‹ Quelques considérations sur la séreuse péritonéaleChapitre 7 sur 17 · ÉPANCHEMENTS DE SANG · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS DE SANG

. Un grand nombre d'observations démontrent la bénignité relative des épanchements de sang dans le péritoine. Ce liquide arrivé dans la cavité péritonéale y détermine une inflammation légère, et le plus souvent il s'enkyste dans une membrane de nouvelle formation pour se résorber peu à peu. Ce fait résulte clairement d’un certain nombre de preuves expérimentales et d’observations cliniques que nous allons passer en revue. Penzoldt a fait de nombreuses expériences pour savoir comment se comportent les épanchements de sang dans les séreuses. Ce qui ressort de ces travaux, c’est que : dans la cavité péritonéale, chez les -animaux, le sang injecté reste quelque temps fluide, Il est résorbé complètement ou en partie en un où deux Jours. Après un plus

= 0e long séjour, il se coagule pour se résorber peu à peu. L'épanchement n’a presque pas d'action surle péritoine ; dans la plèvre, au contraire, il est généralement suivi de pleurésie (Deutches Archiv. für Klin Med., p. 542, 1876).

Ranvier et Cornil ont établi également que, si au lieu d'employer du sang ordinaire, on se sert de sang défibriné, l’action irritative devient à peu prés complètement nulle (Soc. de Biologie. 1871).

D'autre part, M. Poncet dans sa thèse d’agrégation (Hematocèle péri-utérine, 1878, p. 66), rapporte un certain nombre d'expériences qui mettent parfaitement en lumière la tolérance du péritoine pour de grandes quantités de sang.

Nous choisissons, entre toutes, comme très démonstratives, les deux expériences suivantes dues à MM.

Arloing et L. Tripier :

I. — Injection de 280 grammes de sang dans le péritoine d’une petite chienne. Le poids du sang injecté représente le douzième du poids de l’animal. Les jours suivants, l’animal est aussi bien portant qu'avant l'opération.

12 jours après l'injection, on ne trouve pas la plus légère trace du sang injecté dans la cavité péritonéale.

IT. — Injection de 400 grammes de sang dans le péritoine d'une jeune chienne. Le poids du sang injecté représente le dixième du poids de l'animal.

12 jours après, aucune trace de sang dans le péritoine.

M. Livon, professeur à l’école de médecine de Marseille, et M. Toussaint, professeur de physiologie à l’école vétérinaire de Toulouse, sont arrivés aux mêmes

conclusions. Le sang s’est toujours promptement résorbé ; jamais de péritonite, jamais d'adhérences.

[est bien certain qu’on nepeut pasétabliruneanalogie complète entre ce qui se passe expérimentalement chez quelques animaux, et ce qui doit se produire chez l’homme dans des conditions particulières.

Il ne faut pas oublier que le péritoine présente une susceptibilité bien variable suivant les espèces; toutefois les faits à l'exposé desquels nous allons passer vont nous démontrer surabondamment que, même chez . l'homme, la séreuse péritonéale présente une tolérance très grande pour le sang épanché.

Une observation de Pelletan (CÆnique chirurgicale, p. 102) établit cette tolérance d’une façon très-nette. Il s’agit d'une rupture du foie ayant amené la mort au quinzième jour. À l’autopsie, on trouve quatre à cinq onces de sang coagulé, disséminé, et n'ayant provoqué aucune irritation, aucune inflammation de la séreuse.

Deux autres observations du même auteur démontrent, en outre, que, dans le péritoine, le sang se coagule d’abord et qu'il se résorbe ensuite. Dans l’une, le traumatisme remontait à sept mois, dans l’autre à vingtdeux ans ; dans l’une et l’autre on trouva, à l’autopsie, des caillots dessèchés. L’absorption est donc certaine, mais elle paraît être très-lente et imparfaite dans certains cas.

L'innocuité des épanchements sanguins dans le péritoine est encore démontrée par les expériences qui ont été faites, ces dernières années, sur la transfusion péritoncale.

Bizzozero et Golgi (Osservalore, 4 novembre 1870, p- 689) ont fait, sur la transfusion du sang dans le péritoine, un certain nombre d'expériences qui montrent

Ce Le qu'au bout d’un certain temps on ne retrouve plus de sang dans le péritoine, et que, déja 20 minutes après l'injection, on peut démontrer l’augmentation progressive du nombre des globules rouges renfermés dans l’appareil circulatoire.

Ponfick (Berlin, Klin Wochens, n°39, p. 589, 1879), après avoir expérimenté sur des chiens, a pratiqué, chez trois malades, la transfusion de sang défibriné dans la cavité abdominale. Comme chez les animaux, la fièvre consécutive de ces opérés, est restée très modérée et les douleurs ont été peu intenses.

Ces résultats ont été confirmés par les recherches de Obalinsky et Nikolsky. Ces auteurs ont démontré, en outre, que, dans la transfusion, l’augmentation du nombre des globules se fait remarquer dès la première heure et se continue jusqu'à résorption complète du sang trans- Mer

Enfin, nous trouvons dans la Gaseïte des Hôpitaux, 1880, p.917, une observation qui vient encore apporter un nouvel appui à ces faits déjà si concluants.

Un lypémaniaque, âgé de 38 ans, présentait les symp. tômes d’une déchéance nutritive profonde qui avait résisté à tous les moyens thérapeutiques. Se fondant sur les résultats expérimentaux, MM. Golgi et Raggi eurent l'idée d’injecter du sang dans le péritoine du malade. Ils injectèrent ainsi 310 cent. cub. de sang défibriné, en observant toutes les règles de la méthode antiseptique.

Aucun accident ne survint ni pendant, ni après l’opération. L'anémie du malade s’améliora parfaitement à partir du jour où l'injection avait été pratiquée.

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