‹ Quelques Considérations Sur Une Épidémie De Diphtérie Dans La Commune De Saint-Médard-en-JallesChapitre 12 sur 13 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

De l'exposé qui précède et des nombreuses observations publiées, on ne peut nier que la commune de Saint-Médard n'ait été le siège d'une épidémie de diphtérie.

En effet, si on se rapporte au tableau des différents cas groupés par village et bourg, on se rend aisément compte que les cas se succédèrent à des intervalles plus ou moins grands.

À Sérillan, la nature épidémique de l'infection apparait franchement : on constate sept cas en l’espace d’un mois et demi.

Les habitations de ces malades se trouvent proches les unes des autres.

A Issac, l'exemple est aussi frappant : du 14 décembre 1915 au 1° mars 1916, onze cas de diphtérie se localisant au centre du village et allant de maison en maison.

Nous pourrions rapporter la même chose pour Saint-Médard et Saint-Aubin, et faire remarquer que d’autres villages, Corbiac et Magudas, furent épargnés.

De là à conclure à la nécessité de prendre des mesures énergiques d'hygiène et de prophylaxie. La loi du 19 février 1902 permet de combattre ces épidémies. L'article 1, en effet, dit en substance : « Dans toute commune, le maire est tenu de déterminer, après avis du conseil municipal et sous forme d’arrêtés munNICIPAUX : ;

4° Les mesures à prendre pour prévenir et faire cesser les maladies transmissibles visées à l’article 4 de la présente loi, et spécialement les mesures de désinfection et même de destruction des objets à l'usage des malades qui ont été souillés par eux et

pouvant servir de véhicules de contagion.

Couderc L ; 3

2° Les prescriptions destinées à assurer la salubrité des maisons et de leurs dépendances, des voies privées ou aulres agglomérations et notamment des prescriptions relatives à l'eau potable et à l'évacuation des matières usées.

Dans un autre article, cette loi énumère les maladies contagieuses que le médecin doit déclarer à la mairie de la commune et à la préfecture, afin que le service compétent procède à la désinfection des locaux contaminés.

Enfia elle instituait un conseil départemental d'hygiène chargé de surveiller la santé publique. Malheureusement, malgré la déclaration obligatoire des maladies contagieuses, la désinfeclion des maisons ne fut pas faite régulièrement pour chaque cas. Eau effet, si nous nous en rapportons aux registres de l'hygiène départementale, pour les trois dernières années, nous trouvons les chiffres suivants :

Années Maladies déclarées Désinfections faites LOIR Re TS LR 68 { OLA PIRE PRET 63 3 LORS RE MR re 103 22 1916 (3 prem. trim.). 85 20

Ces chiffres sont probants ; ils montrent, d’une part, le nombre des maladies contagicuses allant croissant : 63 en 1914, 103 en 1915 et 85 pour les {rois premiers lrimestres de 1916; d'autre part, ils prouvent que le service de désinfection a été loin d'être à la hauteur de sa tâche, pratiquant 13 désinfections sur 65 cas en 1914; 22 sur 103 en 1915 et 20 sur 85 en 1916.

Ce manque de désinfection systématique est pour beaucoup dans la duvée de l'épidémie de diphtérie que nous avons rapportée.

Ce n'est pas donner un encouragement au pralicien qui encourt la rigueur de la loi en omettant de faire une déclaration, et qui constate avec peine le peu de compte qui est fait de ses déclaralions par les pouvoirs publics qui doivent veiller au bon état sanilaire de sa commune.

L'idéal, certes, serait d'isoler le malade dès le début de l'infection; de pouvoir désinfecter rapidement tous les objets contaminés; de ne laisser approcher le malade que par la même personne; de désinfecter la chambre du malade sitôt la fin de la maladie.

Mais ce sont là des précautions qu'il est impossible d'obtenir à la campagne où Le voisin s’enquiert de la marche de la maladie, va rendre visite au patient et par là se transforme en porteur de germes qu'il va répandre à travers le pays.

Il importe également pour le médecin de lutter le plus éncergiquement possible contre la maladie. Dans le trailement des différents cas que nous avons publiés, nous avons suivi Loujours la même ligne de conduite.

Nous avons praliqué, avant tout examen baclériologique, une injection de sérum de Roux chez tous nos malades présentant uve angine douteuse, suivant en cela le conseil de Marfan : « Sur cent angines à fausses membranes, quatre-vingt-dix sont diphtériques ». Nous eùmes à déplorer un petit nombre de décès et, dans la généralité des cas, nos malades guérirent rapidement,

Pendant notre séjour à Saint-Médard-en-Jalles, outre celte épidémie de diphtérie que nous avons rapportée, il y eut, en juin 1915, une épidémie de rougeole et de scärlatine qui fut générale à tous les hameaux. Quelques cas de méningile cérébro-spinale furent signalés.

Enfin, en août et septembre 1916, on assista à une épidémie de dysenterie grave qui fit plus de victimes que la diphtérie.

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