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Toutefois, et malgré ces faits, il n’est pas permis de douter que, chez quelques autres sujets, l’épanchement de sang puisse amener un certain degré d’inflammation du péritoine. Nous en trouvons une preuve dans une observation consignée par M. Meunier dans son travail sur les ruptures de la rate (Analyse in Gazette des Hôprfaux, 1864) :
Un homme fut frappé dans la région lombaire par la chute d’un moëllon. Après quelques symptômes graves, il était guéri le 13° jour, lorsqu'en sortant de l'hôpital il mourut subitement.
L'abdomen contenait 6 à 700 grammes de liquide sanguin. Au niveau de l’'épanchement, la séreuse offrait une légère vascularisation.
Par l’ensemble de tous ces faits, il semble donc prouvé qu'un épanchement sanguin soit incapable de donner naissance,par son seul contact, à une phleomasie intense et généralisée de la séreuse péritonéale ; cependant, Nélaton (Æ7ém. de Pathologie chirurg., tom. 1v) déclare que les épanchements de sang, s'ils ne se résorbent pas, peuvent donner lieu à une péritonite mortelle.
Cette terminaison doit être très rare dans les premiers temps de l’accident, et le plus souvent elle arrive à la suite de complications dont nous allons dire quelques mots.
Il arrive assez souvent que la présence du sang dans le péritoine provoque, après un certain temps, une inflammation subaiguë, qui se caractérise par uné hypersécrétion séreuse, et une ascite consécutive. Cette hydropisie peut disparaître après une ou plusieurs ponctions ; d’autres fois l’épanchement se reproduit indéfiniment.
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D'autres fois aussi, ces épanchements séreux peuvent se transformer et devenir séro-purulents où même complètement purulents.
Enfin, il est des cas plus funestes encore dans lesquels la collection sanguine finit par subir une décomposition dont la conséquence est une péritonite généralisée, et le plus souvent la mort.
Cette complication est surtout à craindre si la quantité de sang est considérable, et si la contusion des organes amène une inflammation qui accélère la putréfaction des liquides.
L'innocuité presque absolue des épanchements de sang dans le péritoine est donc mise hors de doute. Mais, est-ce à dire qu'il faille nier l’existence de la péritonite hémorrhagique ? Nous n’oserions aller jusque-là puisque des maîtres d’une grande autorité en ont rapporté des exemples. Cependant, nous croyons qu'elle doit être extrêmement rare. C’est, du reste, une variété de péritonite très-peu étudiée et assez mal connue.
Toutefois, Broussais dit à son sujet : « Les péritonites sanglantes sont toujours les plus douloureuses. J'en ai vu plusieurs exemples, et toujours les douleurs tranchantes et l’anxiété étaient au plus haut point possible.»
Cette description semble confirmée par une observation d'Andral. Cet auteur rapporte un exemple de péritonite hémorrhagique survenue dans le cours d’un rhumatisme articulaire aigu.
Chez un homme âgé de cinquante-sept ans, les articulations cessèrent tout à coup d’être douloureuses, en même temps que de vives douleurs se firent sentir dans l'abdomen. Ces douleurs étaient atroces, au point d’ar
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racher des cris au malade ; la face exprimait l’anxiété la plus vive; la mort survint avant la fin du troisième jour. L’autopsie révéla une péritonite hémorrhagique.
Mais, dans ce cas, à moins que la pâleur des téguments, le refroidissement des extrémités, et une tendance marquée à la syncope, ne fassent penser à une hémorrhagie interne, les éléments manquent pour établir le diagnostic; et, en fait, on ne connaît aucune observation où la nature hémorrhagique de la péritonite ait été soupçonnée avant l’autopsie.
Mais, me dira-t-on, si les épanchements de sang dans le péritoine présentent une si grande bénignité, comment peut-on expliquer ces cas de mort si nombreux survenus à la suite d'hémorrhagies intra-péritonéales même peu abondantes? Cette explication, nous la trouvons dans l’ensemble des phénomènes graves que Gubler réunit sous le nom de péritonisme.
Cet auteur, nous apprend, en effet, que les phénomènes généraux les plus graves accompagnent quelquefois une inflammation péritonéale sans importance, et même que de tels accidents peuvent apparaître à l’occasion du contact d’un corps étranger avant que celui-ci n'ait eu le temps de développer un travail phlogistique appréciable. Et,chose digne de remarque : il n’est même pas nécessaire que le corps étranger soit doué de propriétés essentiellement irritantes ; il suffit que par ses qualités insolites, il cause une vive impression sur la surface séreuse. « Le sang, par exemple, dit Gubler, qui n’est pas très-offensif pour la plupart des tissus, provoque par sa présence un péritonisme foudroyant. »
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Ainsi que nous venons de le voir, dans tous ces cas, les choses se passent le plus souvent avec une grande simplicité, et, si nous avons noté la possibilité d'une issue fatale, elle n'arrive que par suite de complications difficiles à prévenir.
Que si nous abordons actuellement l'étude des épanchements survenant à la suite de ruptures des organes contenus dans la cavité abdominale (tube digestif, foie, | vessie, etc.), le tableau s’assombrit et nous voyons, le plus souvent, une mort plus ou moins rapide, mais à peu près toujours fatale, former le dénouement de ces accidents pathologiques.