‹ Quelques considérations sur les rétractions de l'anneau de Bandl, en particulier au-dessous du fœtus tout entier et dans certains cas de paludismeChapitre 26 sur 47 · PALUDISME, QUININE ET ANNEAU DE BANDL · texte numérisé non relu

PALUDISME, QUININE ET ANNEAU DE BANDL

Nos observations 2, 3, 16, 17 ont trait à des femmes paludéennes traitées par la quinine. Nous n'avons retrouvé nulle part de cas analogues et ceux-ci nous ont paru suffisamment intéressants pour mériter vraiment qu'on leur consacre quelques lignes.

Envisageons d’abord isolément les deux facteurs en présence. La quinine est préconisée depuis longtemps comme ocytocique et son action accélératrice est déjà signalée dans les premières éditions du petit guide d'accouchement de Pénard et Abelin. Elle fut même accusée longtemps de pouvoir provoquer le travail et son emploi était proscrit chez les femmes enceintes. Elle possède bien en effet, pour certains sujets particulièrement prédisposés, mais ils sont très rares, des propriétés hémorrhagipares. Les expériences de Tarnier qui donnait jusqu’à # grammes de quinine pendant deux jours à ses parturientes, les expériences de Campbell,

Balker, Chiara qui n’obtinrent eux aussi aucun résul-

SEP ar tat, la pratique courante des pays où règne le paludisme montrent bien que la quinine est impuissante à cile seule à provoquer le travail, qu’elle n’exerce aucune influence sur la marche de la grossesse, non plus que sur la vie du fœtus, à moins, bien entendu, d'arriver aux doses toxiques. Mais iln’en est plus de même lorsque le médicament est administré après le début du travail. Cordes puis Schwab (1897), l’ont alors de nouveau récemment préconisé, et les observations de celui-ci paraissent probantes. Nous avons eu nous-mêmes l’occasion de voir à la maternité d'Alger un certain nombre de cas où l’administration de la quinine régularisa et accéléra nettement un travail un peutraînant. Pinard aussi admet que « le sulfate de quinine ne provoque pas de contractions utérines, mais exerce une action manifeste sur la contrac{ilité de l’utérus pendant l'accouchement ».

Cependant, si comme le dit cet auteur, il existe pendant les trois derniers mois de la grossesse des contractions indolores, la plus grande prudence s’impose à son emploi.

Au point de vue pharmacodynamique, l’on constate

à la suite d’une injection hypodermique d'un sel de quinine une augmentation de l’énergie de la contractilité musculaire, à dose faible ; à dose élevée, une diminution de l'énergie et un ralentissement de la contractilité; cette diminution n’est pas due à une action directe sur l'élément musculaire, mais à un commencement de paralysie du système nerveux, car si l’on porte sur le muscle une excitation directe, il réagit nor-

malement. L'action sur les muscles lisses est la même,

MT Rs mais à dose plus élevée. Les artères présentent d’abord un certain degré de vaso-constriction, puis une vasodilatation consécutive (Pouchet).

Sil’on n’est pas encore extrêmement fixé sur le mécanisme intime de cette action, du moins semble-t-il possible de déduire des données précédentes, que la quinine doit agir surtout par excitation, puis à dose élevée par paralysie du système nerveux, indépendamment d’une très faible action locale possible, de par son pouvoir notoirement irritant et la légère influence qu’elle exerce sur les vaisseaux. Quoi qu'il en soit, à la dose de 2 grammes (Maurer) (1), de 1 gramme (Schwab), de 0,60 centigrammes et quelquefois 0,90 centigrammes « chez des femmes très grasses ou lymphatiques très molles », dit Laffont (2) qui n'aurait jamais eu d'insuccès et à condition de fractionner les doses,ce médicament paraît exercer une action fort nette, et à laquelle onn'a signalé jusqu'ici d’autre inconvénient que parfois l'ivresse quinique : « il renforce, il réveille les contractions, mais dans l’intervalle des douleurs, la consistance du globe utérin à la palpation est la même que lorsqu'on n’en a pas administré; en cela consiste le grand avantage de la quinine sur l’ergot de seigle.Ni la délivrance, ni les suites de couches ne sont modifiées (2). »

L'influence fâcheuse du paludisme sur la marche de la grossesse est beaucoup plus connue et depuis fort

longtemps: Hippocrate signalait déjà, comme une des

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