INTRODUCTION
< Bien que l’accouchement soit une fonction naturelle et que le plus souvent les ressources de l’organisme suffisent à son accomplissement, il est une foule de circonstances qui peuvent troubler l’œuvre de la nature, la rendre difficile, dangereuse ou même complètement impossible... Dans les conditions en apparence les plus heureuses, on peut voir tout à coup se manifester des accidents qui, par leur gravité, peuvent compromettre les jours de la mère et ceux de l'enfant, peuvent rendre même complètement impossible l’œuvre de la nature » (1) ; et certes, s’il est une forme de dys- -tocie à laquelle s'adaptent admirablement ces mots qu'écrivaient Cazeaux et Tarnier en 1880, c'est bien celle qui fait le sujet de notre thèse inaugurale, la rétraction de l’anneau de Bandli.
Notre intention n’est pas, assurément, dans ce très modeste travail, de reprendre toute la question. Elle
1. Cazraux er Tarnier. T'railé lhéorique el pralique de Paré des accouchements.
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est maintenant beaucoup trop vaste, et d’ailleurs un grand nombre de travaux remarquables semblent l'avoir mise actuellement au point ; dans la mesue du moins où il est possible de mettre au point une question, et surtout d'ordre médical, dans l’état actuel de la science. Mais appelé au cours d’un de nos remplacements auprès d’une parturiente chez laquelle le travail s’éternisait sans avancer, alors que rien ne pouvait faire prévoir quelque difficulté à son accouchement, nous fûmes surpris de nous trouver en présence d'une rétraclion de l’anneau de Bandl au-dessous du fœtus tout entier. Nous ne connaissions pas alors cette forme de rétraction. Fortement intéressé par ce cas, nous eûmes la curiosité de rechercher ensuite, et sur les conseils de notre maître, le D'Goinard, ce que l’on avait pu dire de cas analogues. Nous trouvâmes facilement une littérature extrêmement riche sur la dystocie par contracture de l’anneau, maïs nos recherches furent beaucoup moins heureuses pour cette variété spéciale de la rétraction ; elle n’a donnélieu, du moins à notre connaissance, à aucun travail d'ensemble. Et cependant, le fait pour la partie fœtale en présentation de n'avoir pas encore franchil’obstacle au moment de l’examen dela malade ou de l'intervention donne à cette variété de rétraction une physionomie clinique assez particulière ; cette situation même, sus-bandlienne, de la présentation, en rapport direct avec le corps mème du musele utérin, mais qui laisse libre le segment inférieur, prète à des considérations assez intéressantes au point de vue du
traitement ; elle modifie d'autre part suffisamment le
ANGES pronostic pour qu'il ait pu nous sembler légitime d’essayer de fixer ces différences et ces aspects particuliers.
Chemin faisant, il nous fallait étudier les notions générales acquises déjà sur les points touchant les rétractions de l’anneau de Bandl.Nous avons pensé qu’il serait intéressant aussi de rappeler ces notions, et d’essayer de préciser et de délimiter, sinon de résoudre, puisque aussi bien nous sommes aussi peu fixés làdessus aujourd'hui qu'il y a dix ans, les données du problème de la physiologie et de la pathogénie de l'anneau de Bandl. En mème temps, nous avons essayé de préciser aussi certains éléments étiologiques d'observations nouvelles où il semble bien que le paludisme traité par la quinine ait joué un rôle. Nous n’avons pu tirer de ces derniers cas aucune conclusion ferme ; nous pensons cependant que notre travail n’aura pas été vain s’il peut provoquer une étude plus approfondie de cette question fort intéressante, pour laquelle trop d'éléments nous ont manqué. La pierre que nous apportons au grand édifice est bien petite : du moins voulons-nous espérer qu’ainsi elle n’aura pas été tout
à fait inutile.