‹ Quelques considérations sur les causes de la mortalité des nouveaux-nés et sur les moyens d'y remédierChapitre 3 sur 9 · à 2,500 grammes · texte numérisé non relu

à 2,500 grammes

16 enfants.

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Ce qui représente un total de .

286 enfants.

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Donc, pour la majorité des enfants, le poids varie de 3,000 à 3,500.

Les poids que présentent les enfants à leur sortie de l’hôpital, pourront être divisés en trois séries, selon que les enfants ont présenté une augmentation ou une diminution sur leur poids de naissance, ou qu’ils sont restés stationnaires.

Sur 286, 115 ont augmenté, 143 ont diminué, 28 sont restés stationnaires, comme on peut s’en assurer par le tableau suivant :

Augmentation. Diminution. Stationnaires.

Totaux.

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Comme on le voit, 1 15 enfants sont sortis avec une augmentation de poids, c’est à-dire en état de prospérité, tandis que 171, ce qui représente une moyenne de pré de 60 p. 100, ont quitté l’hôpital avec une diminution de poids ou un état station naire, ce qui constitue un affaiblissement et un état de souffrance.

La perte de poids a oscillé entre 50 et 300 grammes; la moyenne de séjour est d neuf jours.

Le nombre des filles est à peu près égal à celui des garçons.

Les filles mères sont au nombre de 216, tandis que les femmes mariées n’attei gnent que le chiffre de 70; ce qui représente plus des deux tiers du nombre toto en faveur des tilles mères. Ces dernières ne fournissent pas d’ailleurs plus de mai vaises mères que les mariées, comme on peut le voir, du reste, par les tableaux ci joints où se trouvent résumées nos 286 observations.

Nous avons, autant qu’il nous a été possible de le faire, cherché les motifs qui or amené ces diminutions de poids; mais il nous a été souvent fort difficile d’e riôfprminp.r les différentes causes, vu leur multiplicité.

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>/j En voici l’énumération succincte :

A . Les causes qui dépendent de la mère peuvent être rangées en six catégories :

1° Les mères criminelles refusant d’allaiter leur enfant, malgré toutes les appa- ■inces de bonne nourrice, afin de le voir mourir.

2° Mères malades. Affections puerpérales ; anémie produite par la misère , les tubercules ou une mélrorrhagie; vices de conformation du mamelon, trop court, trop ipais, ou bien présentant des fissures horizontales ou circulaires; engorgement; lihlegmon ; abcès; eczéma; allaitement unilatéral ; montée du lait tardive; arrél subit

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ee la sécrétion lactée.

3° Sous la dénomination de mères mauvaises, nous rangeons quelques primipares, tes femmes de 40 ans, des femmes coquettes qui craignent de se déformer la poirrinc, les femmes douillettes, des mères inexpérimentées et à préjugés.

4° L’allaitement irrégulier. La mère ne donne pas assez de lait ou en donne trop. Ille fait teter d’une manière continue.

5o Allaitement par une nourrice (autre que la mère), dont le lait est trop âgé. fio Allaitement au biberon (1).

B. Les causes tenant à l’enfant sont : l’emmaillottement trop serré; le séjour dans e lit de la mère, ce qui produit des sueurs abondantes; la faiblesse congénitale; la brièveté du filet de la langue; la longueur de l'accouchement.

Parmi les causes qui nous ont paru agir le plus souvent au détriment de l’enfant, nous citerons : l’abus si fréquent de l’eau sucrée qui, remplaçant le colostrum, retarde l’expulsion du méconium et l’établissement des fonctions du nouveau-né. .ijuand l’enfant est mis au sein pour la première fois, il se trouve vis-à-vis de mamelons souvent peu développés, et il est obligé d’exercer des efforts de succion, pour t'ji nmener dans sa bouche un liquide peu sucré et môme assez désagréable, tandis qu’il jvf reçoit et avale très-volontiers de l’eau sucrée. Dans de semblables cas, l’enfant jeûne rendant les premiers jours; l’issue du méconium est retardée, et nous avons )u constater qu’alors le poids de naissance n’était regagné que le septième ou hui- ^dlcième jour. De plus, et comme second effet, l’absence de succion retarde la montée ldu lait, et c’est encore une cause de déperdition pour l’enfant. Aussi avions-nous interdit, dans le service d’accouchement de l’hôpital Saint-Louis, l’usage de l’eau jtlfi sucrée, et faisions-nous présenter les enfants au sein deux heures après leur naistjU -sance. Ce moyen si simple d’empêcher la déperdition, a cependant rencontré dans 'Son application une difficulté inouïe, comme toidcs les fois qu’il s’agit de renverser un préjugé enraciné chez les femmes qui s’occupent d’élever les enfants.

Une autre cause de déperdition existe dans la manière dont on dirige la lactation.

