‹ Quelques considérations sur quatre cas de Césarienne conservatrice à la maternité de VaucluseChapitre 16 sur 17 · Z0-HOT ES · texte numérisé non relu

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d'ores et déjà qu'un bon drainage aurait pu parer à cet inconvénient.

Pourquoi donc ne pas admettre avec Fochier que la césarienne a dû bénéficier des perfectionnements de la chirurgie et en particulier de la méthode aseptique au même titre que l'oväriotomie : « S'il est, dit-il, un fait démontré par la pratique des ovariotomistes, c'est que les irritations mécaniques, passagères du péritoine n'ont pas de conséquences graves, et ici par passagères on doit entendre des irritations durant une ou même deux et trois heures. [l faut surtout se mettre à l'abri des irritations septiques ou putrides, des souillures visibles ou invisibles des mains, des instruments, des éponges ou des linges, de l'air ou des locaux ».

Ainsi la césarienne doit être classée parmi les opérations qui ne présentent pas de réels dangers, pourvu que l'opérateur puisse réaliser les conditions d’asepsie qu’exige une telle intervention. La clinique et l'hôpital réalisent ces conditions d'une façon parfaite, et si nous n’osons pas proposer aux accoucheurs de pousser l'audace Jusqu'à opérer à la campagne, nous n'insisterons jamais assez pour faire entendre aux médecins que lorsqu'une femme a élé examinée pendant le courant de sa grossesse et que cet examen a laissé des doutes sur le pronostic de l'accouchement, ils doivent ne pas hésiter à proposer la clinique ou l’hôpital. Nous voulons croire que la clientèle se laisse quelquefois difficilement convaincre de cette nécessité, mais l'influence persuasive du médecin réussit bien Souvent à déterminer une décision qui pourra garanüir la vie de l'enfant.

[l'est malheureusement une objection que l'on fait très souvent aux accoucheurs qui ont suivi le mouvement vers des indications plus larges de la césarienne, et ce reproche est assez grave pour que nous nous sentions obligé de donner quelques arguments en faveur de notre opinion. Extraire

par la voie abdominale un enfant vivant, lorsque les indications de la césarienne ne sont pas absolues, c'est parfait (puisque l'on doit admettre définitivement le peu de danger d'une telle opération) ; mais les quatre femmes que vous avez opérées, les avez-vous suivies, pouvez-vous affirmer qu'une nouvelle grossesse ne sera pas pour elles une source ‘ complications graves ?

C'est là le point délicat de notre sujet, et s’il ne nous est pas permis d'apporter ici des observations personnelles, noug pouvons cependant donner les raisons qui nous ont paru suffisantes, pour considérer ces complications comme ne devant se produire que très rarement, C'est du moins dans cet esprit que nous nous sommes lancé dans le mouvement en faveur de la césarienne, et un article de Brindeau, paru dans l'Obstétrique en janvier 1909, avail réussi à nous convaincre de la rareté de ces complications.

D'après Brindeau, les hernies de la paroi abdominale et les éventrations sont relativement rares à la suite de l'opération césarienne, C’est ce qui explique qu'elles gênent peu l'opérateur à l'occasion d’une seconde intervention.

Les adhérences occasionnent quelquefois des ennuis, mais l'infection est la cause principale des adhérences, au: moins des adhérences étendues et intimes. :

Enfin l’amincissement de l'utérus, résultant d’une ancienne suture peut devenir une difficulté dans une opération itérative. Or, cet amincissement de l'ancienne cicatrice est-il fréquent, et voit-on souvent se produire au: cours d’une nouvelle grossesse survenue après la césarienne, une rupture utérine ? QE 7 | 2 PAR

D'après Brindeau, cet amincissement paraissait être fréquent autrefois, mais aujourd'hui, l'infection devenant de plus en plus rare, l'amincissement de l'utérus ne se produit que très exceptionnellement. Et Brindeau cite à l'appui de

DS — sa thèse un certain nombre d'observations qui réussissent à démontrer rigoureusement le peu de danger des césariennes itératives. |

Notre Président de thèse a communiqué à la réunion obstétricale de Montpellier, en février 1909, une observation de césarienne itérative avec succès pour la mère et pour l’enfant.

Telles sont les raisons qui nous ont paru suffisantes pour justifier la conduite que nous avons tenue, et si nous nous abstenons de tirer des conclusions trop absolues des quelques observations qui font l’objet de notre étude, nous ne pouvons pas nous défendre du désir d’entrer plus avant dans le mouvement actuel.

M. le Dr Cassin a contribué fortement à nous engager dans cette voie, et il écrivait lui-même : « Si je n'avais comme expérience que notre Maternité de ville secondaire avec une moyenne de 150 accouchements par an, un pourcentage de 7 à 8°/, d'interventions par forceps, de 1/400 par la version, et avec cela 2 à 8 °/, de morts obstétricales de l'enfant, je garderais soigneusement mes impressions comme susceptibles de revision. Mais je remonte à trente ans en arrière, à l'époque où, interne de Fochier à la Maternité de Lyon, j'eus l'honneur de l'assister dans le premier Porro fait en France ; je revois les tractions fantastiques exercées avec les lacs de Chassagny, les crânes déformés qui, lorsque l'enfant survivait, le prédisposaient à l’infériorité psychique, et de tout cela j'ai gardé cette impression qu'il y avait mieux à tenter que la voie instrumentale obscure, intra-pelvienne, lorsqu'elle était suspecte.

» Voilà pourquoi je suis hardiment entré dans le mouve- . ment qui remet la césarienne à sa place méritée. »

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