MOTS
mènes pulmonaires, ce qui existe presque toujours. chez les phtisiques quand ils font une poussée aigüe.
Généralement, en effet, les névrites qui succèdent à
une tuberculose à évolution lente ne s'accompagnent
d'aucune réaction fébrile. Elles sont dans ce cas d’un
pronostic plus favorable. Non pas qu'elles soient. toujours susceptibles de guérir rapidement comme le
cas qui le fait le sujet de l'observation IIT, c'est même l’exception, étant rebelles à tout traitement; mais
survenant au milieu d'une poussée aigüe elles aggravent le pronostic (observations IT et V).
Le plus ordinairement ces névralgies sont unilatérales. Quelquefois cependant, quand les deux poumons poursuivent succcessivement une évolution tuberculeuse, elles peuvent être bilatérales. Nous l’avons constaté (observation I) et nous aurons à revenir sur ce fait pour chercher à l'expliquer,
Quelle que soit l'époque de la maladie à laquelle elles apparaissent, qu'elles soient, d'autre part, unilatérales ou bilatérales, ces névralgies localisées aux plexus du membre supérieur se présentent presque toujours avec des caractères identiques que nous. pouvons résumer ainsi : douleurs violentes et continues, engourdissement de tout le membre, difficulté d'effectuer les mouvements qui sont tous douloureux, troubles de la motilité, troubles de la sensibilité, atrophie musculaire et troubles trophiques cutanés. Quelquefois ces phénomènes d'ensemble d’abord, se localisent ensuite à un nerf déterminé qui le plus souvent
AT En
“alors est le nerf eubital, Voici comment les choses se
passent :
Le malade se plaint un matin d'avoir le bras engourdi, avec des fourmillements dans la main qui ont progressivement et en quelques heures atteint l'épaule et le cou. Ou bien, les phénomènes suivent la marche inverse : le malade a ressenti une douleur violente dans l’épaule, douleur quien quelques jours a gagné d'abord le cou, puis le bras, et enfin l'avantbras. C’est alors que quelquefois se produit une localisation sur le trajet du nerf eubital, localisation assez rare d'emblée.
Le malade vous raconte que ces douleurs sont continues, intolérables, empêchant le sommeil, et qu'il ne peut s'appuyer sur le membre atteint. Souvent des élancements ayant pour point de départ l'épaule, s'irradient dans tout le bras. Ces irradiations doulou-
reuses s'étendent en haut dans le cou et la nuque,
dans la région des muscles innervés par le plexus cervical : ce qui résulte des nombreuses anastomoses qui relient le plexus brachial au plexus cervical. Quand on examine le membre on constate une hyperesthésie très accentuée :; le moindre frôlement sur la peau est intolérable, et la pression des diverses masses musculaires exaspère tous les phénomènes douloureux.
Valleix avait donné en 1841 les points douloureux de la névralgie cervico-brachiale, qui étaient au nombre de cinq : axillaire, à la partie supérieure du
creux de l’aisselle ; — épitrochléen; —cubito-carpien ;
ces
— radial supérieur ; — cervical inférieur. Mais ces points sont dans le cas présent difficiles à déterminer, les douleurs étant continues et parox ystiques. C’est d’ailleurs ce caractère qui permet de penser à autre chose qu'à une névralgie, à une névrite.
Beau avait aussi étudié ces douleurs qu'il dénommait « arthralgies » ; Barbereau les appelait « mélalgies » et ces deux mots rendent bien le caractère vague, sans délimitation bien nette de cette affection. Beau regardait même les douleurs névralgiques provenant des névrites intercostales et s'irradiant au membre thoracique par l'intermédiaire du premier nerf dorsal comme un symptôme constant de la tuberculose. Il fut ainsi amené à « essayer de provo- « quer directement ces douleurs en exerçant une « pression modérée sur l'extrémité antérieure ou «strenale des premiers espaces intercostaux, et alors. « j'ai pu m'assurer, dit-il, que les douleurs des 3 ou « À premiers espaces intercostaux existaient dans la « phtisie à titre de symptôme constant et habituel. » C’est peut-être aller un peu loin, mais on peut parfois le constater.
Ces douleurs arrivent rapidement à empêcher tout mouvement spontané du bras ; si on provoque ces mouvements, on constate d'abord qu'ils sont très limités et cela, par le fait même des vives souffrances auxquels ils donnent lieu. Nous avons vu (observation III) que l'importance du membre atteint était telle que pour manger la malade dût se servir de son bras gauche ; et encore chez elle, les phénomènes furent-