‹ Quelques considérations sur les fractures traumatiques du larynx et leur traitementChapitre 2 sur 3 · IG · texte numérisé non relu

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turc de la charpente cartilagineuse du larynx ; mais est-il nécessaire que la force employée soit considérable? Nous ne le pensons pas, si nous nous en rapportons aux quelques observations que nous avons citées, surtout si les cartilages sont en voie (l’ossification, ce qui n’est pas toujours un effet de l’âge, puisque M. Cruveilhier l’a observée chez des adultes de 30 ans, indépendamment de toute maladie.

Les symptômes de ces fractures ayant été décrits dans les observations précitées, le diagnostic ne présentant généralement pas de difficultés, nous ne nous y arrêterons pas pour insister davantage sur le pronostic de ce genre de lésions et sur le traitement.

La gravité de ces fractures paraît être dans un rapport direct avec l’intensité des symptômes du début , et la conduite que le chirurgien devra tenir semble dépendre, pour nous, de l’aspect plus ou moins grave des premiers accidents. Dans les faits que nous avons pu recueillir, il est évident que, lorsque la mort n’est pas instantanée, comme dans les faits de Plenck et de Martin-Damourette, la fracture se présente tantôt avec un cortège de symptômes effrayants , tantôt avec une physionomie toute débonnaire. Aussi, dans ce dernier cas, l’expectation, le repos et le silence absolus, suffiront-ils comme dans les faits rapportés par (iibb, Piedagnel et Marjolin.

Mais il n’en est jdus de même quand les acci-

tltMits de l'asphyxie sont imminents, lorsque le malade présente dès le début des signes de dyspnée et de suffocation , quand la voix est éteinte, qu’un gonflement de la région du col, joint à de l’emphysème , vient ajouter à la gravité de son état. Nous croyons alors que la temporisation est fatale, et que l’on doit immédiatement pratiquer la trachéotomie.

Que voyons-nous, en effet, dans les observations que nous rapportons ici et où le malade a survécu quelque temps? Sur six cas de fractures graves, nous avons à enregistrer trois morts et trois guérisons. Sur les trois cas de mort (observ. de Gilib, de Gavasse et la nôtre), les malades ont succombé brusquement, l’un trois jours, l’autre vingt-six heures , le dernier quarante-huit heures après l’accident, alors même que l’on pouvait espérer, d’après la rémission des symptômes , une guérison probable. Sur les trois guérisons, sauf celle citée par Gibb et où le traitement consista en applications de sangsues, les deux autres furent obtenues grâce à la trachéotomie pratiquée à temps.

En présence d’un tel résultat, nous pensons que, dans les fractures graves du larynx, dans la généralité des cas, tout retard est nuisible, et que l'opération doit être pratiquée dès le début. Et chaque fois que l’on se trouvera en présence de symptômes aussi graves que ceux que nous venons d’énumérer, il faudra avoir présent à l’esprit

que le malade peut mourir subitement , et au uiomeiit où l’on y pense le moins, dans un mouvement brusque, par exemple, et que l’on a tout avantage à ouvrir la trachée.

Sans doute, l’opération pourra être quelquefois d’une difficulté considérable, comme dans le cas de M. 3îaisonneuve , où le larynx, aplati, écrasé, n’offrait plus aucun des points de repère qui servent de guide à l’opérateur , où les parties molles tuméfiées, ramollies en une masse rougeâtre, confondues enseml)le, formaient une couche épaisse au-devant du conduit aérien; mais les obstacles ne sont pas toujours aussi grands, et avec de la patience et de l’habileté , on ])ourra en triompher.

Serait-ce peut-être le cas d’introduire par la bouche et de laisser à demeure dans le larynx une sonde de gomme de gros calibre, comme le proposait le D' Reybard dans le croup, ou un tube métallique, comme M. Loiseau (de Montmartre), destiné à écarter les fragments et à laisser arriver en même temps l’air dans la poitrine ; ou enfin de pratiquer le tubage du larynx proposé par M. Bouchut, dans la diphthérie laryngée? — Ce procédé, quoique ingénieux, serait-il facilement exécutable?... On n’ignore pas qu’à l’époque où la question du tubage du larynx était soumise à l’appréciation de l’Académie de médecine. Trousseau, dans un rapport sur un mémoire de M. Bouchut, relatif au tubage de la glotte, aflirmait que l’opération du

tubage n’était pas aussi simple à faire que l’avani;ait son auteur; qu’à l’hôpital des Enfants, les mêmes internes qui, plusieurs fois, avaient fait le cathétérisme du larynx, n’avaient pu parvenir à exécuter l’opération du tubage sur le cadavre , et que 31. Guersant lui-même, dont tout le monde connaît l’habileté, n’avait pu y parvenir dans une tentative faite sur le sujet.

Pour nous résumer, au point de vue du traitement , nous classerons les fractures du larynx en deux catégories : les fractures simples et les fractures compliquées.

I. — Les fractures simples, où, comme dans les observations de 3farjolin, de Gibb, de Piédagnel, l’affection a été si légère que les malades y ont à peine pris garde et où le silence et le repos suffiront pour amener un heureux résultat.

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