Clairambault, manuscrits 1206, fol
2. Elle fut marraine d'un enfant de Foulon, avec Christophe de Harlay, sieur de Beauraont, comme parrain, en août 1591. Consulter à ce sujet Grandmaison, Les Arts en Touraine, article Foulon. ■ ' ' ' ' ' '
répondit : « Et quand je suis avec vous, pour qui volé-je? —Pour un phénix. — Dittes plus tost pour l'oiseau de paradis, là où il y a plus de plumes que de chair ! ' » (Brantôme.)
Ce fut aussi la femme d'un Italien que la duchesse de Retz, celte cousine de Brantôme, pointjolie mais bien pire, aussi docte qu'un sorbonniste, aussi éloquente qu'un évêque, mariée â deux maréchaux, mêlée à toutes les intrigues des Valois, réputée pour sa sagesse à la fois et ses mœurs faciles, vraie grande dame du xvi' siècle sans préjugés, chantée par. les poètes et crayonnée par le plus grand artiste de son temps. Fille de Claude de Clermont Dampierre et de Jeanne de Vivonne, elle avait épousé de bonne heure Jean d'Annebaut, Jjaron de Retz, maréchal de France, tué à Dreux en 1562. Marguerite de Valois rapporte dans ses Mémoires, qu'elle reçut à Amboise, où elle était venue après le colloque de Poissy, la nouvelle « de la grâce que la fortune lui avait faite de la délivrer d'un fascheux, son premier mary, M. d'Apnebaut, qui était indigne, de posséder un sujet si divin et si parfait ». Le fait est. qu'elle prit assez allègrement la chose, d'autant que le défunt la laissait, héritière de cette immense baronnie de Retz, patrie de Barbe-Bleue, qui valait tous les duchés-pairies du royaume. La reine Catherine la maria à Albert de Gondi, 'autre transalpin de marque, le 4 septembre 1565, l'année même où Isabeau de Limeuil convolait avec Sardini; elle n'interrogea point trop scrupuleusement les généalogies étranges invoquées par son nouveau seigneur; ce qu'elle lui demandait, en retour de la fortune, c'était la liberté d'agir à sa guise. Moyennant cela, elle obtint, en 1581 > l'érection de sa baronnie en duché, et continua sa vie indépendante au nombre des femmes de la reine Catherine.
François Clouet l'a surprise à la trentième année, dans son riche costume; il a minutieusement fouillé cette physionomie si française, si spirituelle, un peu vulgaire pourtant, où la malice se loge au coin des lèvres, dans les yeux clairs. C'est bien là la personne intelligente et habile qui a été chargée de répondre en latin aux ambassadeurs polonais % qui
1. Consulter pour la filiation de M'"^ de Sardini un factum judiciaire conservé aux Manuscrits de la Bibliothèque nationale (cabinet des titres, Sardini,' folio 47).
2. Cette circonstance est mentionnée dans son epitàphe aujourd'hui conservée au Musée de Versailles'.
emplit le ehambre de la reine de ses saillies. Elle vaut cette autre Gler- ^ mont, depuis duchesse d'Uzès, qui passait pour la langue la plus affinée de la troupe, et qui s'était moquée même du roi François, même du pape, à Avignon. Ronsard disait d'elle en jouant sur les mots :
s'i D'un barbier la femme tu es
■ . Tune londs seulement, tu rés.
Elle surpasse toutes les autres, même M™' de Villei'oy, une brune délicieuse, même M""^ de Sauves, même cette rouée de Vitry qui eut fait battre les murailles, même M"*^ de Lavernay. Ses scrupules sont minces; si nous la voyons attifée à merveille dans la portraiture, épinglée comme une madone, elle n'hésite pas, le cas échéant, à se dévêtir pour plaire à la reine. La chronique scandaleuse rapporte qu'elle fit à Ghenonceaux le service de la table royale dans un accoutrement de nymphe surprise au bain' avec ses cheveux épars comme une épousée de roture.
Et cependant elle n'est plus jeune; née en 1543 elle a ses trente-quatre ans bien sonnés, une grosse figure rougeaude si l'on en croit les portraits d'elle portant le millésime de 1577 ^ Ses enfants sont nombreux, son petitfils sera ce Paul de Gondi, cardinal de Retz, élève do Vincent-de-Paul, qui devait bouleverser Paris à l'époque de la Fronde. La chronique médisante lui prête au moins « un serviteur », un mignon de couchette, le bel Antraguet^ de la maison de Balzac, à qui elle avait donne un cœur do diamants, lequel passa. Dieu sait comment, entre les mains de Marguerite de Valois. Ce fut l'origine d'une querelle entre la reine et la duchesse, et d'Aubigné^qui tenait pour la seconde, lança sur ce fait une de ces phrases à double entente dont nous ne comprenons plus le sens alambiqué et venimeux. Nous ne saisissons guère plus l'allusion du pamphlet intitulé Inventaire des livres de M. Guillaume où le nom de la duchesse de Retz se trouve associé à celui de Fouquet de la Varenne. « Les sept livres de chasteté faictz par la Varenne dédiés à M"'* de Retz. » Qu'avait-elle eu à