OBSERVATIONS
Observation I.
(Personnelle)
Lithotritie en une seule séance. — Enfant de 14 ans. — Guérison
Louis G..., âgé de 14 ans, bien constitué, a eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu légère, à l’âge de 8 ans. Depuis deux ans, l'enfant éprouve des besoins fréquents d’uriner surtout dans la journée et des douleurs à l'extrémité de la verge. L’urine laisse déposer des dépôts muqueux et de la poussière phosphatique. Il n’a jamais eu d’hématurie.
Le 5 juin 1884, M. Tédenat constate, au moyen d’une bougie à boule métallique N°12, un certain degré de spasme dans la région membraneuse. L’instrument pénètre pourtant dans la vessie et la boule vient au contact d’un calcul.
À partir de ce jour, le malade prend de la tisane de houblon avec 2 gr. de bromure de sodium pour calmer lirritabilité générale.
Dès le 8 juin, introduction de bougies en gomme tous les matins. Le 13 juin, le N° 21 de la filière de Charrière passe facilement. :
14 juin. Chloroformisation. Le rectum avait été vidé par un lavement. Introduction d'un lithotriteur à mors plats du N° 17. La vessie a son fond déprimé et l’instrument pour saisir le calcul doit être assez fortement relevé, manche en haut. La pierre a 2 centim. et deini et est friable. Douze prises bonnes en huit minutes. Après cela, les mors de l’instrument ne saisissent plus que de petits débris. L'’instrument
En pisse est facilement retiré. Introduction d’une sonde en argent ordinaire par laquelle est injectée avec force une solution borique à 20 p. 1000. I] ne sort que quelques petits débris ; mais quand le malade se réveille, la vessie se contracte fortement à plusieurs reprises, et par la sonde sort environ une cuillerée à café de sable. Pas de sang.
L'enfant est remis dans son lit bien chaud. Une heure après, on lui donne un petit lavement avec 4 gouttes delaudanum pour calmer les douleurs et prévenir les contractions vésicales.
Dans la journée, les mictions se succèdent, cuisantes à quelques minutes d'intervalle. Soir. Temp. 3821.
15 juin. Quelques douleurs dans le bas-ventre et cuisson dans l’urèthre. Mictions moins fréquentes ; elles ont lieu dans la position couchée et chacune d’elles entraîne quelques menus débris qui passent à travers l’urèthre sans difficultés, mais non sans quelques douleurs. T.m. 375. T.s. 38°2.
16 juin. Mieux sensible. Le malade urine toutes les deux heures-sans trop souffrir: l’urine contient du sable. M. Tédenat fait dans la vessie, au moyen d’une sonde en gomme, une injection borique tiède de 80 gr. qu'il laisse dans la vessie.
20 juin. Urine claire. Mictions toutes les trois ou quatre heures et sans douleur. La vessie estexplorée avec une sonde exploratrice pour enfants ; l'instrument ne rencontre aucun corps étranger.
TEE
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Observation IT.
(Personnelle.
Lithotritie en uno seule séance. — Petite fille de 9 ans. —Guérison.
Ernestine N.…., âgée de 9 ans, née à Marseille, lympha-
* tique, de complexion moyenne, a eu de limpétigo du cuir
chevelu à l’âge de 3 ans. Depuis l’âge de 5 ans, leucorrhée abondante accompagnée de démangeaisons à la vulve et de besoins fréquents d’uriner. T’urine n’a jamais contenu de sang, mais elle laisse habituellement déposer des mucosités au fond du vase. Les mictions sont plus fréquentes le jour que la nuit. Depuis cinq ou six mois, la malade se plaint de douleurs vives dans le bas-ventre et à la vulve; elles deviennent très aiguësquand l'enfant fait des efforts, court ou va en voiture. Aussi elle reste habituellement au repos.
Le 5 avril 1884, la petite malade est examinée par M. Tédenat qui, d’après les symptômes ci-dessus indiqués et la présence d’urates au fond du vase où a séjourné l’urine, pense à l’existence d’un calcul vésical. L'introduction dans la vessie d’une bougie à boule métallique N° 15 met hors de doute l'existence d’un caleul.
L’enfant garde le lit jusqu’au 10 avril et prend tous les jours un grand bain et de la tisane de chiendent avec 2 gr. de benzoate de soude par jour.
