Quelques considérations sur le myxome lipomateux de la cuisse
Nous nous proposons, dans ce travail, d’esquisser l’étude d’une variété de tumeurs encore peu connue, dans laquelle on rencontre, associés et évoluant côte à côte, deux tissus de souche conjonctive : le tissu muqueux et le tissu adipeux. Cette tumeur mixte mérite généralement par ses caractères anatomiques le nom de lipome myxomateux ou myxo-lipome.
Ayant eu l’occasion d’observer un volumineux myxolipome de la cuisse, en suivant la visite et les leçons cliniques de M. le professeur Poncet, nous avons essayé, sur les conseils de ce maître bienveillant, de grouper quelques observations analogues et de faire de cette variété de néoplasmes l’objet d’une description spéciale.
Notre intention n’est pas d’étudier le myxome lipomateux dans toutes les régions du tissu cellulaire ; nous nous en tiendrons seulement aux tumeurs se développant au niveau de la cuisse, spécialement à la face interne, région qui semble d’ailleurs être pour elles un siège de prédilection. Nous aurons en vue une tumeur qui le plus souvent se trouve assez nettement encapsulée et bien ci r-
conscrite, mais qui peut aussi parfois affecter la forme diffuse.
La rareté relative de ces sortes de néoplasmes, les considérations concernant leur nature, leur évolution, les difficultés souvent très grandes de leur diagnostic, semblent autoriser à leur consacrer une étude particulière et à leur accorder une place dans le groupe des tumeurs de la région fémorale.
L’histoire clinique de ces tumeurs est encore très obscure et nos recherches nous ont montré combien ce sujet a été peu étudié jusqu’à ce jour. Ce sera notre excuse pour les imperfections nombreuses de notre description et les lacunes qu’elle laissera subsister après elle.
Avant de commencer l’exposé de ce modeste travail, notre premier devoir est d’exprimer à nos maîtres de la Faculté et des hôpitaux notre profonde gratitude pour les savantes leçons et les précieux conseils qu’ils nous ont prodigués dans le cours de nos études médicales.
Nous remercions tout particulièrement M. le professeur Poncet de l’accueil bienveillant que nous 'avons toujours trouvé auprès de lui et de l’obligeance qu’il a eue en nous donnant l’idée première de cette étude. Qu’il nous soit permis d’adresser à ce maître l’hommage de notre vive reconnaissance pour l’honneur qu’il nous a fait en acceptant la présidence de notre thèse.
M. le professeur agrégé Gangolphe, chirurgien de LHôtel-Dieu, a bien voulu nous permettre de relater une observation intéressante prise dans son service. Nous tenons à l’en remercier sincèrement.
Merci également aux chirurgiens et médecins de l’Hôtel- Dieu d’Orléans, MM. les docteurs Chipault, Pilate,
Boaurieux, Geffrier, qui pendant le temps que nous avons passé auprès d’eux comme interne, nous ont fait profiter de leur expérience clinique et nous ont toujours témoigné la plus grande bienveillance.
Nous devons aussi un souvenir tout particulier à M. le docteur Villard, l’habile et très distingué chef de clinique du professeur Poncet. Par ses judicieux avis, par son extrême complaisance, il a secondé nos efforts et nous a facilité l’accomplissement de notre tâche. Qu’il veuille bien recevoir ici le témoignage de notre affectueuse gratitude.