PRÉFACE
La théorie du progrès iDdéfiDi se manifeste aujourd'hui dans toutes les sphères accessibles à la dévorante activité de Thomme. Elle. sert d'enseigne à toutes les écoles, de devise à tous les systèmes, de bannière à tous les partis littéraires et politiques. Elle est réellement l'idée dominante du siècle*
En quoi consiste cette doctrine privilégiée? En quel pays, à quelle époque et au sein de quelle école a-t-elle pris naissance? Peut-elle se concilier avec les enseignements de l'histoire, avec les nécessités de la vie sociale? Est-elle en harmonie ou en désaccord avec les dogmes du christianisme?
yi PRÉFACE.
La réponse à ces quatre questions a fourni la matière des quatre chapitres de ce livre.
Il ne faut pas s'imaginer que tous ceux qui vantent le progrès se soient entendus pour en déterminer nettement les conditions et les conséquences. M. Bûchez cherche le progrès dans Tavénement de la démocratie vivifiée par un christianisme régénéré*. M. Proudhon le découvre dans Taffirmation du mouvement universel; dans la négation de toute forme et formule immuable, de toute doctrine d'éternité, d'inamovibilité, d'impeccabilité, appliquée à quelque être que ce soit*. M. Pierre Leroux et M. Jean Reynaud le placent dans la métempsycose combinée avec le perfectionnement graduel et indéfini de l'àme humaine'. Hegel et Schelh'ng le trouvent dans le panthéisme et les évolutions nécessaires de f absolu^. Dix volumes suffiraient à peine à l'analyse des intermi- Vnables controverses que la notion même du progrès a fait surgir parmi les économistes et les philosophes du dix-neuvième siècle.
(1) Introduction à la science de Vhistoire ou science du développement de Ihumanité. 2 vol. in-12, Bruxelles, 4834.
(2) Philosophie du progrès, \ vol. in-8, Bruxelles, 4863.
(3) De Vhumanitéj de son principe et de son avenir^ par Pierre Leroux. 2 vol. in-8, Paris, 4840, — Ciel et terre, par J. Reynaud. I vol. m-8, 2e édit., Paris, 4854.
(4J Voy. Findication de leurs ouvrages au ch. II.