CONDUITE A TENIR EN CAS DE VOMIQUE
[l nous reste à examiner un dernier point, la conduite à tenir quand l’épanchement est évacué par une voie quelconque et spécialement par la voie bronchique. Pour cela, il faut bien entendu mettre à part les cas de vomique en quelque sor te foudroyante, qui peuvent tuer par asphyxie. Mais en se tenant aux cas où la vomique n’est pas suivie d'accidents immédiatement mortels, et ce que nous disons de la vomique peut s'appliquer à toutes les ouvertures, que convient-il de faire ?
Remarquons tout d’abord que la vomique peut être un processus de guérison (Laënnec). Mais cette éventualité est assez rare après les grands épanchements. Nous en connaissons cependant deux exemples, et les auteurs en renferment plusieurs. Des deux cas que nous avons vus l'un était manifestement de nature bacillaire : pour l’autre, peut-être ne s’agissait-il que d’un empyème vulgaire, l'examen bactériologique n’a pas été fait.
Pour les pleurésies partielles, même tuberculeuses, :1 n’y a pas de doute, et l’on en peut citer plusieurs qui ont guéri par ce moyen. Et, quelque rapprochement qu'on veuille tenter entre une pareille terminaison et la thoracotomie, il est certain que l’analogie est plus apparente que réelle, car le liquide de la vomique s'écoule toujours plus lentement que celui qui est extrait par incision, r
Prat 5
Mais, une fois effectuée, la vomique laisse la porte ouverte à une foule d'accidents, parmi lesquels la décomposition du pustient la première place. Or, cette décomposition est due à l'infection par les micro-organismes contenus dans l'air qui arrive dans le foyer après avoir traversé des bronches ou des cavités pulmonaires infectées.
Quand il s'agit d'un vulgaire pyothorax, la vomique est loin de contre-indiquer l'empyème. Mais, quand on est en présence d'un empyème tuberculeux, il ne nous paraît pas que les conditions sont autres qu'avant la vomique. Nécessité du grattage et fermeture à peu près impossible, telle est encore l'éventualité qui menace l'opéré.
Ainsi, en pareil cas, conseillons-nous, en nous appuyant sur un fait personnel, d’user à outrance des désinfectants, intus et extra; c'est-à-dire de combiner l'antisepsie de la poche évacuée, réalisée par les injections intra-pleurales, avec l’inhalation de vapeurs anti. septiques (eucalyptol, térébenthine), inhalation qui devrait ètre pratiquée avec l'appareil de M. Constantin Paul, sans préjudice du traitement général.
Ce dernier, d'ailleurs, nous tenons à le dire hautement, est le corollaire obligé de tout traitement local dirigé contre la tuberculose. L'alimentation, le grand air, l'antisepsie pulmonaire réalisée par tous les moyens, tels sont, les agents qu'il faut mettre en œuvre, car l'état général, en matière de lésions tuberculeuses a autant et peut être plus d'importance que la lésion locale quelque grave et étendue qu'elle soit.