(I) L'allaitement artificiel au biberon, au gobelet, h la cuillerée, tel que nous l’avons vue pratiquer dans les hôpitaux, est une cause presque certaine de mort des nouveau-nés : aussi ne comprenons-nous pas que ce moyen barbare n’ait pas été proscrit des services hospitaliers.

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Aussitôt qu’un enfant pleure, on le met au sein, il Ictle quelques gorgées, puis s’en dort en tenant le bout du sein entre ses lèvres; s’il se réveille en criant un instan après, on lui fait prendre encore le sein.

Cet allaitement irrégulier est une puissante cause de déperdition dans le poidA^ll( des enfants; en effet, l’estomac de l’enfant, comme celui de l’adulte qui vient di manger, a besoin de repos avant de digérer une nouvelle quantité d’aliments. L’en fant qu’on fait leler à chaque instant, en même temps qu’il fatigue son estomac, n< • le remplit que de la partie la plus liquide du lait, car il quitte le sein au momen où la portion caséeuse et vraiment nutritive se présente.

Cette fâcheuse habitude a, en outre, l’inconvénient de laisser presque constamment le mamelon dans la bouche de l’enfant; or, cette succion répétée ramolli l’épiderme et prédispose aux gerçures cl aux ulcérations. Enfin, c’est pour la mènfc: .iis elle-même une fatigue qui peut troubler la sécrétion lactée et agir fâcheusemenl s «rie sur l’enfant. Aussi avons-nous institué l’alimentation réglée et à heure fixe poui pradf nos enfants. Les mères ne doivent laisser leur enfant au sein qu’environ vingt (le- rf ) minutes; et ce n’est que toutes les trois heures pendant le jour, et toutes les quatre heures pendant la nuit, que nous leur permettons de donner à teter, abstraction faite V .. des individualités. Nous tenons aussi à ce que les mères ne gardent jamais près s n» d’elles leurs enfants, qui doivent être couchés dans leur berceau, où on peut les laisser crier sans inconvénients. Ce moyen, qui semble un -peu barbare au premiei abord, vaut bien mieux que celui qui consiste à calmer leurs cris en les berçant ou feti® en les faisant boire. Souvent le liquide qu’on leur donne alors pour les calmer, remplit l’estomac et vient tenir la place de l’aliment réparateur.

Si, maintenant, nous voulions savoir ce que sont devenus les enfants après être sortis de l’hôpital, il nous faudrait les suivre, les uns chez leur mère qui les conserve, les autres aux Enfants-Assistés, et les derniers, enfin, entre les mains de nourrices mercenaires. Eh bien, sur les 286 enfants sortis de Saint-Louis, 171 étaienl dans des conditions hygiéniques plus ou moins fâcheuses : quelques-uns même k ^ étaient en si triste état qu’ils ont dît succomber. Accusera-t-on les Enfants-Assistés ou les nourrices d’être l’unique cause de leur mort? Ne sera-t-on pas obligé de f reconnaître que, à la première étape de leur vie, leur santé avait clé déjà gravement o compromise? C’est justement sur cette première période de l’existence des nouveaunés que nous avons cherché à attirer l’attention, en indiquant les règles à suivre n pour favoriser le développement de ces petits êtres. 11 est vrai de dire que nous avons rencontré bien souvent de grandes difficultés pour faire observer toutes ces règles; la plupart de ces difficultés résidaient dans l’incurie ou la paresse des mères. On ne peut se figurer tout ce qu’il existe de méchanceté, de vices et de préjugés ridicules chez ces femmes. Que de fois nous avons vu l’absence complète de sentiments maternels chez les filles-mères, comme aussi chez les femmes légitimement mariées! Nous étions alors obligés de lutter contre le mauvais vouloir de ces

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ï:‘ - ères, qui laissent leurs enfants mourir de faim. Dans certains cas, nous allions toi éême jusqu’à les mettre à la diète, afin de leur faire comprendre ce que devait soufnr leur enfant quand elles refusaient de lui donner le sein. Lorsqu’on pense que, Ji(i; (jigi’c une surveillance active du jour et de la nuit, nous avons vu des mcies, îcm- ,J« lissant d’ailleurs les conditions physiques d’une bonne nourrice, laisser mourir illontairement leurs enfants d’inanition ! 11 nous a bien fallu reconnaître que cette Et n«te d’infanticide était plus fréquent quon ne pense, et que bien souvent il était eéconnu.

IPour les enfants de la ville, il n’en est plus exactement de même : dans les » imilles , le médecin se retrouve en présence des défauts des nourrices, ainsi que tiUii -s préjugés et des vieilles habitudes des matrones et des mères qui se figurenL m «ujours en savoir plus que lui. Si le médecin a tant de peine à faire observer ant -s règles sages pour l’allaitement dans les villes, que sera-ce donc lorsqu’il W ügira d’exiger de nourrices mercenaires de la province, l’observation de ces preliggt pptes d’hygiène? Nous avons bien de la peine à croire que, malgré la meilleure tanisation administrative, par les simples règles d’hygiène et d’allaitement, telles » 'elles sont en vigueur aujourd’hui, on puisse sauvegarder les intérêts des nouveau- [«5 ss sans y ajouter un moyen facile et certain qui permette de constater et de surl*â iller l’état de prospérité de l’enfant.

