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pas à la surface, mais dans la profondeur des Lissus, et c’est là un des grands arguments que l’on a fait valoir contre les lavages dans l’empyème.
Toutes ces considérations ont une valeur très grande, qu'on ne peut méconnaître, et cela, quel que soit le microbe dont il s’agit. Mais dans le cas particulier du bacille tubercuieux, la difficulté est aussi accrue par la résistance énorme du bacille aux antiseptiques. On connaît les recherches de Duclaux, celles de Kümmel, celles de Koch lui-même, qui établissent que le froid prolongé, la chaleur, l’acide phénique, le sublimé, etc., ou ne détruisent pas le bacille, ou ne le détruisent qu’en proportion telle que leur usage sur le vivant est impossible. Bien plus, les expériences récentes de M. Strauss lendent à établir que, même mort, le bacille tuberculeux est encore virulent,
Dans ces conditions, on peut se demander si ce n’est pas une chimère que de poursuivre la destruction locale des bacilles autrement que par l’action directe des movens chirurgicaux. Telle n’est point cependant notre opinion. Il existe, en effet, des antisepliques capables de ralentir, d'une façon progressive et sûre, l’action nocive des bacilles : peut-être aussi peut-on neutraliser ces derniers par un autre moyen, en essayant de former avec les toxines qu'ils engendrent des composés insolubles ou inertes. C’est de cetle façon que Sahli expliquait récemment l’action favorable du gaïacol.
Or, les antiseptiques capables de continuer longtemps leur action, ne sont pas nombreux, en mettant à part, bien entendu, ceux qui ont sur les tissus et sur l’orga-
nisme entier une action nocive, Le naphtol introduit dans
la thérapeutique par M. Bouchard et: l’aristol sont à peu près les seuls dans ce cas. Pour le naphtol, on sait qu’à l’intérieur il est fort bien toléré à forte dose, pendant longtemps ; on a bien signalé des faits de stéatose hépatique consécutive (Bouchard), mais ils s'étaient produits dans des conditions expérimentales qui ne sont pas celles de la clinique. Il en est de même pour l’aristol, généralement très bien toléré, et que l’on a pendant quelque temps considéré en Allemagne comme un véritable spécifique, opinion d’ailleurs controversée.
M. Fernet a employé avec succès l’eau naphtolée, et le manuel opératoire qu’il conseille est le suivant : Pratiquer d’abord une injection d’eau naphtolée faible que l’on extrait ensuite par aspirations, puis injecter de nouveau de l’eau naphtolée forte, c’est-à-dire tenant du naphtol en suspension, que l’on abandonne dans la plèvre. Au conlact des matières albuminoïdes, le naphtol se précipite et reste à demeure, en contact avec les lésions, pendant un temps qu'on ne peut préciser, mais qui est certainement long.
Toutefois, on peut faire à cette méthode une grave objection ; le naphtol 8 est presque insoluble (0 gr. 30 p. 1000 d’eau) le naphtola l’est encore plus. Dès lors il devient impossible l’en injecter une quantité suffisante, à moins qu'on ne veuille employer comme véhicule. l'alcool, dont le moindre inconvénient serait d’être très douloureux., Et la même objection peut être faite à l’aristol. Quant à dissoudre ce dernier dans lhuile,*on peut y songer, quand il s’agit d’injections hypodermiques, mais non quand il faut pouvoir introduire et laisser en place dans la
ES plèvre une quanlité assez considérable (plusieurs centaines de grammes de liquide).
Théoriquement* l’iodoforme, dont les bons résultats en chirurgie ne sont plus à démontrer, remplirait le but. Mais on ne peut injecter d'éther iodoformé dans la plèvre ; et la projection de l’iodoforme en poudre n'est guère réalisable. Nous avons observé un cas dans lequel l’injection d’iodoforme à la dose de 3 grammes, en suspension dans la glycérine, détermina des accidents d'intoxication. Ces derniers d’ailleurs ne se comptent plus, et tous les chirurgiens en ont vu.
Mais il existe un antiseptique introduit depuis un temps relativement court dans la thérapeutique. Cet antiseptique c’est le naphtol camphré, liquide, par conséquent injectable sans difficulté, et insoluble. C’est à lui que notre observation personnelle nous porte à donner la préférence. Nous l'avons vu, dans un cas de pyothorax, amener la disparition rapide des signes d'infection : le liquide ayant été évacué par une vomique, deux mois après la dernière injection, exhalait une forte odeur de camphre et contenait du naphtol camphré en suspension, bien reconnaissable à son apparence huileuse et à son odeur. D'ailleurs aucun accident imputable à sa présence ne s'était produit. À part une odeur de camphre exhalée par ja respiration de la malade, et qu’elle supportait d’ailleurs bien, il n’a eu aucun inconvénient.
Voici d’ailleurs le manuel opératoire fort simple qui avait élé suivi. Ponction aseptique, soustraction d’une quantité de liquide aussi grande que possible (2 litres et demi), puis injection de 50 grammes de naphtol camphré,
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et ensuite occlusion de la plaie par les procédés ordinaires. La même opération a été renouvelée six fois en un an et actuellement neuf mois après la vomique la malade semble complètement guérie.
Indépendamment de ce cas, nous avons pu voir deux fois des injections de naphtol camphré pratiquées dans un empyème donner d'excellents résultats immédiats, mais nous n’avons pas suivi les malades.
Nous avons à peine besoin de faire remarquer que ces injections d’une très faible quantité d’un antiseptique ne ressemblent en rien aux lavages.
En effet, le séjour prolongé de l’antiseptique dans la cavité pleurale permet d'espérer une action sur les tissus profonds, action que ne peuvent certainement posséder les liquides circulant rapidement dans la plèvre. De plus la quantité minime de liquide introduit met sûrement à l'abri de l’objection faite aux grands lavages : la destruclion des adhérences. Enfin, la volatilisation de quantités relativement considérables de camphre dans un espace clos peut avoir une heureuse influence sur les parois de cet espace ; et, bien que l’action du camphre ne soit pas très énergique dans les conditions ordinaires, on peut se demander si elle n’acquiert pas une plus grande intensité en se prolongeant pendant des semaines. Voir à la fin de ce travail observation I: on pourrait nous objecter que l’antiseptie par le naphtol camphré n’a pas empêché la reproduction du liquide: mais il faut tenir compte de l'influence d’une grippe intercurrente.