10 avril. Ce matin lavement de graine de lin avec deux cuillerées à bouche de glycérine. À 10 heures, anesthésie avec le chloroforme, dilatation du canal del’urèthre avec les bougies de Hégar jusqu’à celle qui a 12 millim. de diamètre. La pierre, du volume d’u ne grosse noix, est facilement broyée avec le lithotriteur à crémaillère de Reliquet; quatre prises la
réduisent en petits fragments quisont réduits en poussière au moyen du lithotriteur à mors plats. M. Tédenat songe à évacuer les débris séance tenante. Pour cela, il introduit le spéculum nasi de Zanfal jusque dans la cavité vésicale, et, au moyen d’une seringue à anneaux, y injecte une solution tiède d’acide borique à 3 p. 100. Cette manœuvre réussit bien, et après cinq injections le liquide revient clair; toute la pierre a étéévacuée, ainsique le démontre un examen de la vessie, au moyen d’une sonde de femme. Il n’y a pas eu d'écoulement sanguin appréciable.
L'enfant est remise dans son lit, bien couverte avec des cataplasmes de farine de lin sur le bas-ventre.
11 avril. Douleurs modérées dans le bas-ventre. Incontinence d'urine. Injection matin et soir de 50 à 60 gr. de solution borique tiède. Temp. 38°1 le matin, 38°5 le soir. Lait.
12 avril. Douleurs à peu près nulles. L’incontinence d'urine persiste; les injections boriques sont continuées. Pas de fièvre. Lait.
13 avril. Pas de douleurs. L’urine est retenue et le besoin d’uriner revient toutes les heures environ. urine est claire.
17 avril. Urine claire, rendue toutes les trois heures sans douleurs. La malade retourne chez elle guérie.
Observation LIT.
(Empruntée à la Thèse de Desnos. Paris, 1882).
Lithotritie en une seule séance. — Enfant de 4 ans. — Evacuation avec une sonde N° 16.
Alfred Gau.…., âgé de 4 ans, est amené dans le service de M. Guyon, le 15 décembre 1881. À 7 mois, il eut une maladie : fébrile, après laquelle sa mère remarqua qu’il souffrait en
urinant. [1 n’a marché qu’à 30 mois ; à chaque pas il criait et portait sa main à sa verge. Opéré d’un phimosis à cette époque, il eut, peu après, une hématurie, qui, depuis s’est renouvelée 3 fois. [ly a 6 mois, tous les symptômes se sont aggravés : jet d'urine très modifié, bifide, en pomme d’arrosoir, présentant quelquefois un arrêt brusque ; grande difficulté pour faire même quelques pas : le saut, la course sont impossibles ; les voyages en voiture déterminent de vives douleurs.
Exploration sous le chloroforme avec un petit lithotriteur N' 14, largeur des mors, 6 millim. 1/4 (N° 19). Calcul de 2 cent. de diamètre. Vessie profonde et dépressible.
17 décembre. Lithotritie sous le chloroforme, même lithotriteur à mors plats. Calcul assez peu résistant. La profondeur de la vessie oblige à tenir l'instrument debout. Broiement 12 minutes. Introduction d’une sonde courbe à deux yeux N° 16. Lavages, peu de débris d’abord, mais la vessie se contracte aussitôt qu'on cesse le chloroforme. Poids des fragments très délayés, 3 gr. Temp. le soir 378.
+8 décembre. Crie toujours en urinant. Gonflement léger de la verge ; rougeur et douleur le long de l’urèthre. Urines légèrement troubles, contiennent une grande quantité de sable, dont 1 gr. a été recueilli dans lurinoir. Temp. 37°6.
19 décembre. Douleurs encore assez vives pendant les mictions qui sont fréquentes. Urines toujours troubles et mélangées de graviers. Temp. 37°.
20 décembre. Le gonflement de l’urèthre a presque entièrement disparu. L'enfant ne crie qu’à de rares intervalles en urinant. Mictions moins fréquentes ; presque plus de graviers.
21 décembre. Douleurs nulles ; l’œdème dela vergea disparu; pas de douleurs le long de l’urèthre. Urines encore un peu troubles; plus de graviers.
CHRIS 29 décembre. Demande à se lever. Mictions très éloignées. À dormi 14 heures sans uriner.
