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Notre belle langue française est montée dans l'estime publique. Chacun semble tenir à honneur de la parler et de la parler bien.
Les humbles parmi nous qui croyaient ne devoir jamais se servir, vis-à-vis des Anglais, d'autre langue que la leur, se font de
plus en plus rares ; ils s'aperçoivent qu'il y a autant de chic à parler français qu'anglais*
Notre prononciation est plus châtiée ; les anglicismes et les barbarismes disparaissent les uns après les autres.
Elle fait entendre ses accents dans les plus hautes sphères officielles d'où l'usage semblait l'avoir bannie, et nos intelligents compatriotes d'origine britannique l'admirent et l'apprennent.
Jusqu'aux citoyens de la grande république qui se piquent de parler le français, et l'adoptent comme langue officielle lorsqu'il y a chez eux congrès international ! l Tous les documents concernant l'adminis-
1. Lors du congrès sanitaire international, tenu à Washington, l'été dernier, la langue française fut reconnue comme langue officielle, et l'on fît venir un stéuographe français do Montréal.
tration se publient en langue française et anglaise dans tous les centres contenant un élément français. Les autorités ne sont pourtant pas obligées à cette prévenance, mais le respect pour la langue française est instinctif, voyez-vous.
Sans doute que la reconnaissance etle bon souvenir que les libres citoyens des Etats- Unis gardent envers la France pour son dévouement chevaleresque à l'heure du danger, y est pour quelque chose. C'est juste : la reconnaissance honore les peuples comme les individus. Sans la France, les Etats- Unis de l'Amérique auraient été pendant longtemps encore sous la tutelle de l'Angleterre.
En Russie, l'enseignement et l'usage de la langue française sont tellement répandus, que c'est faire injure à quiconque prétend à une certaine éducation, de lui reprocher
de ne pas savoir parler cette langue ; et en Angleterre, il y a à peine quelques mois, la connaissance approfondie du français était rendue obligatoire à tous les officiers et à tout aspirant aux grades de l'armée.
Lors de l'exposition universelle de 1878, le Prince de Galles, à un banquet donné par les exposants anglais, prononçait entre autres les paroles suivantes : " Tous les " Anglais bien élevés lisent le français, " même lorsqu'ils ne le parlent pas. "
Enfin, " on peut dire que si la langue la- " tine, imposée par l'invasion et la force, " a été l'idiome de la religion qui succédait " à l'ancien monde, la langue française, pro- " pagée par la politique et les lettres, est et " doit demeurer l'idiome principal delacivi- " lisation qui réunit le monde moderne. " l
1 M. Villeinain, Dictionnaire de l'Académie, 6e édition, 1835.
C'est donc à bon droit que nous devons être fiers de notre langue.
En qualité d'ancienne et unique colonie de la France en Amérique, 2 nous sommes devenus les dépositaires, sur le Nouveau- Continent, de sa foi et de sa langue, qui est aussi, remarquons-le en passant, la langue diplomatique de l'Europe. 3
2. On peut dire, qu'avant la cession du Canada à l'Angleterre, la Louisiane, les établissements français le long du Mississipi et le Canada, ne formaient qu'une seule et même colonie. La plupart des colons venaient directement de France au Canada, de là se rendaient à la Louisiane en passant par les lacs et en remontant le cours du Mississipi. Elle appartint à l'Espagne pendant 36 ans, de 1764 à 1800, où elle redevint colonie française. En 1802 Napoléon, tout occupé de faire de l'Europe un empire français, céda la Louisiane aux Etats-Unis moyennant une indemnité de 15 millions de piastres.
La Nouvelle-Orléans fut fondée par un Canadien Français, François de Bienville.
3. Au Congrès Géographique de Venise, en septembre dernier, où chaque nation avait des délégués (MM. Faucher de Saint Maurice et Sandford Fleeming représentaient
A nous le sein de conserver ces deux trésors intacts et entiers.
Depuis ces dix dernières années surtout nos hommes de lettres et plusieurs journalistes se sont beaucoup occupés de l'avenir de la langue française dans notre pays.
Travailleurs infatigables, ils ont exploré en tous sens le champ déjà exploité par nos aïeux, et ont été affligés à la vue des plantes parasites et étrangères que l'indifférence des uns et la négligence des autres y laissaient croître.
le Canada) la langue française a été la langue officielle ; et à celui de Berlin, pour le règlement des affaires d'Orient, ouvert le 13 juin 1878, sous la présidence du comte de Bismark, et dont les plénipotentiaires représentaient l'Allemagne, P Autriche-Hongrie, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Turquie, c'est le français qui, comme d'habitude, a été parlé.
L'alarme fut donnée.
