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Quelques considérations sur les causes de la mortalité des nouveaux-nés et sur les moyens d'y remédier

En cherchant les causes de la mortalité des enfants confiés aux nourrices, nous mous sommes demandé si l’on s’était suffisamment inquiété de l’état de santé de ces petits êtres à leur naissance et dans lès jours qui suivent.

Que la femme qui accouche veuille garder ou abandonner son enfant, il se passe toujours un temps plus ou moins long entre le moment de la naissance et celui où mne nourrice se charge de l’enfant; et pendant cette période, il n’en aura pas moins eu à lutter déjà contre des causes puissantes d’affaiblissement, parmi lesquelles l’alimentation insuffisante, ou non appropriée à son état, joue un grand rôle. 11 sérail, en effet, injuste d’accuser toujours les nourrices d’être la seule cause de la mortalité des enfants, qu’on leur remet si souvent dans un étal de santé pitoyable.

Grâce à notre position d’internes, à la Maternité, aux Enfants-Assistés et dans le service d’accouchement de l’hôpital Saint-Louis, nous avons pu recueillir de nombreuses observations sur cette première période de la vie des enfants, et nous prenons la liberté de venir soumettre à l’Académie le résultat de nos recherches.

Nous avons employé le système des pesées, que l’un de nous a vu fonctionner à la Maternité, sous la direction intelligente de M. Hervieux et de Mn™ Alliot, qui onl

bien voulu nous faire proliter de leur grande expérience el nous montrer les bons résultats qu’ils en avaient obtenus.

M. le professeur Nalalis Guillot a le premier, dans un mémoire publié dans I'Unios Médicale (février 1852), démontré l’utilité des pesées chez les enfants nouveau-nés. Mmc Aliiot , sage-femme en chef de la Maternité, a introduit, dans cet établissement, l’usage de la balance.

Ce moyen fut le point de départ de recherches d’une exactitude parfaite, entreprises par un de nos anciens collègues, M. le docteur Bouchaud.

De concert avec son chef de service M. Hcrvieux, et avec Mme Aliiot, il étudia les rapports qui pouvaient exister entre la santé de l’enfant et son poids. Il a consigné ses recherches dans sa thèse inaugurale intitulée : De la mort par inanition, et études expérimentales sur la nutrition chez les nouveau-nes (1864). Nous ne croyons pouvoir mieux faire, pour donner une idée exacte du système des pesées, que nous cherchons à vulgariser, que de montrer comment M. Bouchaud a su tirer parli des chiffres obtenus par la balance dans les conclusions de la première partie de sa thèse :

L’enfant qui vient de naître présente, pendant les deux premiers jours, une diminution d’environ 100 grammes du poids de sa naissance; ce qui correspond à 1 cxci étion du méconium. A partir du troisième jour, l’enfant gagne de nouveau ce qu il a perdu; en sorte que du quatrième au septième jour, il a repris son poids de naissance. A partir de ce moment, l’enfant doit augmenter de 20 à 25 grammes par jour pendant les quatre premiers mois, et de 10 à 15 grammes après les cinq premiers mois. En sorte qu’un enfant pesant 3 kil. 250 à sa naissance, doit peser 9 kil. à 1 an. L’augmentation de poids pendant les quinze premiers mois peut elie repiesentée par une progression arithmétique dont le premier terme est 7oO, le deinier 200, et la raison 50 grammes.

La tetée est de moins de 50 grammes pendant le premier joui' de la vie, le colos- Irrnn étant peu abondant; elle est de 150 gramme? le deuxième jour, de 400 gr. le troisième. A partir du cinquième jour, l’enfant prend 550 grammes, et il continue ainsi à prendre de 550 à 750 grammes par jour pendant les quatre premiers mois. Puis la tetée est de 850 à 950 grammes du cinquième au neuvième mois. L’enfant qui ne prend que 400 grammes de lait par jour reste stationnaire.

Le poids moyen de la tetée est de 3, 15, 40, 55 grammes les quatre premiers jours. Du premier au quatrième mois, le poids moyen est de 60 à 80 grammes. Du cinquième au neuvième mois, il est de 100 à 130. L’enfant tette huit à dix fois les premiers jours; plus lard, six à sept fois. Les poids et les chiffres que nous venons de donner représentent l’état normal de l’enfant; dans ce cas, les signes extérieurs sont les suivants : embonpoint, coloration, fermeté des téguments, urines abondantes, selles d’un beau jaune et homogènes (360 grammes en vingt-quatre heures). Mais si la quantité de lait ingéré est augmentée ou diminuée, on voit de suite sur- 1

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