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voyant T... aussitôt après l'accident, alors qu’il n’y avait pas encore de gonflement, put sentir plusieurs fragments mobiles.
. Le blessé est aussitôt transporté à l'hôpital maritime, à la saïle des sous- -officiers, où le chef de service le voit à deux heures de l aprèsmidi.
Le blessé est dans le décubitus dorsal sans connaissance ; cependant, quand on le questionne à voix haute, ïl profère des plaintes inintelligibles. Le visage est pâle, la respiration bruyante, ronflante ; la paupière recouvre le globe de l’œil, la pupille est contractée. Il y a eu écoulement de sang assez abondant par l'oreille gauche, mais il est difficile de savoir si cet écoulement est accompagné de liquide séreux ; il y a eu également hémorrhagie par la bouche, les fosses nasales ; l’on s'assure qu’il n'y a pas eu de dents brisées et que la langue n'est pas mordue. La paupière supérieure gauche est déjà le siége d’une forte ecchymose qui s’est formée rapidement après la
chute; la paupière inférieure du même côté présente également un
commencement d'ecchymose. Agitation assez marquée ; pas de perte absolue de la sensibilité.
L'examen de la tête permet de constater à la région pariétale gauche une plaie de trois centimètres de long, peu profonde; le doigt introduit entre les lèvres de la plaie ne trouve rien d’anormal et ne permet pas de conclure à une fracture du crâne.
Dès le soir même, on applique successivement quatre sangsues à l’apophyse mastoïde gauche et l’on surveille l’écoulement de sang qui dure pendant une heure et demie environ. On prescrit un lavement purgatif, une potion avec brôimure de potasssium et laurier-cerise, des applications froides sur la tète.
Nuit mauvaise, agitation extrême se traduisant par des mouvements tellement désordonnés des quatre membres, que, par deux fois, l’on est obligé de refaire le pansement de la jambe fracturée.
Lo 6, au matin, le blessé est un peu plus calme, mais ne donne aucun signe d'intelligence aux questions qu'on lui pose; les déjections sont involontaires ; au moyen d’un biberon, on réussit à faire prendre un peu de la potion brômurée, Il n'y a plus qu'un
MÉnUié
suintement assez léger par l'oreille gauche, mais l’ecchymose des paupières est noire. La journée est relativement calme, mais l’agitation reparaît dans la nuit, moins forte cependant que la nuit PUPSE dente. | ( FC Jusqu'au 10, l’état est le suivant : alternatives d’agitation extrême en et d'abattement, actes inconscients, déglutition difficile; traces J'TE 2 d'intelligence quand on interpelle violemment le blessé qui, somme toute, n'a pas compris ies questions posées et retombe aussitôt dans un profond coma. Température, 38 à 38.5. | ht Le 11, nuit des plus agitées : l'infirmier se voit dans la nécessité à d'aller chercher le médecin de garde qui trouve le mémbre fracturé __ entièrement dépansé, dévié au niveau de la fracture et formant arc; l’un des fragments fait une saillie te]le qu’il semble percer les tp ments. T.,. ne semble ressentir aucune douleur. Par contre, le 12 au matin, abattement profond, pouls petit, filiforme, lent. Température à 37 et au-dessous : depuis quelque temps LR l’état est tellement grave qu'à diverses reprises on a cru la mort | proche. |
Pendant la journée, légère amélioration : le blessé ouvre dé yeux pour la première fois depuis sa chute et peut avaler sans étouffement un peu de chocolat et de bouillon. T. 37,6.
A partir de ce moment, amélioration très lente, mais assez régulière ; le calme se fait peu à peu, les nuits sont moins agitées; le malade s’alimente un peu et sort par intervalles de l’assoupissement profond dans lequel il est plongé. Cet état se prolonge avec des alternatives diverses jusqu’au 24 mars, époque à laquelle il y a sensible amélioration : On supprime définitivement la glace sur la tête.
: L'amélioration persiste : le blessé est au 112 quart d'aliments : il y a bien encore une tendance exagérée au sommeil et une paresse intestinale étonnante dont on ne peut triompher que par des lavements purgatifs réitérés ; mais toutes les autres fonctions s’accomplissent régulièrement et à partir du 30 mars, c'est-à-dire 25 jours après l'accident, il serait en pleine convalescence, n’était la fracture grave de jambe dont ilest atteint.
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