On publia des études importantes sur notre langue : des vocabulaires, des glossaires, où la classe instruite pouvait puiser amplement. D'autres, non moins dignes d'éloges, s'appliquèrent à l'épurer des anglicismes. En un mot, c'était admirable de voir le zèle qu'on mettait à restituer à notre langue sa beauté primitive. Mais enfin, tout cela ne pouvait servir qu'à un nombre comparativement restreint de lecteurs, et la grande révolution intellectuelle passait inaperçue pour la masse.
Ce qu'il faudrait à mon avis, pour raviver du même coup le sentiment de la noblesse de notre langue chez le peuple et la lui faire parler mieux, serait de composer un petit volume exprès pour lui, et qu'on lui distribuerait à des milliers d'exemplaires, gratis une fois pour toutes ; sans cela, il
n'aura jamais connaissance de ces sortes choses et demeurera toujours dans le statu quo.
Puisqu'un si grand nombre, parmi la classe instruite, se montrent à peu près indifférents au développement de la littérature canadienne et lisent peu généralement, on ne doit pas s'attendre à ce que la classe ouvrière et industrielle vienne d'elle-même acheter des livres pour s'instruire et apprendre à parler sa langue.
Ce petit volume pourrait être fait sous forme de vocabulaire et contenir, après quelques remarques sur la beauté de notre langue et du soin qu'on devrait apporter à la bien parler, les mots et expressions anglaises qui se glissent dans toutes les branches de l'industrie, du commerce et de la mécanique, et placer en regard leurs équivalents en langue française, les mettant en
garde en même temps contre cette manie de se servir de mots anglais lorsqu'ils parlent français.
Il pourrait aussi contenir une explication sur la manière de prononcer Va et la particule oi.
Si on voulait obtenir une plus grande somme de bien, on pourrait aussi insérer dans ce petit volume quelques observations sur la nécessite et les avantages de la lecture fréquente de livres utiles : cela aiderait à en répandre le goût.
Cet ouvrage étant mis entre les mains du peuple, ceux qui savent lire (la presque totalité de notre population apprend à lire et à écrire dans nos écoles élémentaires, seulement, par suite de la routine, plusieurs ne pratiquent plus une fois sortis de l'école et oublient ce qu'ils y ont appris) voyant
ce qu'il y a de défectueux dans leur manière de s'exprimer, et sentant leur amourpropre en jeu, y mettraient certainement de la bonne volonté et se corrigeraient; et les tout à fait illettrés, les entendant, apprendraient, à l^ur insu, à mieux parler leur langue.
Il ny a pas d'autre moyen, selon moi, de généraliser la pureté de notre langage, outre celui d'apporter le même soin dans 1 enseignement.
Alors, nos oreilles ne seront plus choquées d'entendre à chaque instant et partout, sur les places publiques, dans nos magasins, dans les tribunaux, etc., etc., des strike,des stand, des boom, des Jiaul tJie gangway, des let go, àesfairplay, des kardup, des firemen avec leurs hose, des meubles à spring, ou de mahogany, des ru?i, des fast dances, et tant d'autres mots, comme si la langue
française n'était pas assez riche pour exprimer toutes nos pensées. Il vaudrait bien mieux, dans des cas semblables, ne parler exclusivement qu'anglais ; cela éviterait d'ailleurs des aventures ridicules l.
Qu'un corps public, ou que des particuliers parmi nous, et il y en a un bon nombre
1. Le défunt évêqne anglican, le très révérend Mountain, voyageait un jour, en bateau à vapeur. L'équipage était canadien-français. Rendu vis-à-vis les Piliers, il s'adresse à un matelot, et lui demande quel est le nom frauçais de cette construction particulière qu'on aperçoit sur l'Ile. — ls Çà, dit le matelot, c'est une litousse (light hou se. )
— " Litousse, reprend l'évêque, mais je croyais que le mot français était phare. "
— u C'est là ce qui vous trompe, riposta le matelot,. litousse est le mot français et phare le mot anglais.
Dr. Hubert LaRue — Mélanges, vol. I.
Un bambin, sortant uu jour avec sa mère de chez un denos marchands, lui demanda s'il y avait des voleurs dans ce magasin-là. Ayant entendu le commis crier cash, dès que sa mère eût payé son achat, il avait compris qu'il disait de cacher l'argent.
maintenant, qui chiffrent leur fortune à des centaines de mille piastres, en mettentseulement mille (quinze cents seraient encore mieux) à l'accomplissement de cette œuvre "nationale, ils élèveront, il peuvent en être certains, un monument à leur gloire qui passera aux générations futures.
