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qui nous rend compte en même temps de l'influence du sexe. Les deux ventricules deviennent plus pesants avec l’âge, ainsi que le montrent les chiffres ci-dessous :
âge ventricule gauche ventricule droit CUÉA O0 ere 134 gr. 5 56 gr. 6 SUTA AO EE 144 »
AURAIODU NT 160 ) 62 5 DOPARCD PEL EEE 168 64 CO ASE EEE. 17 69
M. Du Castel admet contre Engel que chez le viellard le cœur est plus gros. Nous lui donnons complétement raison, et notre opinion est basée sur l'examen des malades de l’Hôpital général qui, ordinairement, ont un gros Cœur.
Chez le vieillard, la capacité du ventricule gauche augmente plus que celle du ventricule droit et peut même être plus élevée que cette dernière.
Reprenons maintenant, au point où nous l’avons laissée, l’histoire de l’atrophie du cœur chez les tuberculeux.
Barrabé (1), chez sept phthisiques âgés de 25 à 45 ans, a trouvé pour le cœur, les chiffres suivants :
(1) Barnagé. — Études des lésions cardiaques dans le cours de la phthisie pulmonaire. Th. de Paris .1878.
Penh ee Poids total : 200 à 240 grammes.
Épaisseur du ventricule gauche... 8 mill. à 12 mill. 1/2: — du ventricule droit..... 2 dll — de l'oreillette gauche... 1 mill. à 5.
ce)
du ventricule gauche, 115 à 155 grammes ; pour celui du cœur droit, entre 45 et 60 grammes, la proportion entre l’un et
F 100 « 400 l’autre étant à
220 270 * Pour la capacité, il n’a pas noté de modification appréciable \ constante ni au point de vue de la diminution générale, ni au point de vue de. la disproportion entre les deux ventricules.
« Le cœur des tuberculeux, dit en terminant M. Du Castel, est habituellement un cœur petit, faible dans son {ventricule gauche, faible aussi dans son ventricule droit. Mais cette petitesse habituelle n’est pas sans doute exclusivement le résultat de la maladie ; les tuberculeux sont en général des mdividus encore jeunes, et 1ls succombent à vne période de la vie où le poids du cœur est peu élevé, toute influenence morbide étant mise de côté. »
Nous ne pouvons souscrire à cette dernière opinion, et cela pour les deux raisons suivantes : chez les tuberculeux qui ont
succombé après avoir dépassé l’âge de quarante ans, le cœur est le plus souvent petit et atrophié. Peut-on, dans ces cas, mettre l’atrophie sur le compte de l’âge peu avancé ? Nous ne le pensons pas.
Du reste, M. Du Castel est revenu sur cette appréciation. Dans une communication faite à la Société médicale des hôpitaux, il indique l’atrophie cachectique comme pouvant se rencontrer chez les phthisiques.
(4) Du CasrTeL. — Loc. cit.
ARR Ex.
Dans ces cas, les ventricules sont peu volumineux, le gauche étant plus atrophié que le droit ; les oreillettes sont relativement volumineuses ; elles forment, au-dessus des ventricules, une saillie assez prononcée.
Ainsi done, l’atrophie du cœur est un fait vulgaire dans la phthisie. Mais existe-t-elle chez tous les tuberculeux et quelles parties de l'organe frappe-t-elle ? Telles sont les deux questions qui se présentent naturellement à l'esprit.
Nous avons parlé plus haut des auteurs qui ont voulu voir dans la phthisie une cause de dilatation avec ou sans hypertrophie du ventricule droit. Cette lésion peut-elle se présenter dans la phthisie pulmonaire ?
On pourrait, à priori, à la lecture des noms des observateurs de talent qui ont soutenu cette théorie, répondre affirmativement à cette question. Bard et Decrois ont démontré que lorsque la phthisie évolue vers la formation fibreuse, le ventricule droit se dilate, par suite de la sclérose, des adhérences pleurales et surtout de l’emphysème généralisé qui se produisent dans ces conditions. Laissant de côté la forme fibreuse de la tubérculose, forme remarquable par les effets locaux qu’elle détermine sur le poumon etsurle cœur, et le peu de retentissement qu'elle provoque sur l’état général du malade, examinons ce qui se passe dans la forme ulcéreuse. De cette dernière forme, nous pouvons aussi, dès maintenant, retrancher les cas de phthisie aiguë, Cas dans lesquels l’atrophie n'existe généralement pas et est remplacée par la dilatation du cœur droit. Voyons ce quise passe dans la phthisie ulcéreuse chronique. Ici, sauf quelques rares exceptions, l’atrophie du cœur existe, et elle porte aussi bien sur le cœur droit que sur le cœur gauche. C’est là un fait d'observation quotidienne, sur lequel il n’est pas besoin d’accumuler de nombreuses preuves, chacun de nous ayant pu s’en convaincre de visu.
Dans ces conditions, le cœur est petit, décoloré ; il présente
YO l'aspect de ce qu'on désigne sous l'appellation d’atrophie concentrique.
« Le tissu adipeux interventriculaire et interauriculaire, ainsi que le tissu adipeux sous-séreux, a presque complétement disparu ; les artères coronaires serpentent alors au milieu d’un tissu conjectif raréfié, qui est, ainsi que le tissu sousséreux, parfois légèrement infiltré. Le muscle cardiaque est d’un rouge brun, et parfois très résistant, comme revenu sur lui-même.» Mais le plus souvent, dans le cas qui nous occupe, « le tissu musculaire du cœur atrophié présente une dureté et une consistance spéciales, ainsi qu'à ia coupe un éclat cireux et un aspect rougeâtre, comme translucide. Au microscope, on trouve alors que les stries transversales des fibres primitives sont en voie d’effacement, ou même ont complétement disparu, ainsi que les noyaux de la fibre musculaïre. Cette altération du myocarde, qui s'accompagne souvent de pigmentation, est surtout le fait de la cachexie chronique engendrée par le cancer et la tuberculose. » (1)
Tel est l’état du cœur chez les malades qui succombent à la tuberculose ulcéreuse chronique, à marche lente, torpide.
Mais il s’en faut que le cœur présente toujours cet aspect, et sans parler ici de la phthisie fibreuse ou de la phthisie aiguë (nous avons dit plus haut ce qu'il faut en penser), on observe parfois, dans le cours de la tuberculose ulcéreuse chronique, une dilatation du ventricule droit, avec épaississement de la paroi musculaire. En voici un exemple remarquable:
(1) Peter. — Traité clinique et pratique des maladies du cœur et de la crosse de l'aorte.