ACCIDENTS RÉSULTANT DE L’OPÉRATION
Ces accidents peuvent être : 1° la phlébite, 2° l’entrée de l’air dans les veines, 5° la coagulation du sang injecté.
1° Phlébite. — Si l’on a signalé la phlébite comme étant un accident de la transfusion, c’est qu’on est toujours en garde contre toute opération qui intéresse les veines. En somme, les phlébites qui suivent la transfusion, ne sont pas plus communes que celles qui accompagnent une saignée ordinaire, et on les a toujours vues suivies de guérison facile, après quelques jours de traitement.
2° Entrée de l’air dans les veines. — Quant à cet accident, comme l’opération doit se pratiquer sur des vaisseaux éloignés du cœur, il est beaucoup moins à craindre que lorsqu’on a une solution de continuité de la jugulaire par exemple. Nous ne connais-
sons que deux cas (3e opération de Denys et lrc du Dr Jewell) de pénétration de l’air avec accidents immédiats, mais il ne faut pas oublier que ces deux chirurgiens opéraient précisément sur la jugulaire.
3° Coagulation du sang. — Tous les physiologistes s’accordent à dire, que le sang sorti des vaisseaux, se coagule avec une trèsgrande rapidité (2 ou 3 minutes, quelquefois 30 secondes). Mais cette propriété subsiste-t-elle lorsque le sang est versé dans un autre organisme vivant? S’il en était ainsi, le sang n’aurait pas le temps d’arriver au poumon, la circulation serait immédiatement interrompue et le malade périrait d’asphyxie. C’est sans doute ce qui est arrivé à l’opéré de Roux (obs. 2); mais ici le sang injecté trop rapidement et en trop grande quantité, n’avait pas eu le temps de traverser les capillaires du poumon.
Les expériences de J. Hunier et de A. Cooper nous donnent l’explication du phénomène. Dans une hématocèle de la vaginale testiculaire, le sang resta parfaitement liquide pendant deux mois, mais il se coagula sur-le-champ dès qu’on l’évacua par une incision. Une sangsue est coupée deux mois et demi après s’être remplie de sang : le liquide, non encore digéré, parfaitement pur et fluide, se coagula alors comme le sang d’une saignée. A. Cooper place deux ligatures sur chacune des deux jugulaires d’un chien, emprisonnant ainsi de chaque côté, une colonne sanguine égale. Il excise l’une d’elles, et le sang de celle-ci se coagule beaucoup plus vite que celui de la veine laissée sur l’animal, quoique la circulation y ait été également interrompue.
Ainsi, l’injection étant poussée avec douceur et d^ns un temps assez rapproché de la sortie du sang, nous n’avons pas à craindre que le sang se coagule chez l’individu qui le reçôit, tant que celui-ci est en vie.
4° On a aussi reproché à la transfusion de prédisposer les femmes aux accidents puerpéraux : il est vrai de dire qu’un certain nombre
de ces malheureuses et en particulier l’opérée de M. Nélaton (1851) ont succombé dans ces conditions. Mais l’affection puerpérale n’estelle pas provoquée par les circonstances mêmes de l’accouchement (travail long et laborieux, pertes considérables, manœuvres expulsives, quelquefois épidémies, etc.)? La transfusion n’a plus rien à démêler avec tous ces accidents.