Outre le fait que la langue anglaise est en harmonie parfaite avec le génie commercial, on ne peut guère blâmer ceux qui, par suite des circonstances, ont été amenés à désigner des objets appartenant à diverses branches d'industrie, dans une langue étrangère à la nôtre. Les Anglais s'étant emparé de presque tout le haut commerce de notre province, ayant eu jusqu'à ces dernières années, le monopole exclusif de nos chemins de fer, de nos bateaux à vapeur et de Tin-
dustrie, il en est résulté que les Canadiens- Français, mis en contact avec ces derniers, ne connaissant l'expression technique d'une foule d'objets nouveaux pour eux, s'en sont tenus aux termes anglais qu'ils entendaient. Il en aurait été autrement si les patrons et les chefs eussent été originairement des Canadiens-Français. Donc il n'y a de repréhensiblcs que ceux qui, par indifférence ou par habitude, ne prennent pas la peine de s'exprimer en bon français, lorsqu'ils pourraient le faire.
A part ce défaut qu'on remarque chez certaines classes, et que tendrait à faire disparaître un recueil fait de la manière que je viens de suggérer, nous parlons, sans en excepter le peuple de la campagne, un langage pur et correct.
Ceux qui ont osé dire que la langue française chez nous n'était autre chose qu'un patois, ont fait preuve d'ignorance ou de mauvaise foi.
Nous parlons la langue classique, et c'est celle-là qui est enseignée partout, dans tous nos collèges, écoles normales et autres. Notre manière de prononcer certaines syllabes, et encore pas chez tous, diffère quelque peu, il est vrai, de la prononciation française actuelle; il se rencontre ça et là quelques mots qui peuvent paraître étranges à une oreille française ; mais il faut se rappeler que bon nombre de nos ancêtres ont été des marins et des militaires licenciés qui se sont établis dans le pays, et ces mots, d'origine bretonne et normande, introduits autrefois dans le langage usuel, ont en partie disparu, et ne sont maintenant que des exceptions ne pouvant
sensiblement altérer la pureté de notre langue. Bien plus, on remarque que tous les Français venant au Canada, non seulement se font comprendre parfaitement, mais ne manquent jamais d'exprimer leur admiration en nous entendant parler un français tout à fait semblable au leur, et qui ne le cède presqu'en rien en élégance.
" Par un phénomène historique des plus u curieux, la langue française se parle en- " core nette et pure sur les bords du Saint- " Laurent comme jadis dans les jardins de " Versailles. " l
Notre langue, comparée à la langue française telle que parlée en France, se raproche bien plus de celle-ci, que l'anglais, tel que parlé par l'Américain, ne se rapproche de celui parlé par les Anglais eux-mêmes.
1 A. Achintre .Lettres de FExoositiou, 1878.
Cependant, les Etats-Unis ont toujours été en contact et en relations étendues avec leur ancienne mère-patrie. Tous les ans bon nombre d'Anglais se sont établis dans diverses parties de la république, tandis que nous, nous avons été complètement isolés de la France pendant de longues années. Ce n'est qu'aujourd'hui que cette vieille mère, pour qui nous avions conservé, malgré tout, le meilleur des souvenirs, veut se faire pardonner un siècle d'oubli.
Le souvenir de cette plage de ses fils d'autrefois, qui ont conservé l'image fidèle d'un glorieux passé, est pour elle comme une seconde jeunesse pleine de fraîcheur et de vie. Elle retrouve chez nous tout ce qui la fit grande et belle ; toute une famille, qui sienne un jour, a grandi à l'ombre de cette enviable et paisible liberté que lui a accordée son ancienne rivale ; et la France,
toujours bonne, quoique légère parfois, veut réparer un passé qui n'est pas sans reproches, et nous gratifier de quelquesunes de ces largesses dont elle a le secret, et qu'elle a prodiguées à tant d'autres.
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Mais je m'aperçois que je m'éloigne de mon sujet, que l'enthousiasme s'empare de moi à mon insu, Keverxons à ce que nous disions en dernier lieu en parlant de nos journaux.
Nous nous étions arrêtés en émettant l'opinion que bon plusieurs nos journaux étaient bien faits, et nullement inférieurs aux publications anglaises, tant sous le rap-
port de la rédaction, que dans le choix des matières.
On y trouve une discussion politique raigonnée et digne, une chronique soignée, une, deux colonnes et quelquefois davantage, de renseignements sur les sciences, les beaux-arts, l'histoire, l'industrie, l'agriculture, enfin de toutes ces choses qui plaisent à l'esprit, nourrissent l'intelligence et procurent au peuple une éducation pratique, morale et religieuse.
Disons-le hautement et avec fierté, nous avons des journalistes qui savent unir dans leurs écrits le sentiment du beau et de l'honnête.
Ils font usage, dans la défense des opinions politiques de leur parti, d'armes courtoises, et évitent les excès de tous genres.
La nécessité qui les oblige parfois de
combattre hardiment le mensonge, et de signaler à la vindicte publique les perturbateurs de l'ordre et des gens sans aveux? ne les entraîne pas aux déplorables trivialités personnelles, si communes à quelquesuns.
