé Nain Jaune ( iaaprimé dans le royaume « des Pays-Bas)^ et les joninaux altemands, le contre-coup des
( fl4 )
M mesures de la police , pendant nas dernières ëleotioos , vien^ a de se faire sentir k Spafields ; le bonnet rouge et le drapeau « tricùlçr sont devenus les enseigues de la populace de Londres, «« Telles sont les obligations que l'Europe a de'jà k la haute 4^ politique de ces profonds génies qui soutiennent le système
<c des intifrêts moraux révolutionnaires »
A la fin de 1817 , le noble pair adressait ainsi la parole aux ministres ^ qui persistaient dans leur système : « Et pourquoi « attaque-t-on les royalistes avec tant de courage ? Pourquoi ? « parce qu^ils ne se défendent pas ! Leur vertu las perd ; leur ^ honneur fait leur faiblessç. Qn les frappe sans crainte y sûr que c( l'on est qli'ils ne repousseront jamais lea coups qi^'on leur
<( porte an pom du Roi J'avais dit (i) : faites des royalistes. On
« a mieux ain^é faire autre chose, Tel qui , au retour du Roi, s^e « serait estimé heureux d\çtre oublié j a appris qu'il était un << personnage ^'et qii'on parlait de lui dppner des garanties. D'î^- « bord , il n'osait se moptrer ^ il sollicitait humblement les amis k d" trône de liiî obtenir son pardon ; voilk qjii'on Iqi déclare « que c*est b lui k protéger leç amis du trône. (sjJpTout étonné , il M sort de sa retraite , il en croit k peine ses yeux , il est persuadé «( qu'on s,e moque dç lui ) niais enfin il reçoqnait y sans pouvoir « le comprendre, que là chose est très-réçlle , très -sérieuse; « que c'est k lui qu'appartienqent les récompenses et les honneurs;
(1] Dans son mën^orable ouvrage intitule : Jja Monarchie selon la Charte, i
(2) W. le général Lafont a dit q^uatre ans ap^-èç., danii la séance dvi 28 mars 182^ <c Satas doute beaucoup d'Horo'nies qui ont été éloignés de l'armée , auraient pu y « ï'epara^tre s'ils' efissnt invoqué la justice et la bienveillance du' Roi; mais ces « esprits orgueilleux ne v.eulent pas se courber sous la clémenae royale, » (Explosion de cris a gauche ; toys les ffénéraux ce lèvent et frappent sur leui'S bancs.
tt M. le général Foy : y^oilà la chose la plus indigne qu'on ait janj^ais, dite ! »
u M. le général Gérard : Dites-vous cela pour moi ? »
a M« le général Eoy ^: Nous n*auons pas besoin de clémence* .ce M. le çom^e de LameUi : A Vard^e ' à Vardre i »
« M. le général Séhastiani : L'armée ne sollicite pas des lettre^^^gràce. n On voit que l'armée yeixl dire ici, les généraux qui, le 20 mars Mir allit audevant d<^s Hgimens encore obéissant au Boi , en leur criant vive l'Empereur i et Qfvi parviureMt avec \Kn\ d'elfurtsji opérer leui défection!
^n que lui seul est im esprit éclairé > tin homme habile, un grand « citoyen. 11 accepte avec dédain ce qu'on lui offre avec empres- K sèment. Bientôt, il. devient exigeant } il parle de ses' droits; 4< c'est lui qui ipst' l'opprimé^ le persécuté. Il réclame ; il n'est « pas satisfait ; il ne le sera que lorsqu'il aura renversé la mo* a narchîe légitime »
De i^mblables avertissemens furent inutiles. En 1 818 , les royalistes persécutés par leGouvernement, virent qu'il était inutile de paraître au;c assemblées élect0rales. Tous les chefs de la Chambre ^es cent^^ÊÊ^È^^Êtnt dans la Chambre des députés, notamftient les troia^^^^^Hklint jours, qui avaient été envioyés vers les souverai^S|pH|pMr demander tout autre souverain qu'un Bourbon; enfin mdeux rédacteurs de la Minerve* Bientôt le . ministère tomba au pouvçir de la faction. Les régicides et les auteurs principaux du 20 inarsbannU par l'ordonnance du 24 juillet 41816, furent rappelés. La proposition de la Chambre des Pairs, relative a la loi des élections , fut rejetée. La Chambre des Pairs de Bonaparte aux'^cent jours fut introduite dans la Chambre des Pairs de France; un régicicide ftlt Mmmë député. Enfin tous les fonctionnaires royalistes furent . remplacés par des révolutionnaires. Cette effroyable saturnale se termina dans la nuit du i3 février 1820. J
A cette époque d'horrible mémoire, le dernier ministère prit les rênes du gouvernement. Il trouva la révolution triomphante et la monarchie si ccmplètement minée dans toutes ses bases, qu'un . mois plus tard on aurait g|i tenter de lut faire éproiiTver le sort de l'Espagne. Qu'imagina ce ministère dans une si terrible possltion? Ce fut de garder le milieu entre la révolution et la monarchie : on ne vit point replacer les fonctionnaires destitués ; les généraux JPonadieu et (Mmuel^ cet grandes victimes de la ligne d'#i ministre avec la révolution, restèrent dans le même éWt d'oppression ; et de pareils exemples suffirent pour montrer a tous quel était Tcsprlt du ministère. Dans la dernière discussion sur les lois de la presse, un orateur de ce! te Chambre, remarqtmble par sa fiingMlicre perspicacité et le bonheur de ses expressions , ?< peint a
ÉDervcîIle cette administration : « La censure, vonsdlsait-il, ëtait
«de rigueur pour la politique aiationnaire des anciens ministres.
