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Obs.V.—Madame A. Marie-Loui:e, 27 ans, infirmière.
Anlécédents personnels : pas de maladies antérieures,
Üne grossesse qui a évolué normalement.
Nous la voyons à l’occasion de la grossesse actuelle. Dernières règles du 10 au 13 septembre 1922.
Le 12 avril 1993, la malade ressent une douleur subite à l’aine gauche, puis à la jambe du même côté. Peu à peu le membre augmente de volume. Un œdème légèrement douloureux fait son apparition. Son médecin personnel fait le diagnostic de phlegmatia albàx dolens et conseille à la malade de se faire transporter à l’hôpital Beaujon. Comme elle était assez éloignée du jour de son accouchement, on l’admet en médecine, salle Axenfeld, dans le service du docteur Laffitte. Le membre inférieurgauche est immobilisé dans une gouttière ouatée.
Tous ces phénomènes, au dire de la malade, ont évolué sans élévation notable de la température, qui oscillait entre 37 et 3705. Elle était, nous dit-elle, assez constipée et se plaignait de céphalées, de sueurs et de frissons, état que nous pouvons rattacher à une colibacillose intestinale.
Le 13 mai 1993, à l'apparition dés premières douleurs, la malade est transportée à l’isolement de la Maternité.
Elle présente une grossesse à terme. L’extrémité céphalique est engagée. Le dos est à droite. L’ausculta- ‘ tion du cœur de l’enfant est positive. Peu de temps après son admission, la rupture de la poche des eaux se
fait spontanément. Le liquide amniotique est normal.
Le dégagement se fait en occipito-pubienne ef l’expulsion de l’enfant a lieu 4 heures après l’apparition des premières douleurs.
Naissance d’un enfant vivant bien constitué et pesant 3.680 grammes. La délivrance naturelle et complète se fait dans l’heure qui suit l’accouchement. Poids du placenta 510 grammes.
Les suites de couches sont normales. L’écoulement des lochies qui n’ont jamais présenté d’odeur fétide, cesse au bout d’une dizaine de j JOUÉS es
Le membre inférieur gauche est toujours immobilisé dans la gouttière. Le séjour de la malade à l'isolement de la Maternité est marqué par l'apparition d’orgelets à répétition, que nous sommes obligés d’inciser et sur lesquels, pour calmer les douleurs, nous faisons mettre des compresses humides chaudes. On peut expliquer l'apparition de ces orgelets, par une intoxication à point de départ gastro-intestinal, la malade étant encore constipée, constipation opiniâtre qu'on combattait d’ailleurs par des lavements et des purgatifs.
Au bout d’un mois, la malade essaye de se lever. Elle ne peut plier l'articulation du genou gauche et présente de la raideur dans tout le membre, Pour faire ses premiers pas, elle est obligée de s’appuyér sur le dossier d’une chaise, qu’elle fait glisser devant elle.
Elle sort peu de jours après du service; son enfant, dont le poids a suivi la courbe normale d’augmentation, est parfaitement bien portant.
Nous la perdons de vue à ce moment.
Obs. VI. — Madame MES ,92 ans, sans profession.
Anlédents personnels. - — Fausse couche en 1 septem-
- | bre CI rue :
Grossesse Sosa accouchement en avril F91778 . terme d’un enfant bien portant.
Deuxième grossesse normale 3 ans après et accouche-
ont d’une fille en octobre 1920, bien portante.
Fausse couche de 4 mois en octobre 1921.
Enceiite de nouveau en août 19923. C C’est à ce moment
que nous la voyons. Ses dernières règles datent du mois
‘de mars. ee
‘Elle entre à hôpital pour de légères douleurs dans
ï Le mémbre inférieur gauche. Pendant quelques jours
on ne constate rien d’ anormal, si ce n’est la persistance
. ces douleurs.
Puis subitement, l’œdème fait son apparition, d’a-
bord à la cheville, puis envahit la jambe et la cuisse.
Légère hydarthrose du genou. :
Ces diverses manifestations onf évolué avec légère > Es de température 3708, sans accélération . du pouls. La température habituelle oscillait entre 3702 et 37%.
=. = L'œdème est blanc, nr Il est peu douloureux. On fait le diagnostic de phlegmatia alba dolens en présence
de ces divers symptômes et en raison de l’unilatéralité. es Fe Le membre est immobilisé dans une gouttière ouatée. A. Peu de jours après, la malade se plaint de douleurs
dans la jambe droite et la plhegmatia alba dolens fait
ae
son apparition sur le membre inférieur droit, sans qu’on remarque une élévation dans la courbe de température et une accélération du pouls, qui étaient pris régulièrement deux fois par jour.
Le membre inférieur droit est lui aussi immobilisé à son tour. Un accouchement prématuré se produit le 16 septembre. Naissance d’un enfant, pesant 1700 grammes, n'ayant vécu que deux heures. Poids du placenta 150 grammes.
La malade reste alitée à cause de sa double phlébite jusqu’à fin novembre, époque à laquelle on lui permet de se lever.
Parmi les antécédents de la malade nous n’avons relevé aucune maladie antérieure.
