‹ Quelques Considérations sur la Pathologie Chirurgicale des indigènes des Colonies résidant en FranceChapitre 16 sur 22 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

GONOCOCCIE ET SYPHILIS.

Notre intention n'est pas d'étudier la gonococcie en général chez les exotiques, cela sortirait du but que nous nous sommes proposés. Nous voulons simplement reproduire deux observations : la seconde nous à paru particulièrement intéressante par ce fait qu'il y a eu réveil de la lésion tuberculeuse par l'apparition d’une blennorragie.

Peut-être ne doit-on voir là que le résultat d’une coïncidence : possibilité qui ne nous autorise pas à tirer une conclusion, quoi qu'il en soit, le cas nous a semblé digne d’être signalé.

OBSERVATION XLIII (D' Verdelet.)

Bartholinite.

Négresse des Antilles, âgée de 25 ans, entre à l'hôpital pour une bartholinite gauche datant de cinq mois.

Le 19 novembre 1902, chloroformisation; on pratique l’ablation de la glande.

Le 25 décembre, la malade quitte l'hôpital, malgré la persistance d’un trajet fistuleux.

Le 20 janvier, retour à l'hôpital pour cette fistule qui ne présente aucune tendance à la guérison. Nouvelle intervention

REP Dee qui consiste en une incision, ablation de toute la partie malade: suture à étages, car il semble que la suppuration est due surtout à l'absence d’adhérence des parois.

29 février. -— Malade sort définitivement guérie.

OBSERVATION XLIV (D' Verdelet.)

Hydarthrose bacillaire du genou et gonococcie.

Sénégalais de 30 ans, entre à l'hôpital pour une hydarthrose du genou d’origine nettement bacillaire.

Soignée par le repos et l’immobilisation, cette arthrite s’améliore beaucoup, au point que l’on est en droit de la considérer comme guérie. Il sort de l’hôpital.

En mai 1913, ce sujet contracte une blennorragie ; pendant l'évolution de cette nouvelle affection, survient une poussée du côté de son genou; c’est pour elle qu’il se présente à la consultation et entre à l'hôpital, salle 11.

Traitement par l’immobilisation et la révulsion.

Exeat en août 1913; grande amélioration; un peu de raideur articulaire.

De nombreux auteurs (Gros, Chauvel, Vidal, Brault, etc.), ont signalé la fréquence et la gravité de la syphilis chez les indigènes de nos colonies. Nous n'insisterons pas sur ce point; mais, cependant, ses réactions ganglionnaires et ses manifestations ostéo-articulaires doivent retenir notre attention, à cause des erreurs de diagnostic qui peuvent conduire à des désastres. Beaucoup d'individus ont été considérés comme tuberculeux alors qu’ils avaient une syphilis méconnue.

Comme chez les exotiques il est souvent impossible d'avoir des renseignements sur leurs ascendants et sur les

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accidents dont ils ont été atteints, le diagnostic entre la tuberculose et la syphilis est quelquefois assez épineux. De plus, comme l’a si bien montré Marius Mozer dans sa thèse (Paris, 1917), il n'existe aucun signe clinique pathognomonique de la syphilis osseuse, articulaire et ganglionnaire; les symptômes que l’on rencontre ne sont, en somme, que des signes de présomption.

La clinique, comme partout ailleurs, doit tenir la première place; mais si elle ne nous fournit qu'un tableau obscur, le laboratoire prend alors une importance capitale. La syphilis doit être recherchée derrière toute manifestation osseuse suspecte, les erreurs pouvant entraîner pour le malade des interventions chirurgicales inutiles et permettant la possibilité de nouvelles contagions.

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