SYMPTOMES FONCTIONNELS
Les malades viennent se plaindre, comme en cas d’hypertrophie prostatique, de dysurie et de pollakiurie. Les mictions deviennent difficiles, nécessitent des efforts ; elles augmentent progressivement de fréquence en diminuant d’abondance ; le jet perd sa force. La nuit, les symptômes s’accentuent et le malade est réveillé plusieurs fois par un pressant besoin d'uriner.
A une période plus avancée, les envies d’uriner deviennent continuelles, le malade n'émet à chaque fois que quelques
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gouttes d'urine ; ou bien il survient une rétention qui l’oblige :
à employer les sondages. Ces phénomènes n'ont rien de spécial et font penser chez un homme de la soixantaine, au début d’une affection prostatique. Nous ne voulons pas en parler davantage ;
ils ont été décrits avec tant de minutie par de nombreux auteurs, en particulier par Guyon, qu'il serait importun d'y.
insister.
Disons plutôt quelques mots de la rétention, qui est un des
symptômes capitaux de l'affection. Il est à remarquer que dans 2
la plupart des cas elle est chronique, incomplète au début, devenant à la longue complète si l'on n’oppose aucune thérapeutique à la maladie. Nous avons trouvé plusieurs fois dans nos observations et celles que nous avons lues, un accident de rétention aiguë. Dans les autres cas, qui sont la très grande majorité, la rétention s’est installée insidieusement, à l’insu des malades. Elle a débuté par une petite quantité et s'est accrue progressivement jusqu’à atteindre un chiffre notable, 200, 500, 800 centimètres cubes. Finalement la rétention devient complète ; alors le malade doit avoir recours aux cathétérismes ou à l'intervention chirurgicale.
I1 est un point sur lequel Legueu a insisté, c’est que les petits adénomes sont, plus souvent que les gros, cause de rétentions chroniques. Récemment, il donnait dans une statistique, 68 % d'adénomes au-dessous de 30 grammes en cas de rétention chronique complète, et 56 % en cas de rétention chronique incomplète. Et il ajoutait que les petits adénomes donnent lieu à des symptômes cliniques plus graves que les gros, les troubles fonctionnels et la rétention étant en rapport non pas avec le volume ou la forme de l’adénome, mais avec sa situation endouréthrale ou cervicale.
L'incontinence primitive sans rétention, qui a été considérée comme signe d’hypertrophie prostatique par certains auteurs, doit être très rare et serait due, d’après Albarran, « à la pré-
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sence d’un lobe moyen s’enfonçant comme un coin entre les lobes latéraux qu'il écarte, laissant de chaque côté une rigole uréthro-vésicale toujours ouverte ». Elle n’a été notée qu'une fois dans les observations que nous avons recueillies.