Pierre de Lestoile, Journal de Henri III, année
2. Bibliothèque nationale (Estampes, Na 21 a, fol. 24). Le département des Estampes possède deux crayons copiés l'un sur l'autre. Le second est aux cartons alphabétiques Retz.
3. Son portrait est à la Bibliothèque nationale (Estampes, Na 21 a, fol. 44 et 45).
GLAUDE-GAÏHERINE DE CLERMONT, Duchesse de Retz, en 1570 environ Crayon delà Bibliothèque Nationale attribué à François Glouet (La lettre mise au bas est fausse)
démêler avec le proxénète célèbre? Son cousin Brantôme ne nous le dit pas.
Quand elle mourut, en 1603, elle fut enterrée aux religieuses de l'Ave- Maria sous un magnifique mausolée ; ses épitaphes célébraient ses vertus, ses talentS;, dans une forme païenne et chrétienne à la fois. On y lisait entre autres choses sa réception faite aux délégués polonais, des vers latins la proclamaient « une héroïne qui avait attiré à elle les cœurs des plus grands princes ». Après mille péripéties ces épitaphes ont été transportées à Versailles avec la statue du tombeau
Une autre contemporaine de Brantôme dont le nom est aujourd'hui populaire à Paris, une grande dame que l'histoire n'a point non plus épargnée, mais que les peintres paraissent avoir oubliée un peu, c'est Françoise de la Baume-Montrevel, dame de Kernevenoy, ou de Carnavalet, une des femmes de la reine Catherine, amie de Marguerite de Valois, mariée en 1566 au gouverneur de Henri III, François de Kernevenoy, Breton d'origine. Carnavalet est donc une déformation, un diminutif, dans le genre de ceux donnés aux gens de la cour, Merlurillon pour Mervilliers, Antraguet pour Entragues, Fosseuse pour Fosseux, et cent autres du même goût. Françoise de la Baume était fille de cette Hélène de Tournon dont les crayonneurs ont gardé l'exquise physionomie; elle épousa en premières noces un de ses parents, le sieur de la Baume Saint- Sorlin, qui la fit veuve de bonne heure. François de Kernevenoy n'eut point non plus longue vie auprès d'elle, cinq ans après il mourait avec la réputation surfaite d'un galant homme et, chose rare en ces temps, — c'est le mot de son épitaphe, — en odeur de probité malgré les déplorables exemples de ses amis. « Quique (quod rarius inter pessima œvi sui exemplal) probitatem coluit... opes neglexit ^ »
Il faut dire toutefois que son mépris des richesses n'alla pas jusqu'à la misère. Sa femme ne l'avait pas accepté pour sa bonne mine seulement, car il était vieux et laid. Au jour de son décès, ce contempteur sévère des biens terrestres laissait à la jeune veuve de solides rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris, des biens fonds, et qui mieux est de l'argent liquide avec lequel elle acheta, en 1578, l'hôtel de Ligneris, situé rue de la Couture-