‹ Quelques Considérations Sur La Tuberculose A Localisations Multiples Dite 'Tuberculose Mixte'Chapitre 19 sur 33 · I. — Les lésions pulmonaires · texte numérisé non relu

I. — Les lésions pulmonaires

Leur étude a donné des résultats très différents selon qu'il s'agissait d'enfants ou d’aduites :

— Chez l'enfant : les lésions importantes sont rares :

— miliaires (2 cas) ; — Jésions excavées ayant nécessité un pneumothorax thérapeutique (1 seul cas) ; - épituberculose (4 cas dont les clichés ultérieurs ont montré la régression en quelques mois).

Dans tous les autres cas, la lésion pulmonaire se manifestait seulement sur le cliché par une exagération de l’ombre hilaire.

Donc, dans l’ensemble, les lésions pulmonaires chez l'enfant se sont montrées relativement bénignes.

— Chez l'adulte : les lésions sont au contraire très accentuées. Les clichés regardés en série sont remarquables par leur monotonie, se ressemblant tous.

Ils traduisent des lésions diffuses, homogènes, ne différant d’un cliché à l’autre que par leur degré, allant de l’aspect cotonneux et flou (76) aux lésions cavitaires multiples disséminées dans toute l’étendue des deux champs pulmonaires (27). | . Une surcharge hilaire, habituellement droite, était surajoutée à 12 de ces clichés. Elle existait comme seule lésion décelable (rappelant alors tout à fait, image observée chez l’enfant) dans 67 seulement des cas.

Il est remarquable de noter la rareté de la caverne ou du

système de caverne des sommets, si souvent rencontrés chez

les tuberculeux pulmonaires purs, mais il faut noter que la plupart des malades avaient été traités avant leur arrivée, par un pneumothorax thérapeutique.

Celui-ci avait affaissé la caverne, ou bien, abandonné pour une poussée liquidienne tenace, se traduisait sur le cliché par lopacité de tout l’hémithorax malade (31 cas), rendant vain tout essai de lecture.

En définitive, chez l’adulte, au contraire de chez l'enfant, les lésions pulmonaires sont généralement graves.

sn 7e

Et Bezançon dit à ce sujet: « La tuberculose de l'adulte étant avant tout une tuberculose pulmonaire, c’est celle-ci qui, contrairement à ce qui se passe chez l’enfant, va constituer la maladie principale, elle sera d’ailleurs ici, la manifestation, la première en date, la manifestation ostéo-articulaire étant plutôt secondaire ». « Les tuberculoses mixtes de l’adulte ont, dans leur ensemble, un pronostic beaucoup plus sévère que celles de l'enfant, la gravité du pronostic tenant en grande partie à la gravité beaucoup plus grande de la tuberculose pulmonaire de l'adulte. »

Il. — Les lésions ostéo-articulaires

À l'encontre de ce qui a lieu pour les lésions pulmonaires, les lésions ostéo-articulaires se sont montrées tout à fait banales.

L'étude de ces lésions porte surtout sur :

o) leur fréquence ;

8) leur siège ;

y) leur nombre ;

8) leur date d'apparition.

a) Fréquence : La localisation de beaucoup la plus fréquente, et cela chez l'enfant comme chez l’adulte, est sans conteste le mal de Pott, puis viennent ensuite les lésions du genou, de la hanche, du coude et des petits os de la main.

Quelques localisations semblent spéciales à l’homme adulte tuberculeux mixte, en particulier la sacro-soxalgie, la tumeur blanche du poignet, la tumeur blanche tibio-tarsienne, la scapulalgie.

