‹ Quelques considérations sur le cœur des tuberculeux et des cancéreuxChapitre 15 sur 17 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

Cette femme futtraitée déjà, ilya deux ans, à l'hôpital Tenon, pour un phlegmon du ligament large, qui s'ouvrit dans le rectum, puis dans la vessie. Elle perdit du pus pendant longtemps, mélangé aux fèces et à l’urine. Bientôt, l’orifice de communication avec le rectum sembla se fermer, et la malade sortit bien portante, mais remarquant toujours dans ses urines un dépôt purulent. Elle rentra au mois de février dernier dans le service, cet écoulement purulent ayant un peu augmenté alors, et y resta jusqu'au mois de mars. On put constater à ce moment par le toucher, dans le cul-de-sac gauche, une tumeur dure due probablement aux restes de son phlegmon ancien. Elle sortit avec toutes les apparences d’une bonne santé, ne présentant rien de particulier, sauf ce dépôt purulent des urines, d’ailleurs très diminué.

Le 24 septembre dernier, elle rentre dans un état tout différent. La face présente une teinte cachectique ; la malade est dans un état d'affaiblissement tel qu’elle ne peut se tenir debout ; il y a de l’œdème notable de la jambe gauche.

Cette femme nous raconte que, depuis le mois de juin, l'écoulement purulent mêlé aux urines a disparu. Depuis ce moment, elle souffre dans le flanc gauche; elle a de la fièvre le soir, et son état a toujours été s’aggravant de plus en plus. La malade ne présente pas d'autres symptômes. Elle ne souffre d'aucune autre partie, n’a jamais eu de vomissements, de diarrhée, etc. Dans le cul-de-sac gauche, on retrouve la même dureté qu'au mois de février. En présence de ces phénomènes on pense à de la septicémie chronique, ne trouvant rien dans les organes qui pût expliquer cet état de dépérissement.

26 septembre. On trouve la malade avec une parésie brachiale et faciale gauche qui, le 27 et le 28, s'accompagne de symptômes analogues du côté de la jambe.

29 sept. Il y a paralysie complète, avec anesthésie, de tout le côté gauche du corps.

ie 2 octobre. La malade est dans un état de marasme absolu. L'auscultation du cœur révèle à la pointe un bruit de souffle inconstant, insuffisant pour y faire admettre une lésion orificielle. Léger nuage d’albumine.

Depuis ce jour, l’affaissement ne fait qu'augmenter, mais la malade ne vomit pas, mange tout ce qu'on lui présente ; elle est gâteuse depuis le 2 octobre.

3 oct. Elle s'éteint sans avoir présenté d’autres phénomènes.

AuTOPsIE. — On constate un cancer encéphaloïde de l’estomac, resté latent pendant la vie, occupant la partie gauche de la petite courbure. Il y a des trainées cancéreuses sous le péritoine, aboutissant à des ganglions également dégénérés, le long de la petite courbure. Noyaux secondaires dans le péritoine diaphragmatique, le foie, la rate, le rein ; tous ces noyaux n’excèdent pas le volume d’un pois et sont peu nombreux.

Le cœur présente sur les deux faces de la valvule mitrale des végétations variant du volume d'une tête d’épingle à celui d'un pois. On en retrouve de semblables sur les faces libres des sigmoides. Toutes ces végétations sont molles, friables.

Poumons emphysémateux.

Cœur un peu graisseux.

mue

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