ÉVOLUTION DE LA QUESTION
On connaissait, depuis très longtemps, les déformations du col vésical pour les avoir trouvées à l’autopsie ou pendant l’opération de la taille ; mais, ce fut en 1830 que Guthrie signala
la différence entre les déformations du col dues à une hypertrophie du lobe moyen de la prostate et celles dues au déve-
loppement d’un repli muqueux ou fibreux intérurétéral, qu'il.
désigna sous le nom de barrière au col de la vessie.
Civiale, étudiant la stagnation d'urine, fit remarquer que, si très souvent ce symptôme et l’atonie vésicale concomitante étaient dûs à une hypertrophie de la prostate, il y, avait des cas où ils existaient sans lésions prostatiques notables ; 11 expliqua ces derniers faits par l’atonie primitive de la vessie, cause de tous les accidents.
Quelques années plus tard, en 1844, Mercier, chirurgien français, s'attacha à l'étude des rétentions d'urine, et il décrivit, sous le nom de valvules du col, les obstacles à la miction dus à une hypertrophie musculaire ou au développement d’un lobe prostatique médian. D'après lui, cette hypertrophie musculaire ou glandulaire repoussait en avant la lèvre postérieure du col vésical, mettant ainsi obstacle à l'évacuation de l'urine. Mercier inventa même un instrument destiné à couper comme à l'emporte pièce les tissus hyperplasiés.
Enfin Guyon décrivit, dans ses leçons cliniques, le prostatisme vésical et groupa, sous le nom de « prostatiques sans prostate », les malades ayant des symptômes de prostatisme