24 décembre. Se lève, court, saute sans trace de douleur. Urines parfaitement limpides.
Observation IV.
(Empruntée à la Thèse de Ducasse Paris 1884.)
Calcul vesical. Récidive. Lithotritie en une séance. Aspiration. Guérison.
Mad... Mar..., âgé de 4 ans, entre le 21 avril 1884 dans le service de M. Lannelongue.
En 1883, il avait été opéré par M. Segond qui avait pratiqué une lithotritie en une séance.
Le calcul était très mou, paraît-il.
Actuellement, le malade souffre peu, mais la miction est accompagnée de quelques troubles.
Le 21 avril, on avait constaté, à l’entrée du malade à l'hôpital, l'existence d’un calcul très petit.
Le 14 mai, on pratique sous le chloroforme la lithotritie en une séance avec le lithotriteur N° 0 1/2. Le calcul, d'environ 1 cent., est broyé facilement en 8 ou 10 prises Quand on veut retirer le lithotriteur, il s'arrête dans l’urèthre, dans la portion pénienne, juste en avant du scrotum. Il est évidemment arrêté par un fragment resté engagé entre les mors qui ont dû s’écarter un peu, l’écrou brisé n’ayant pas été fermé. On le dégage cependant par des tractions énérgiques ; il se produit une assez forte uréthrorrhagie. On pratique l'aspiration. Pas de sang dans la vessie.
Le malade souffre un peu pendant toute la journée.
Le 15 mai, le malade ne souffre plus. Temp. 38.
OS Les jours suivants, pas de fièvre.
Le malade se rétablit rapidement. Les mictions s’accomplissent désormais sans douleur.
Le malade sort guéri quelques jours après.
Observation V.
(Empruntée à la Thèse de Ducasse. Paris 1884.)
Broiement partiel du calcul. Le malade esl encore en traitement.
Charles Guil.…, âgé de 5 ans, est amené le 16 avril 1884 dans le service de M. Lannelongue.
Au mois de novembre dernier, on avait pratiqué une lithotritie en une séance.
Il souffre beaucoup depuis quelque temps. On n’observe pas d’hématurie, il ressent de la douleur à la fin de la miction. Il a souvent envie d’uriner, mais ses essais sont souvent infructueux. On explore la vessie sous le chloroforme, et on constate l’existence d’un calcul, mais il est certainement très petit. | Le 2 avril, lithotritie. Le lithotriteur N° O passe difficilement au méat qu’il avait du reste fallu débrider l’année dernière. La pierre est d’abord difficile à prendre. L’opération est faite à peu près à sec. La pierre prise trois fois semble avoir dérapé, cependant elle est partiellement broyée; la vessie, commençant à saigner, les manœuvres sont arrêtées. On pratique l’aspiration et on obtient l'issue ne quelques fragments, mais en petit nombre.
Les jours suivants on n’observe pas d’hématurie, pas de fièvre. Les lavages ont été rendus impossibles par l’indocilité du sujet. Les douleurs persistent, elles sont légèrement amendées, cependant. |
CRT ee
Le 16 juin, l'enfant est retiré par ses parents et ramené le 18.
Une nouvelle tentative de lithotritie est faite quelques jours
après. Le calcul a pu être saisi, mais il a été impossible de le
broyer à cause de sa dureté.
Observation VI
(Erpruntée à la thèse de Ducasse. Paris 1884.)
Lithotritie en une séance. Evacuation spontanée des fragments
John J..., âgé de 11 ans, fut pendant l’été de 1881 soigné à diverses reprises dans une infirmerie pour une irritabilité de la vessie qu’on soupçonna être due à la présence d’une pierre, qu’on ne put cependant découvrir distinctement.
Le 16 septembre, je vis le malade et je l’éthérisai. Je sentis et saisis alors une pierre d’acide urique mesurant 3 huitième de pouce de diamètre. Une seconde prise la pulvérisa complètement.
En 24 heures, les fragments sortaient spontanément et la vessie fut complètement débarrassée.
Huit jours après, il quitta l’infirmerie, et depuis il s’est toujours bien porté (Observation sur la taille et la lithotritie. Londres 1883).
Observation VIL.
(Empruntée à la thèse de Ducasse. Paris 1884.)
