CONCLUSIONS
1° Le terme de « prostatiques sans prostate » désigne la plupart du temps des malades ayant des altérations du col de la vessie et des glandes péri-uréthrales situées entre le véru montanum et l'orifice cervical.
2° On trouve dans ces cas les lésions suivantes :
a) Les glandes sont le siège, soit d’un développement exagéré, soit de petits adénomes faisant saillie sous la muqueuse cervicouréthrale.
b) Les tissus propres du col, tissus musculaire, fibreux et muqueux, sont eux aussi hypertrophiés et plus développés que normalement.
c) Les lésions sont associées dans des proportions variables. Tantôt c'est l'adénome qui prédomine, tantôt au contraire l'hypertrophie des autres éléments l'emporte.
d) Le plus souvent elles siègent uniquement sur la lèvre postérieure du col et sur la paroi postérieure de l’urèthre ; parfois elles sont étendues à la lèvre et à la paroi antérieures.
e) Par suite de ces lésions, le col devient rigide, scléreux, inextensible ; il constitue un obstacle à la miction spontanée et lui seul est la cause des accidents observés.
3° L’affection se traduit cliniquement par des phénomènes de prostatisme, fréquence des mictions et dysurie, et de rétention chronique, incomplète d'abord, mais pouvant devenir complète et aboutir à la distension vésicale.
L'examen physique montre l'absence d’hypertrophie de la prostate au toucher rectal; à la cystoscopie ou à l’uréthros-
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copie on constate la surélévation du col et la saillie, sous la muqueuse de sa lèvre postérieure et de l’urèthre sus-montanal, de petites masses adénomateuses, enfin la présence dans un même champ cystoscopique du rebord du col et de l’orifice urétéral correspondant.
4v Le diagnostic de ce prostatisme par obstacle cervical ne doit être posé qu'après examen complet de l'appareil urinaire et du système nerveux. On n'y pensera qu'après être certain que le malade n’est pas un tabétique, un médullaire, un porteur de rétrécissement uréthral ou de cancer prostatique.
5° Le traitement de l'affection est encore actuellement en discussion. On a utilisé surtout les traitements endoscopiques et les traitements chirurgicaux. Les premiers, réservés aux spécialistes de l’endoscopie, sont peut-être les traitements d'avenir. Les seconds, les plus employés, consistent dans la divulsion, lä section, ou l’ablation du col vésical. Chacun de ces procédés a donné d'excellents résultats ; l’ablation complète met plus sûrement à l'abri de toute récidive ultérieure, mais la section ou la trakélotomie de la lèvre postérieure est ordinairement suffisante dans la majorité des cas, car les altérations ne dépassent pas en général les limites de la lèvre postérieure.
Vu :
Le Président de Thèse, LEGUEU.
Vu :
Le Doyen, ROGER.