Les expressions acerbes et de mauvais goût, si contraires à l'esprit chrétien, et dont l'effet est de créer des haines et des divisions parmi le peuple, ne se rencontrent pas dans leurs écrits.
Honnêtes, ils respectent les principes et la bonne foi chez autrui. Ils savent reconnaître le mérite qu'il peut y avoir chez leurs adversaires.
L'esprit de parti ne les aveugle pas au point de représenter sans cesse, au détriment de la morale publique, comme faux ce qui est vrai, et chercher à faire croire à
leurs lecteurs des faits qu'ils savent être des mensonges et des impostures, mis au service de leur ambition et de leurs intérêts.
Que de malheurs sont résultés par suite de ce système de travestissement !
Qui de nous n'a pas déploré les funestes conséquences de la polémique religieuse que suscitaient naguère quelques journaux. Quoique parfaitement convaincus du contraire, pourquoi cherchaientils à fausser le jugement du peuple en lui représentant cette école politique de Jnotre pays, qui s'intitule le " parti libéral ", comme étant ce même parti libéral condamné par l'Eglise ? Ils n'ignoraient pourtant pas que ces sortes de gens qui
veulent s'affranchir du joug de la religion, se recrutent dans tous les partis politiques.
Ils savaient pourtant, ces écrivains, qu'en agissant ainsi, ils créeaient des scènes scandaleuses et outrageaient le &entiment profondément religieux de notre population.
En lisant certaine feuille d'alors, vraiment on aurait pu se croire en pleine révolte religieuse, tant les esprits étaient montés, et c'est la conviction que devait indubitablement se former tout étranger visitant notre pays. Heureusement que la sagesse de notre clergé a dévoilé ces apôtres au zèle déplacé et équivoque, et mis ordre à ce déplorable état de choses.
Un autre abus non moins subversif aux saines idées dans lequel donnent plusieurs
de nos journalistes et politiques, est celui de condamner, invariablement et à tout jamais, quiconque change de drapeau, se fait transfuge.
Raisonnons un peu et voyons jusqu'à quel point peuvent être fondées ces accusations qui remplissent les colonnes de ces journaux d'un bout de l'année à l'autre.
Celui qui, de bonne foi, a embrassé un parti politique, soutenu de bons combats pour son triomphe, et, cependant, constatant qu'une fois ce même parti à l'œuvre ne rencontre pas les espérances qu'il promettait, croit être son devoir d'honnête homme et de bon citoyen, de s'éloigner de ceux qui trompent ainsi son attente, une fois parvenus au pouvoir, mérite-t-il l'éloge ou le blâme ?
Peut-on admettre pour un instant que tout homme doive toujours penser de la même
manière, sans avoir égard à une foule dé circonstances qui peuvent influer sur ses opinions, surtout dans un pays comme le nôtre, composé d'éléments hétérogènes ?
Dans le cours ordinaire de la vie, le jugement que nous portons à cinquante ans sur les choses et les événements, est-il le même que celui que nous avions formé à vingtcinq ? Ne l'avons-nous pas au contraire modifié par une infinité de circonstances ?
Voudrait-on par hasard s'arroger un droit qui n'appartient qu'à Dieu : celui de sonder les consciences et de s'en faire les juges ?
Les conclusions de ces données sont tellement évidentes qu'il n'est pas nécessaire d'insister.
Est-il possible qu'un jeune homme plein d'enthousiasme, agissant plus sous l'influence des éléments qui l'entourent, des tra-
ditions de famille que par conviction, défende des principes qu'il reconnaîtra faux plus tard et qu'il abjurera ?
Non-seulement la chose est possible, mais elle a lieu tous les jours, dans tous les pays, et nombre d'exemples d'hommes célèbres l'attestent.
Celui qui verrait son parti commettre des fautes sans le désapprouver, sanctionner des mesures de mauvaise administration, ou qui, du moins, suivant son jugement, lui paraissent telles, par pusillanimité ou sous le vain prétexte de toujours lui être fidèle, celui-là est le malhonnête homme et mérite le blâme. C'est bien celui-là qui est infidèle à son mandat et qui trahit ses commettants, après leur avoir promis de défendre leurs intérêts.
Enfin, doit-on épuiser tout le vocabulaire
d'injures envers celui qui modifie ainsi ses opinions politiques, qui fait connaître les motifs de sa conduite avec la franchise et les convictions de l'honnête homme, surtout quand ce même homme a toujours joui d'une réputation inattaquable. Cependant, au lieu de respecter ce que l'on devrait taire, on le voue à d'éternels supplices Son caractère privé n'est pas même à l'abri de la plus basse critique.
Il est heureux que l'histoire fasse toujours justice de ces persécutions imméritées.