‹ Quelques considérations sur les rétractions de l'anneau de Bandl, en particulier au-dessous du fœtus tout entier et dans certains cas de paludismeChapitre 15 sur 47 · Bar. Journal des Praticiens, 1906, p · texte numérisé non relu

Bar. Journal des Praticiens, 1906, p

2. Bumm et Blumreich ont cependant récemment rapporté le cas suivant (cadavre congelé de femme morte d’embolie au cours du travail) :

« En dehors de quelques plis secondaires dus à la pression soit des parties fœtales, soit des rebords osseux du pelvis maternel, on trouvait dans la moitié postérieure de l’utérus un anneau de contraction très net dont la nature active était indiquée par le pelotonnement des fibres musculaires à son niveau. En avant, cet anneau venait se terminer sur les bords du placenta qui oc-

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Jusque-là, à sa limite supérieure, l’anneau de Bandl est fort vague et l’on ne peut guère le retrouver qu’au moyen de points de repère précieux et assez précis.

C’est en effet à ce niveau que le péritoine, fixé sur le

cupait la face antérieure et au-dessous duquel on ne percevait plus de relief musculaire annulaire. Les rapports avec la partie adhérente du péritoine utérin étaient un peu différents de ceux que l’on indique d’ordinaire : en avant il était bien situé au niveau du bord supérieur de la symphyse et du cul-de-sac vésico= utérin, mais en arrière le péritoine demeurait adhérent à l’utérus jusqu’à 1 cm. 1/2 au-dessous de l’anneau.

L’étude histologique de la paroi utérine au-dessus et au-dessous de ce relief musculaire montra qu’au-dessus — dans le corps de la matrice, —les glandes étirées avaient presque toutes perdu leur épithélium dont on ne trouvait plus dans leur lumière que quelques éléments dégénérés. Au-dessous de lui, par contre, les glandes étaient assez bien conservées, mais celles qui occupaient le segment inférieur étaient plus allongées et avaient un épithélium plus aplati que les glandes du col, lequel était encore reconnaissable sous forme d’un bourrelet long de 1 em. 1/2. Vu la ressemblance des glandes dans ces deux régions de l'utérus placées au-dessous de l’anneau, on pouvait déjà penser que leur origine était identique, c’est-à-dire que les unes et les autres provenaient du col, étant donné surtout que dans le segment dit inférieur,on ne retrouvait plus de décidua. Cependant l’étirement des culs-de-sac glandulaires et l’aplatissement de leur épithélium pouvaient laisser subsister un doute, Mais sur un point où la partie supérieure du col, bien que fermée, était évasée, on constatait ce même aplatissement de l'épithélium, ce qui permet de conclure que le phénomène en question est simplement dû à la compression des glandes par le sac fœtal durant les derniers mois de la grossesse. Le segment inférieur offrirait donc la même constitution que le col et se développerait par étirement progressif de ce dernier, » /n Semaine médicale, 1906, p« 390,

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corps utérin par un tissu cellulaire lâche et extensible, passe sur le segment inférieur avec lequel il contracte des adhérences intimes suivant un cercle transversal, la ligne d’attache fixe du péritoine. Les travaux d’Hofmeier, Benckiser, Bar, Hoffmann, Thiede, Kustner ont bien précisé ce point.

Au même niveau, il existe également une veine cireulaire ; de plus, deux branches transversales de l’artère utérine cheminant parallèlement à la veine s’anastomosent entre elles, formant ainsi un cercle artériel complet, le cercle de Huguier.

Signalons cependant en passant que Fredet décrit au contraire à ce même niveau une zone exsangue (Rieffel).

Jusqu’aux derniers mois de la grossesse, aucun relief nettement marqué ne permet de localiser exactement l’anneau de Bandl. Les coupes pratiquées à ce moment donnent des résultats assez peu concordants. « Tantôt la paroi du muscle utérin présente un épaississement graduel, commençant un peu au-dessous de l’anneau pour s'arrêter vers le corps utérin qui conserve ensuite sensiblement les mêmes dimensions »; et c’est la disposition que l’on peut voir sur les planches de Schrôder (1) et d'Hoffmeier. Tantôt au contraire, comme le montrent les coupes de Waldeyer, (2) Braüne (3) et

1. Scurôoer, .T'afeln des schwangeren und Kreisender Uterus. Bonn, 1886.

2, Wazvever. Median schnitlt einer Hochschwangeren bet Steisslage des fœtus. Bonn, 1886.

3. Braue. Des rapports de l'utérus el du fœtus à la fin de la grossesse. Leipzig, 1872.

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Zweiïfel (1), « le muscle utérin présente une épaisseur qui reste la même dans toute son étendue ». Dans ces cas, la force contractile du muscle n’avait pas encore mis en jeu l’élasticité du segment inférieur (Chéron). L'on a même signalé des cas où l’épaisseur de cette région, comme du corps utérin, était moindre que celle du segment inférieur (Hoffmeier, Pinard et Varnier). Mais c’est là l’exception.

Des renseignements plus précis peuvent être demandés à l’exploration digitale directe, suivant le procédé qu’employait Blanc. Il permet de déceler très aisément et trèsexactement l’anneau de contraction, mais ce n’est pas une manœuvre absolument inoffensive; elle a pu provoquer quelquefois le travail. En exerçant des pressions à l’aide du doigt au niveau présumé de la région, on fait apparaître «un anneau musculaire saillant, séparant nettement la paroi du corps utérin de celle du segment inférieur beaucoup plus mince et relâché. Cette saillie varie de l’épaisseur d’une plume d’oïe à celle d’un gros doigt de la main ou du pouce. » En même temps l’on sent ce bourrelet remonter vers l'abdomen, et de ce fait l’étendue du segment inférieur augmenter sensiblement. « Dans certaines conditions, il peut arriver que cette saillie musculaire forme un véritable diaphragme qui ne peut admettre qu'un ou deux doigts et

soulève la partie fœtale. Pour que ce phénomène appa-

1, Zwerrez. Gefrierdurschnitte in syslematischer Anordnung durch Korper einer Hochschwangeren geführt. Zwolff, Tafeln, Leipzig, 1890.

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raisse ainsi avec toute sa netteté, cet examen doit être pratiqué chez des multipares, avant que la partie fœtale ne soit engagée (1). »

C’est pendant le travail que les modifications dues à l’anneau de Band! acquièrent leur maximum de netteté et de précision. Les coupes de Braüne(2), Barbour (3), Benekiser (4), Acconci (5), citées par Chéron montrent clairement que l’anneau peut constituer « une vraie bande contractile » faisant une saillie fort nette dans la cavité utérine.Ce phénomène est d’ailleurs loin d’être constant,et un grand nombre de coupes, pratiquéessur des femmes mortes en plein travail n’offrent aucune trace de cet étranglement. L'on peut penser que la rareté de cette disposition doit être due au relâchement post mortem du muscle utérin, abstraction faite, bien entendu de la cause d’erreur qu'est la rigidité cadavérique. En fait, l’on a vu souvent l'extraction d’un fœtus que rendait impossible la rétraction de l’anneau de Bandl tant que la mère était vivante, devenir possible

et même facile après la mort de celle-ci. Mais il est .

1. Branc. De l'exploration clinique du segment inférieur pendant la grossesse et les suites de couches. Vouvelles Archives d’'Obstétrique et de (rynécologie. Décembre 1887. Janvier 1888.

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