‹ Quelques considérations sur le cœur des tuberculeux et des cancéreuxChapitre 3 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant le cours de nos études médicales, nous avons assisté, dans les hôpitaux de Montpellier et dans ceux de Toulouse, à de nombreuses nécropsies de sujets morts de tuberculose ou de cancer, et nous avions plus d’une fois remarqué, d’une part, la diversité des altérations cardiaques chez ces sujets; d'autre part, la complète analogie qui existe entre l’état du cœur des phthisiques et celui des cancéreux. En effet, là nous trouvons la péricardite tuberculeuse sèche ou avec épanchement, les tubercules du péricarde et du cœur; ici, la péricardite cancéreuse, sèche ou avec épanchement, le cancer du péricarde et du cœur ; des deux côtés, l’atrophie du muscle et sa dégénérescence graisseuse. Rapprocher ces diverses lésions de leur cause générale, comparer entre elles les altérations identiques et chercher le lien pathogénique qui les réunit, serait un travail bien digne d'intérêt, et nous avions formé le projet d'en faire le sujet de notre thèse inaugurale. Mais, pour remplir une telle tâche, il eût fallu plus de science, d'expérience et d'érudition que nous n’en possédons ; il eût surtout fallu plus de temps que ne nous en accordaient les circonstances actuelles. | * Aussi avons-nous, bien à regret, modifié le plan primitif de notre sujet, et cela avec d'autant plus de raison, que les lésions

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du cœur droit, les seules qui, à notre avis, n'existent pas à égal titre et avec une égale fréquence dans la tuberculose et dans le cancer et sont susceptibles de soulever une question très intéressante de pathogénie, font le sujet d’une thèse contemporaine de la nôtre.

Parmi les motifs qui nous avaient déterminé à réunir dans une même étude les diverses altérations cardiaques observées dans la tuberculose et dans le cancer, un des plus légitimes est le manque absolu, dans les publications médicales, de monographies de ce genre. On trouve bien, dans les auteurs classiques ou dans des mémoires divers, ces altérations disséminées, la plupart se trouvant réunies dans les articles consacrés au cœur. Il existe même des monographies où se trouvent décrites les modifications diverses que subit l'organe central de la circulation pendant le cours de la tuberculose pulmonaire. Mais il n'existe pas de travail d'ensemble sur ces mêmes modifications chez les cancéreux. Encore moins existe-t-1l des travaux comparant entre elles ces deux diathèses et l’analogie de leurs complications. C’est là assurément une lacune qu'il importe de combler. Ne pouvant, pour les raisons exposées plus haut, atteindre un pareil résultat, nous nous bornons à l’étude de quelques altérations cardiaques que l’on rencontre dans les deux cachexies. La péricardite, le cancer ou le tubereule du péricarde ou du cœur ne présentant pas, au point de vue de la pathologie générale, un intérêt bien marqué, nous les avons rejetés du cadre de notre travail, Consacré surtout à l’atrophie et à la dégénérescence graisseuse du myocarde. Nous essayons de démontrer que ces deux altérations sont un effet commun et fréquent du cancer et de la tuberculose en tant

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qu'affections chroniques cachectiques, et nous recherchons quel est, dans l’une et l’autre de ces affections, le mécanisme qui préside à la production des lésions analogues.

Notre étude est divisée en deux chapitres : dans le premier, nous étudions l’atrophie du cœur chez les tuberculeux et les cancéreux ; le deuxième est consacré à nos recherches sur la dégénérescence graisseuse. Dans chacun de ces chapitres, nous avons appelé l'observation clinique à l’aide de l’argumentation. Le texte est ainsi interrompu cà et là par des faits le plus souvent observés par nous. C’est, nous le croyons, une chose excellente en soi. Les autres faits personnels et ceux que nous avons trouvés dans les principaux recueils ou mémoires sont consignés à la fin du modeste travail pour lequel nous sollicitons la bienveillance habituelle et l’indulgence de nos Juges.

M. le professeur-agrégé Hamelin a bien voulu nous autoriser à publier des observations prises dans son service de l'Hôpital Général et nous fournir des détails sur quelques-uns des faits que nous publions. Nous ne saurions trop l'en remercier.

M. le docteur Sarda, chef de clinique, nous a guidé dans nos recherches bibliographiques. Nous lui en sommes sincèrement

reconnaissant.

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