PREFACE. VU
Forcé de faire un choix et désiranl placer à la tète de mon ouvrage Texposé de la doctrine que
j'allais examiner, j'ai donné la préférence au système de M. Eugène Pelletan. Si ce système renferme des erreurs de plus d'une espèce, il offre du moins l'avantage d'être complet et de mettre le lecteur au courant de tous les détails essentiels de la théorie rationaliste du progrès. L'analyse succincte mais fidèle des idées du publiciste français forme le premier chapitre.
Dans le chapitre suivant, je passe rapidement en revue les institutions, les idées et les mœurs des peuples qu'on désigne ordinairement comme les pères de la civilisation européenne ; et je m'efforce de prouver que la théorie du progrès universel, incompatible avec les préjugés de l'Inde, de l'Egypte, de la Grèce et de Rome, ne pouvait naître que sur un sol fécondé par le christianisme.
Cette preuve m'imposait une obligation dont je n'ai pas méconnu l'importance. Après avoir discuté la nature et la portée des préceptes évangéliques, je devais donner à mon interprétation l'appui des événements accomplis depuis la chute de l'empire romain, jusqu'à l'heure oii l'Europe chrétienne prit définitivement la place de l'Europe grécoromaine. C'est dans ce dessein que j'ai successive-
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ment rappelé Tinvasion des barbares, Tatlitude de TEglise au milieu des populations envahies, la fusion du Nord et du Midi sous la bannière de la croix/ le réveil de Tesprit scientifique au XI® siècle, Torigine des langues modernes, la naissance d'une civilisation nouvelle au sein de l'anarchie féodale, en un mot, toutes les vicissitudes de l'esprit humain qui préparèrent cet admirable mouvement de régénération littéraire auquel la postérité reconnaissante a décerné le beau nom de Renaissance.
Arrivant ainsi au XVI® siècle, j'achève cette partie de ma tâche par l'énumération des principaux auteurs qui, depuis cette époque jusqu'à nos jours, ont défendu , propagé ou combattu ta doctrine du progrès. Il m'eut été facile d'étendre considérablement cette liste. En France, Joachim du Bellay , Louis Le Roy, François de La Noue, Bois-Robert, de Boisval, Desmarest de Saint- Sorlin, Leclerc,{La Motte, M«"® Dacier, l'abbé Terrasson, l'abbé de Saint-Pierre, Diderot, Beaumarchais, Condillac, Sébastien Mercier; en Angleterre, le chevalier Temple, Jonathan Swift, Wotton , Saint-Evremont , Dryden , Boyle ; en Italie , Alexandre Tassoni , Guichardin , Paul Béni, Scipion Errico, Gravina, Grescimbeni; en Allemagne, Paracelse, Wolff, Krug^Seber etplu-