Voici quelques chiffres :

Mal de Pott Sous O Cerv. D DL 1 E LS Sur: F + k & 3 + 84 Femmes : 30 2 10 3 11 4 57 Enfants : 16 8 6 1 1 215 Hommes : 71 5 32 2 24 8

Fernmes Enfants Hommes

DÉS REN FTORNSRRERSENSRRSRR RES 3 I 21 A RS... 6 3 23 Tumeur blanche du genou .......... 14 16 30 Tumeur blanche tibio-tarsienne ..... 6 4 12 Ostéite articulaire inter Chopart .... 2 1 1 Ostéite articulaire inter Lisfranc .... 2 0 P. DIE SE 3 5 4 AI De ne us au 2 2 8 Tumeur blanche du coude .......... 6 8 14 Tumeur blanche du poignet ........ 4 2 19 mA RU 0 4 6 5 Bynovile palmaire 2. ....4:..,...: 2 0 Ostéite articulaire sterno-claviculaire. 0 0 5

D’autres localisations sont beaucoup plus rares : Ostéites du coude (6), du tibia (4), du cubitus (3), du malaire, du maxillaire, de l’aile iliaque, de l’aileron sacré, etc. Ces localisations peuvent être infinies chez les tuberculeux mixtes, tout comme chez les tuberculeux ostéo-articulaires purs,

B) Stége : Il est intéressant de savoir pourquoi une lésion tuberculeuse se localise dans un endroit de préférence à un autre. Plusieurs causes ont été invoquées pour expliquer le déterminisme de ces localisations :

1° Les lésions pathologiques antérieures.

2° Le rôle du traumatisme, mis en évidence par les expériences de Max Schuller (1876), et on a coutume de distinguer (Jaffré) : | a) les tuberculoses par inoculation directe (3 cas), dont : une auto-inoculation ; une inoculation par fistule tuberculeuse ; une inoculation par l’intermédiaire d’une plaie cutanée ; b) les traumatismes :

révélateurs (8 cas) ; aggravateur ; ou localisateurs ;

bien qu’en réalité il soit souvent difficile de discerner le traumatisme révélateur du localisateur.

Sénèque (1932) rappelle que dans cette dernière éventualité, la durée entre le traumatisme et l’aggravation des lésions peut varier de quelques jours ou quelques semaines (Cunéo) à quelques années (Ménard).

Quand il s’agit de lésions multiples, on peut invoquer :

A) La tendance de la tuberculose à s'étendre en remontant vers la racine du membre.

B) La propagation de voisinage.

Ainsi s'explique l’association de :

-—— Sacro-coxalgie - mal de Pott lombo-sacré (9 cas).

—— Mal de Pott et tuberculose rénale (7 cas). — Mal de Pott et fuseau du psoas + coxalgie (1 cas).

3° L'ostéogénèse. — Selon la théorie défendue par Meénard et Sorrel, les os atteints le plus fréquemment sont ceux en voie de développement, dont les articulations sont les plus mobiles, dont les cartilages d’accroissement sont les plus fertiles, dont la richesse de vascularisation est la plus grande. Donc la lésion siégera, non au niveau du cartilage vasculaire, qui est pour le Bacille de Koch un mauvais terrain de culture, mais au niveau des métaphyses et des noyaux osseux. Sorrel prend pour exemple l'ossification des os de tarse. La date d'apparition des nodules d’osification est variable pour chacun d’eux :

— précoce pour le calcanéum (57° mois de la vie intrautérine) ; - pour l’astragale (à la naissance) ; - pour le cuboïde ,vers le 3° mois de la vie) ; pour le cunéiforme (vers 1, 2 et 3 ans) :

- pour le scaphoïde (vers 3 et 4 ans).

Or, pendant les premières années de la vie, on ne voit jamais de lésion du scaphoïde, du cuboïde, du cunéiforme. Elles se voient plus tard, entre 5 et 10 ans environ. On voit, par contre, beaucoup de tuberculose du calcanéum -—— et toujours localisée au noyau central -— le cartilage formant barrière contre l’extension aux articulations et aux os voisins. La même affinité pour les noyaux d’ossification, le même rôle protecteur du cartilage se manifeste au niveau du poignet, du genou, du coude. Ainsi s'explique pour Ménard,

pas ner <=

Page 1