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sans augmentation de volume de la prostate; il incrimina
comme élément étiologique la sénilité, l'alcoolisme et surtout l’artériosclérose.
Dans la suite, la question fut l'objet de nombreuses études
et discussions ; les publications de Desnos, Rochet, Albarran
et Noguès en sont les principales.
Dès lors, l'affection était bien connue comme syndrôme
clinique. Restait à en préciser les lésions et la pathogénie.
Ciecanowsky attribua à la dégénérescence du muscle vésical, le rôle principal dans la rétention sans hypertrophie prostatique ; mais, son opinion fut combattue par Motz et Arrèse, qui établirent que les altérations musculaires n'étaient nullement la cause des accidents constatés. L'étude d’Albarran et Noguès sur les rétentions d'urine sans obstacle mécanique, incrimine surtout des troubles de l’inhibition, qui produisent non seulement le défaut de relâchement du sphincter interne du col, mais aussi le défaut de contraction du muscle vésical.
En Allemagne, on attribuait le prostatisme vésical à l'atrophie de la prostate, survenant sous diverses influences ; la principale forme était l’atrophie sénile, constatée après la cinquantaine et causant le prostatisme dans des proportions variables, 21 % dans la statistique de Grosglick. Pour cet auteur, de même que pour Barth et Burkardt, la preuve de l’atrophie prostatique était donnée par la petitesse de la masse enlevée opératoirement ; il s'agissait donc, pour eux, d’atrophie de la glande. Il y a, dans la terminologie allemande, une erreur dont Paris a fait justice dans sa thèse en 1914. Le terme d'’atro-
‘ phie de la prostate employé en pareil cas, est absolument
impropre, puisque ce n'est pas la prostate qui est lésée, mais les glandes périuréthales sous-cervicales. Il n’y a donc pas de raison pour que la prostate soit atrophiée, et le terme d'atrophie ne peut que créer de la confusion,
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Les auteurs américains donnèrent une pathogénie toute différente de l'affection. Pour eux, lé prostatisme vésical est dû à
un état de contracture chronique du col de la vessie, explication
déjà notée par Civiale. La contracture surviendrait à la suite
d'un processus inflammatoire ou sans cause, due alors à une .
rétraction du col.
Cependant, tous les chirurgiens n'étaient pas convaincus par
les explications données. Motz et Arrèse avaient déjà mis en doute le prostatisme vésical. En 1912, Zuckerkandl s'élevait
contre la théorie de l’atrophie prostatique et se disait persuadé
que, dans bien des cas qualifiés afrophie de la prostate, il s'agissait tout simplement de petits adénomes sous-muqueux
du col vésical. La même année, Marion publia, dans le Journal
d'Urologie, une étude dont il concluait que si l’on soumettait à l'examen cystoscopique les sujets présentant des symptômes
de prostatisme vésical, on constatait des lésions minimes du col ou de l’urèthre prostatique, en particulier de petits
adénomes sous-muqueux.
En 1913, la question fut remise à l’ordre du jour par Escat dans son rapport à l'Association française d’urologie sur la rétraction du col vésical. Escat est d’ailleurs revenu au Congrès d’urologie de 1920 sur la même question et sur la conduite à tenir en présence de tels madades. Depuis lors, l’école de Necker a apporté une importante contribution à l'étude de ce même sujet, et Legueu en particulier. a fait part, dans plusieurs écrits, de son opinion dont nous rendrons compte plus loin.
Ainsi donc, le prostatisme sans prostate, après avoir été l’objet d’études cliniques puis anatomo-pathologiques, est arrivé à se faire une place dans la pathologie urinaire. Dès maintenant nous pouvons dire que, s’il persiste encore des imprécisions à son sujet, on est parvenu à le connaître assez pour diriger contre lui une thérapeutique efficace.