‹ Quelques dessous du procès de RennesChapitre 4 sur 10 · DES MANOEUVRES ALLEMANDES EN ALSACE-LORRAINE · texte numérisé non relu

DES MANOEUVRES ALLEMANDES EN ALSACE-LORRAINE

» Le 31 juillet dernier, la lecture de la déposition du 36^ témoin de l'enquête de M. Oi^osnay de Beaurepaire relatant les circonstances dans lesquelles Dreyfus avait assisté à des manœuvres allemandes m'a vivement troublé. Instinctivement j'ai rapproché ce fait de la conversation de 1894, et lorsqu'à la première audience de Rennes Dreyfus a affirmé qu'il n'avait jamais assisté à des manœuvres dans les environs de Mulhouse, je vous avoue que j'ai été sur le point d'écrire au colonel Jouaust pour lui signaler cette flagrante contradiction. Ce procédé de correspondance directe avec un président de Conseil de guerre n'était sans doute pas très régulier.

» D'autre part, je sentais que le témoignage complet d'un homme loyal comme le général Mercier allait être d'un effet prépondérant sur l'issue du[procès. Cette dernière raison surtout fit que je ne relevai pas ce passage de la conversation de Dreyfus.

» Mais hier, un compte rendu d'audience rapportait encore que Dreyfus proteste de sa loyauté de soldat. Or, quand on est un soldat loyal, on ne ment pas, et Dreyfus, le 7 août 1899, n'a pas dit la vérité.

» C'est pourquoi, mon commandant, avant votre prochaine déposition, dont j'ignore les éléments et môme le sens, je prends la liberté de vous écrire cette lettre, qui pourra peut-être venir en aide à votre mémoire.

» Veuillez agréer, etc..

» Signé : Lemonnier. »

Le capitaine Lemonnier a trouvé Dreyfus bien habile?

Il n'y avait pas de quoi, puisqu'en tous cas ce serait avant 1886, avant l'ère des passeports, que se placerait ce voyage, tandis que c'est après, en 1894, quand on en exigeait, que le capitaine Lemonnier, lui, y est allé !)

Lors du Conseil de guerre de 1894, le capitaine Lemonnier s'est tu ; pendant l'en-

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quelc (le la Cour de cassation, il s'est tu; et pendant le procès de Uennes, il allait se taire, (juand il a adressé cette le tire loule spontanée, j)(Mil-ètre, au commandant Maistre, sans enteutc préalable!

Il y a, peut-être, une explication à faut de silence.

Le capitaine Lemonnicr est sourd. C'est ce (pii l'a rendu muet.

11 a l'alhi, j)our (pf il se souvint (ju'il avait entendu l(*s j)ropos de Dreyfus, qu'il le lût dans l'enquête de jM. de n(HUir(q)aire — et qu'il lut devenu ol'licier d'ordounance du général lienouard.

Le commandant llirschauer.

Le type des téuioins racolés, suivant les besoins de l'accusation, est le commandant Ilirscliauer, anciiMi (dief de cabinet du général de Boisdell're.

Lui non plus, n'était pas de l'atTaire

1)11 IM{()(:i':S DM MKNNES 20!)

(Ml 1S!)V, ni |M'ii(hml, r('ii(|iirl(^ de la (loin* do Cîissîdioii, cl, \\{) (Icvail pas lii;iii'(M' mu pi'(){'('^s (le Menues. Mais après recrasanli^ (lé[)()sili(m (le M. de h'onds-l. amollie, il fallul, uvis<M\ Il s'ai^issail de |>i(Mivei', ((mlrair(Vinonl, à la, circiilaii'e du 17 mai el ;ui l(';iiioi^na,^(^ de IVl.de lM)ii(ls-La,ni()lh(Md> aux assertions de, Drcîyl'us, (jne l(!s slîi^iaii'os savaicnl, ([u'ils u'irai(;id [>as aux niaineiivres.

L(M:ji,pilain(; lunek, (pii a,vail (d/^ slaii,ia,ir(î à colle é[)o(pi(;, aurail |)u r(MiS(d^n(M- lo Conseil d(î i^ii(M-i'(i.

H n'a pas hronehé. H assislail à la (lo[)osilioii d(î M. (1(5 Koiids-LainollH;. A-l-il reeuh'î (h^vanl h^ faux l(';nioi^iia,t;('? On n'(îsl j)as Ions l(îs jours ou Irain! Surloul aprijs (l(iS ann(MiS de suvniviuKjd \

(^(isl l(i eoniniandanl llir"S( liainu' (pii (^sl V(îUU, oli ! I)i(în sponla,n(''n)(Mil, eoninie \{\ ('a[)ilain(3 L(Mnonn ier.

Jus(ju(^-là, ('oninH; 1(5 ea[)ilaiue Leinonni(U', il avail j^anh'î V\ sihiiiee. Mais a|)r(js la d('î|)osilion (l(; M. de l^'onds-luaiiiollie,

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