Dans ses antécédents héréditaires, sa mère à eu une phlegmatia alba dolens du membre inférieur gauche au cours d’une grossesse.
Ses frères et sœurs sont bien portants.
L'interrogatoire de la malade nous a révélé que depuis quelque temps déjà, elle souffrait de céphalées assez violentes, qui s’accompagnaient parfois de nausées -etempêchaientfréquemment la malade de dormir,ce dont elle se plaignait dans le service le matin Ces maux de tête ne survenaient pas brusquement, n'étaient pas réguliers dans leurs heures d'apparition.
Elle attira de plus notre attention vers une sensation de fatigue, de lassitude, de véritable asthénie. Cette asthénie, variable, suivant les jours, était souvent plus
marquée dans la seconde partie de la journée, au mo“
ment où la température s'élève de quelques dixièmes de degré. Souvent des sensations brusques de chaleur, avec moiteur, suivies de frissons et de sueurs froides venaient compléter ce tableau clinique, auquel nous devons ajouter un mauvais état intestinal.
Tous ces symptômes, sans oublier la température qui oscillait entre 3702 et 3706 nous firent penser à une infection coli-bacillaire. Ce diagnostic fut vérifié par l’exa-
men des urines qui montra de nombreux coli-bacilles,
ss
Obs. VII. — Nous terminerons la série de ces observations, par celle que M. le Docteur P. Rudaux publia en 1912, dans le journal La Clinique. Nous l’avons réservée pour la fin parce qu’elle nous paraît contenir certaines conclusions de cette thèse. La femme, qui fait l’objet de cette observation a été vue de plus par le professeur Claude et par Lucas-Championnière.
« Chaque fois qu’une phlébite survient dans le mois qui suit l’accouchement, on ne manque pas de rendre le praticien, accoucheur ou sage-femme, responsable de cette complication. L'accusation est rarement formulée d’une façon précise, mais elle est entourée de voiles transparents.
Nous ne nions pas que la phlegmatia né soit dans le plus grand nombre des cas, une forme atténuée d’un accident infectieux de la puerpéralité, mais ce que affirmons, c’est que cette complication veineuse n’est
pas toujours d’origine intectieuseet qu’elle peut sur-
venir chez des femmes ayant eu des suites de couches considérées comme physiologiques. La délivrance a été complète, l'utérus s’est rétracté normalement et est rentré dans le petit bassin dans le courant de la deuxième semaine, les lochies n’ont jamais présenté la moindre modification quantitaïive ou qualitative. La température et le pouls n’ont jamais varié et cependant, dans le courant de la troisième semaine, parfois plus tardivement, une petite embolie pulmonaire s’est produite, suivie les jours suivants d’une légère élévation de température, puis d’une phlegmatia Le plus souvent d’intensité moyenne.
La preuve que cette affection veineuse n’est pas toujours déterminée par l'accouchement nous est fournie par le cas suivant observé récemment: une phlegmatia alba dolens d ouble et typique est survenue vers le cinquième mois d’une grossesse chez une femme n'ayant aucune trace de varices au niveau des membres inférieurs et n'ayant présenté aucune manifestation infectieuse.
Cette phlegmatia débuta par le membre inférieur gauche; à une douleur très aiguë dans le pli de l’aine et dans le mollet, succéda un œdème blanc et douloureux, mais le pouls et la température qui étaient | régulièrement pris depuis plus de 15 jours matin et soir, restèrent toujours normaux. Dix jours plus tard, les mêmes phénomènes, douleur et œdème, apparaissent du côté droit sans déterminer aucune moditication dans
le pouls et dans la température.
La seule cause qu'on puisse incriminer pour expliquer la pathogénie de cette double phlébite est une tumeur
mobile, ovarienne, située sur le côté droit de l'utérus | gravide. Cette tumeur qui devint douloureuse le 12 fé- 4 2 = vrier, € 'est-à- dire dans le courant du 4° mois de la gros- 7 sesse, nécessita le repos absolu au lit et c'est à cause d’elle qu’ on prit régulièrement le pouls et la température.
La première phlegmatia fit son apparition le 25 fé-
Le vrier. La coïncidence de cette tumeur dure et très mo- bile, qui ne fut douloureuse que pendant quelques jours, et de la phlébite, éveilla l'idée d’un néoplasme, son vo-
lume ne se modifia pas pendant les derniers mois de la grossesse qui évolua normalement. Une intervention
chirurgicale avait été envisagée.
Les urines qui ont été recueillies régulièrement tous
les jours, n’ont jamais cessé d’être normales en quantité et elles n ont jamais renfermé la moindre trace d’albumine.
L'accouchement eut lieu dans le courant du 8 mois. Les suites de couches furent apyrétiques et aucune complication ne survint dans le système veineux.
La tumeur rentra dans le petit bassin en même temps que l'utérus. Nous avons à plusieurs reprises examiné les annexes dans le courant du deuxième mois qui
= suivit l’accouchement. La tumeur a nettement diminué - de volume, elle est indolore et très mobile et elle est si-
tuée dans le cul-de-sac latéral gauche.