. « L'admiuistration d^aldrs ne roulait ni avancer ni reculer: elle
K craignait toute impulsion h droite et li>gauche^ il fallait que la
•« .France, imitait son attitude^ restât en cofo/e/wié, sansmou-
« veulent, sans action Ce ministère effraye du développement
4( trop hdtifmat pouvaient prendre les germes de UberiMé^p^^sés
' 4( daosia Cburte , voulait suspendre la rapidité de l'effet , mais sans
K avoir l'intention de faire disparaître la coua^ (i)* n
\ Aussi ce ministère conserva -^t^-il préck^ HÉÉÉMMÉlP cause y
, c'esl-a-dire • ['«xercioe de toutes les ' fooctlI HBJ BBPfewtre les
«^uainsdei hommes qui ne veulent point MHHHn telle que le
«tnpuapque. notis Ta donnée, mais qui prétendent en tirer des
germes de &&erié, dans le sens de ia coalition des libéraux
.avec le ministère eniUig ^ avec ses conséquences infaillibles
,(qupique, j'en suis convaincu, le dernier 'ministère ne les voulftt
-pas, et ses efforts pour laire passer la loi des élections de 1836
.l'oni prouvé), la deatructioa de la-monarchre,
C'est dans cet étatqtie led#mer^itiistère a légné l'administration de la France au ministère af:tuel. On a voulu faire regarder comme un jugement de k/ui^/o/i. contre les nouveaux ministres, lés choix de députés libéraux faits le premier mois de leur administration : cesclioÎK ont tous été l'ouvrage dUine majorité formée par Tinfliiencc des fonctionnaires publics. Ce ne sont qtte les forces du goiivcnieiaeul lui-même, restées anx hommes du parti.depuis son alliance fuiime avec le luihislère, qui ndt pn faire certaines nomi-
1 1) Discours de M. de Saint Jtuînire du 4 février 1823. Ce discours est à mon avis le plus instructif qui ait été prononcé pendant luufeAcelle sesiiinn : Voyez, euco^lces mots sur le dernier ministère... a Le nniklstïTa rêcueiUi lïnmme il (K a semé. 11^- demandé k la nation son iudiBereace ; U Ta obtenue : on l'a tu tt tomber , comme ou l'avait vu passer, sans que personne étendit la main pour « le soutenir. Et ainsi un grand exemple est venu (émoi<;ner que les théories If du gouvernement^ représentatif ne sont pas des combinaisons arbitraires fR de V esprit } elles sout fécondes en résultaU ; elles condamnent irrévocablenien t A à la mort toute administration , qui s'isoiaftt des masses , croit pouvoir exé- (i çuter sctdv le hicu qu'elle mcdilc... »
nations ( i ). Le choix fait , par la Vendée , (lu dëpntë qui a dit que la France aidait reçu les Bounbons avec répugnance y dispense de toute autre preuve; et l'immense population^ la ville de Paris en appellerait des conséquences qu'on voudrait tirer de certains choix ^ la «lauifestation de la joie universelle qu'elte «metatiiée aux yeux de l'Europe h l'jfpoquede la première etseeonde restauration. On doit juger uniquement les forces de ce parti sur celles qu'il montre:^ lorsque ses che& , du haut de la* tribune ^ provoquent son énergie. Des conspirations ont été tentées sur plusieurs points dans l'espace de quelques mois; il est remarquable qu'on a vu partout ki mêmes agens. Ce sont des hommes tradtihs devant la justice, pour la conspiration du 1 9 août , qui ont repdru dmis les tentatives de Saumur y de Belfhrt^ même dans' les séditions de Paris; ailleurs, c'est en répandant de l'argent que la factioa a trouvé ies'sicaires, dont les annes* sont le poignard et latorcJie des incendiaires. "NvMepnn die tf a pu séduire ni un village^ ni une compagnie de soldats. Yoilii toutes les forCe^ réelles de la France , dont a parlé M. Manuel i: de la France qui a vu re^ venir avecrépugrumceleAÎisit saint Louis'et de Henri IV*
(1] Pour juger cette pniâstfnce des fonctionoaires publics, il faut remarquer que les Contributions inàirecies odt 4tf,o'oo agens, les douanes' 20,606 ; #t voyez ensuite ice que peut fiiire un Inspecteuf^général de ces administrations, qui htttivttvi mimz \xmyi Xn$pectew^gén4ral Avi Conùtf-dir^^ ^
Il y a plusieurs percepteurs des Contributions directes dans ^laq^ canton; jligcz quelle inQueuÈe peàyèot exercer des' receveurs généraux et particuliers , qni tiennent le sort de œs percepteurs -dans- lenrs mùns; joignes-y les principaux fonctionnaires de l'administniion de V enregistrement ^ qni exercent leiv pou Toir jusque sur le dernier notaire de viHage.
Voyez ensuite quelle peut être ^influence des maires, des jugps.de paix et de leurs greffiers , qui ont remplace )es royalistes , et dont le clioix est le fruit du travail continuel de cerUins préfcU depuis 1816 «t pvticiilUrement en 1819; et yuus jugerez combien la France royalis^ doit âtre torte.poor avoir résisté à de semblables combinaisons!
Remarquez toutefois que l'opinion a succombé au système , en beaucoup de lieux. Il y a des préfets , encore en place , qui ont finit ces épurations avec uu tel s-iccèe, que dans leurs dépar/emens, ejLcelleos il y a cinq ans, on aura de la peine à obtenir de médiocres élections.
*^MM*mmiv^mitt»*iyv M 0t0»ni^iyti»nnmv*0tni* ty u tniti»i»fmutn»i*it M Vknj»My * vy^