■r BEn conséquence, nous proposons l’introduction du système des pesées obligantou i ires comme devant répondre à cette nécessité.

'■S’il nous était permis de formuler ici la manière dont nous entendons l'organiliion de ce système, voici le vœu que nous émettrions :

,v il0 Lorsqu’un enfant sera confié à une nourrice, il sera pesé, cl son poids inscrit V(J. rr son bulletin ;

2° Lorsque la nourrice arrivera dans sa commune, elle remettra à l’employé de ■;I,| utorité son bulletin, qui sera transcrit sur un registre spécial;

, 3<> Toutes les semaines, un médecin-inspecteur se rendra auprès de l’autorité, et .[j. ü nourrices devront toutes présenter leur enfant, qui sera pesé et dont le poids sera (y ‘eationné de nouveau sur le registre susdit (1).

'On comprend que ce procédé montrera clairement, par la série des poids, l’étal d de la prospérité de l’enfant. S’il y a diminution, le médecin s’enquerra de la r, use et jugera si c’est à une maladie,, à un défaut de soins ou à un vice d’alimenton qu’on doit l’attribuer. Or, l’expérience basée sur les récents travaux de . II Bouchaud, Brochard et Monot, ainsi que sur ce que nous avons vu à la Mater-

il) Depuis la lecture de ce travail, nous avons reçu de plusieurs médecins français et étrangers des tfi res relatives U nos conclusions. Ml Brochard, dont nous sommes heureux d’avoir l’avis, ne croit pas

,■ Ül so possible de faire voyager les nourrices lorsqu’elles devront se rendre au pesage C’est aussi

rc opinion pour celles qui sont éloignées du chef-lieu Dans ce cas, pourquoi l’inspecteur n’irait-

jlif*’ as lui-même peser les enfants régulièrement à leur domicile, maintenant qu’il existe des balances

,. lalives?

nilé et à Saint-Louis, prouve que c'est, dans la majorité des cas, au vice d'aimer talion qu'il faut attribuer la déperdition des enfants.

On nous objectera que la nourrice qui aura conscience d’avoir mal nourri so enfant lui fera absorber, avant de l’amener au pesage, la plus grande quantité d liquide qu’elle pourra, et que, par conséquent, le poids actuel ne représentera pa l’élat réel de l’enfant. Nous comprenons fort bien que celte objection vienne à I pensée, vu que cette ruse est quelquefois employée dans nos salles, et presqu sous nos yeux, par des mères qui cherchent à éviter les reproches. A cela il fai répondre : que ce n’est pas 1 e jioids actuel de l’enfant qui doit être pris en conside ration, mais la série des poids pris successivement, qui représente son accroisse

ment. En effet, il ne faut pas oublier que la rétention des garde-robes et des urine

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amènerait encore des causes d’erreurs, si on ne considérait ces légères différence que comme des oscillations imperceptibles sur la totalité de la courbe donnée pt la série des poids

Ce n’est pas seulement pour faciliter la surveillance des nourrices en provinc<|M que nous désirons l’introduction de l’usage eles pesées dans l’éducation des enfants nous pensons qu’une mère peut ainsi contrôler, de loin comme de près, la natui des soins et de l'alimentation qu’elle donne elle-même, ou quelle fait donner à so enfant par une nourrice.

Quel avantage aussi pour le médecin appelé auprès d’une mère qui, n’ayant pa

assezf de lait, croit pouvoir nourrir son enfant, que de lui démontrer, à l’aide d’u moyen pour ainsi dire mathématique, l’insufüsance de l’alimentation prouvée pc-J®* une diminution de poids.

Souvent aussi la balance l’avertira d’un état de souffrance bien avant que le ij©

signes extérieurs aient donné l’éveil d’aucun trouble. Enfin, lorsque le chirurgie se trouve appelé, soit à pratiquer une opération plus ou moins urgente, soit à pare &ei à un vice de conformation, quelle ressource ne tropvera-t-il pas dans la pesée joui Mil nalière, lui montrant que l’enfant se trouve dans une période d’accroissement réel une qui sera une bonne indication pour opérer; tandis que si l’enfant se trouvée 6% décroissance, il en résultera une contre-indication formelle à tenter une opératio 14 immédiate. Puis, une fois l’opération pratiquée, il pourra, grâce à la balance, se fahj^ une idée juste de l’état général de l’enfant.

En un mot, nous sommes tellement convaincus de 1 utilité absolue du moyen que nous ne doutons pas que son emploi, en se généralisant, n’amène les plus heu reux résultats par les modifications qu’on apportera dans l’hygiène et l’alimentatio des enfants.

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