Lithotrilie en une séance. Calcul ovalurique de { cent. 1/2. Chloroforme. Guérison. d
Enfant de 9 ans, bien portant, frais et fort, ayant une pierre ovalurique d’un centimètre et demi de diamètre. Le 16 octo-
bre, sous un sommeil chloroformique facilement obtenu, je lui fis soixante-neuf fois l’écrasement en neuf minutes et parvins à évacuer les menus débris en huit minutes.
Il ne se présenta aucune trace de réaction, et au bout de huit jours, il s’en alla guéri avec des urines claires et limpides.
Observation VII.
(Empruntée à la thèse de Ducasse. Paris 1884.)
Lithotritie en une séance. Calcul phosphalique el uratique de # cent. de diamètre. Chloroforme. Résultat inconnu.
Enfant âgé de 12 ans, devenu anémique par suite de ses souffrances, d’insommie et de ses mauvaises fonctions digestives ; il avait une pierre phosphatique en même temps qu’uratique d’une grosseur étonnante pour cet âge, et d’un diamètre de 4 centimètres. L'enfant fut très difficile à se laisser anesthésier ; l’opération dura cinq quarts d'heure.
Le 30 octobre, je lui is en deux fois et en vingt-cinq minutes, 200 triturations, et en six minutes à peu près, 70 aspirations.
La température ne s’éleva jamais au-delà de 37°.
Il est encore en traitement.
Observation IX.
(Empruntée à la thèse de Ducasse. Paris 1884.)
Lithotritie en une seule séance. Chloroforme. Aspiration. Calcul de ? cent. 1/2. Guérison.
Le 12 mars 1883, entre à l'hôpital Trousseau le nommé E. B..., âgé de 5 ans. Il éprouve depuis plusieurs mois, dit sa
SEP mère, des douleurs fréquentes sous forme de coliques, et il fait des efforts fréquents pour uriner. Il pleure parfois en urinant; il n’a jamais eu d’hématurie. L'enfant est reçu dans le service et couché salle Denonvilliers, N° 13.
On fait recueillir de ses urines, ce qui est assez difficile, et on constate qu’elles sont troubles avec un dépôt catarrhal assez abondant; au microscope, ce dépôt est très riche en leucocytes.
Le 17, on examine l’enfant et on découvre l’existence manifeste d’un calcul ayant environ 2 cent. 1/2 dans un de ses diamètres. Lorsqu'on le tient dans le brise-pierre, on n’en découvre pas d’autres.
La lithotritie est pratiquée le 20; les jours précédents on a dilaté le méat ; néanmoins, un débridement est nécessaire pour permettre l'entrée d’un instrument lithotriteur suffisamment gros. M. Collin, sur mon indication, a construit des modèles pour très jeunes sujets.
L'opération a duré seize minutes, et on a retiré par l’aspiration une poussière fine de petits fragments. L'enfant a été anesthésié par le chloroforme.
Les résultats ultérieurs ont été très simples ; le lendemain de l’opération, il y a eu une légère élévation de la température qui ne s’est pas reproduite. La miction a été fréquente, d’après ce que dit la sœur, pendant quelques jours ; mais l’enfant ne souffrait plus et ne se plaignait plus.
Il à quitté l'hôpital le 10 avril ; on n’a pas trouvé de nouveaux fragments dans sa vessie examinée avec soin.
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Observation X.
(Empruntée à la thèse de Ducasse. Paris 1884).
Lithotritie en une séance. Chloroforme. Lavage à l’eau boriquée. Guérison.
Le nommé X..., âgé de 4 ans, est conduit à l’hôpital Trousseau, pour troubles urinaires et légère hématurie. La mère a vu deux fois sa chemise tachée de sang.
Le 15 février, on l’examine avec le lithotriteur, et on reconnaît l’existence d’un petit calcul de 1 centimèt. au moins, dans son plus grand diamètre.
Le 25 février, il est anesthésié et opéré par la méthode de Bigelow. On a dû débrider le méat.
L'opération a été facile, on a promptement saisi le calcul. Le broiement a duré 6 à 7 minutes; le lavage de la vessie à été fait avec de l’eau boriquée. Il y a quelques gouttes de sang pendant l’opération.
Les suites ont été très simples. Il n’y a pas eu d’élévation de température.
L'enfant a été examiné le 10 mars et on n’a rien trouvé dans la vessie ; on la renvoyé chez lui.
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