‹ Quelques considérations sur les névrités cervico-brachiales dans la tuberculoseChapitre 13 sur 23 · DÙ · texte numérisé non relu

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bien d'une monoplégie d’origine corticale : des granulations tubereuleuses nées le long des artérioles cérébrales avaient déterminé un point très limité de ramollissement au niveau du centre moteur du membre supérieur droit. D'ailleurs. dans ces dernières années, Jofiroy et Achard ont admis la nécrobiose du nerf par artérite oblitérante des vaisseaux nourriciers des nerfs périphériques par analogie avec ce qui se passe au cerveau dans le ramollissement.

Dans les névrites cervico-brachiales que nous. étudions chez les tuberculeux, ce sont bien les nerfs périphériques à l'exclusion des centres qui sont altérés. En effet, les lésions des nerfs, et c'est un fait constant, sont d'autant plus étendues qu'on s’éloigne de leur origine. De plus, elles sont toujours le résultat d’une compression, d’une inflammation ou d'une transformation néoplasique soit du nerf luimême, soit de ses racines, ce qui ne peut jamais ètre que de nature périphérique. Ce sont de telles constatations qui avaient fait penser au professeur Charcot que l’on pourrait peut-être voir dans ces faits une lésion fonctionnelle dynamique de la cellule nerveuse.

Quand ces névrites font leur apparition, même si l'organisme n'est pas encore trop atteint, il ya toujours une infiltration tuberculeuse plus ou moins étendue, amenant symphyse pleurale par épaississement de la plèvre, etnotamment du feuillet pariétal. C'est justement dans la gangue fibreuse de ce feuillet pariétal que se trouventenglobéeslesextrémités termi-

pipes

nales des nerfs intercostaux. Or,dans ces conditions,

la plèvre elle-même contient très souvent des foyers caséeux au contact desquels se trouvent naturellement les nerfs. Et par propagation, ces derniers s’enflamment, se tuberculisent même, et il en résulte de la névrite qui se propage plus ou moins loin, aux plexus voisins par leurs anastomoses et vers la périphérie. Du degré de ces diverses lésions dépend la persistance plus ou moins grande de la névrite. Et

-de même que nous en avons vu cèder après un laps

de temps très court, d’autres nous fournissent l'indice d'une fin prochaine par leur persistance, qui est dûe à des lésions pulmonaires irrémédiables, ne permettant pas aux troubles nerveux de rétrocéder. Telle est la forme de névrite périphérique de cause locale que l’on observe chez les tuberculeux. Elle est en rapport étroit par son siège même avec le foyer unique ou avec le foyer principal des lésions tuberculeuses.

Mais à côtè de cette forme, ilen est une autre dans la phtisie. On a cité de nombreuses observations de polynévrites ou de névralgies localisées, qui surviennent presque toujours à la période ultime, chez des individus cachectiques. Quand un phtisique est atteint d'une sciatique, il n’y a sans doute aucun rapport direct entre cette affection et la lésion de tel ou tel sommet. Il est bien plus logique d'admettre que cette névrite périphérique est ici de cause générale, qu'elle résulte de l'infection, qu’elle est la conséquence de l'imprégnation du nerf par le virus tuberculeux ou

par les toxines qu'il a formées. Il y a nou pas identité, mais analogie entre cette névrite et celle que l’on observe dans l’intoxication par le sulfure de carbone. Les polynévrites de même nature rappellent également celles que l’on rencontre dans le décours ou dans la convalescence d'une maladie infectieuse, quoique ces dernières soient non plus un symptôme dans le cours de l'affection, mais bien une de se$ conséquences.

Récemment d’ailleurs, M. Babinski dans une leçon faite à la Salpétrière exprimait en ces termes la même idée : « Les névrites que l’on observe dans «les maladies infectieuses, tuberculose et syphilis « peuvent sans doute reconnaître pour causes des « agents pathogènes multiples, et par celà même « être caractérisées par des lésions anatomiques di- « verses. On conçoit en effet très bien que parfois des « microbes puissent venir se greffer dans le tissu « d’un nerf. qu'ils provoquent ainsi l’éclosion d’une « névrite infectieuse à proprement parler, et vérita- « blement périphérique ; — que, dans d’autres cir- « constances, les substances solubles secrétées par « un microbe. impressionnent les éléments nerveux « donnant naissance à une névrite qu'on doit qua- « lifier de toxique et qui est peut être d'origine cen- « trale. Mais nous manquons de documents permet- « tant d'apprécier la valeur de ces hypothèses. »

En effet, nous ne nions pas l'existence de névrites périphériques exclusives ; ne peut-on pas admettre. que l'irritation de voisinage d’un tubercule pleural

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sur un nerf ou sur son ganglion puisse déterminer dans ce nerf des lésions directes ? La lésion qui dé-

bute au point irrité ou comprimé par un tubercule

peut s'étendre vers la périphérie seulement et les altérations quien dépendent, peuvent parfaitement se montrer le plus étendues le plus loin du centre : l’altération porterait d'abord sur le névrilème, et le nerf lui-même ne participerait à la lésion que par son extrémité périphérique, cette lésion étant ascendante.

Une telle considération est bien admissible quand il s'agit de névrite cervico brachiale tuberculeuse unilatérale. Mais quand, d’unilatérale, cette affection devient bilatérale dans les conditions présentées par l’observation 1, nous croyons qu’il y a autre chose en jeu que des lésions purement périphériques,

En effet, étant donné que la malade souffrait de son bras droit depuis le 15 janvier 4892, la douleur ayant pour point de départ le 5° intercostal au niveau de l’angle de l'omoplate, nousadmettons que ces troubles nerveux sont dûs à un tubercule pleural ayant provoqué une irritation de voisinage. Mais quand #ou 5 mois après, notre malade présente du côté gauche les mêmes symptômes nerveux dans le bras en même temps que prennent naissance les lésions tuberculeuses au sommet gauche, et que les douleurs ontpour point de départ un pointexactement symétrique, le 5° intercostal au niveau de l’angle de l’omoplate,la même interprétation nous parait difficile. Il ne serait pas

impossible qu’un tubercule pleural ait à cet endroit

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précisément symétrique provoqué une irritation de voisinage. Cependant cette hypothèse ne nous satisfait pas, parce qu'il faudrait une coïncidence sujette à caution, et qui demanderait un contrôle anatomique.

Puisque la névrite brachiale a persisté pendant. 5 mois. c’est que la cause a probablement persisté aussi longtemps et persiste encore. Rien d'étonnant alors à ce que l’irritation tuberculeuse s'exerce non seulement vers la périphérie,mais encore vers les méninges, vers le tissu conjonctif qui se trouve dans le canal rachidien ou même vers les vertèbres. Nous. avons vu en anatomie que les nerfs rachidiens partant de la moëlle, s’entouraientde la pie-mère spinale qui formait le névrilème. Si donc nous supposons que l'irritation de voisinage s’est produite également vers le centre par l'intermédiaire des ganglions intervertébraux, les lésions symétriques que nous avons constatées dans l’observation I s’expliquent d'’ellesmêmes. L'irritation vers le centre a produit soit une sorte de sclérose circonscrite des enveloppes spinales, soit un foyer caséeux dans ces mêmes enveloppes sans agir sur la moëlle.

Cette plaque de pachyméningite spinale, par suite de l'étendue des lésions se trouve située de telle sorte qu'elle a pu agir successivement sur les nerfs des deux côtés ou sur leurs racines nerveuses de façon à provoquer par cette symétrie, des lésions également symétriques dans le membre jusqu'alors indemne. Et dans ce cas la névrite cervico-brachiale consécutive

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