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Quelques documents importants pour aider à l'intelligence de la question de Danielson

La Question de Danielson est, parait-il, un cas particulier d'an état de chose plus général.

La souffrance générale, en ces Quelques Documents Importants, est exposée dans les " Résolutions votées par le XIe Congrès des Canadiens du Connecticut „ et dans le " Discours de M. l'avocat H. A. Dubuque. „

La souffrance particulière de Danielson est relatée dans le " Discours de M. le Dr C. J. Leclaire. „

Ces trois Documents sont extraits du Rapport des Travaux du XIe Congrès des Canadiens du Connecticut, qui eut lieu à Willimantic le 1 et 2 de septembre de cette année 1896, une des plus importantes entre les assemblées de ce genre que les Canadiens aient encore tenues aux Etats-Unis.

Pour se convaincre de cette importance, il suffit de jeter un coup d'oeil sur le nom des officiers composant le Comité Exécutif de ce Congrès, celui des localités du Connecticut qui y ont envoyé des représentants officiels, et les différents sujets qui y furent la matière des études et des discussions.

Comité Exécutif.

Président, Docteur A. D. David, de Willimantic; 1er Vice-Président, Docteur C. J. Leclaire, de Danielson; 2me Vice-Président, M. D. P. Chabot, de Jewet City; Secrétaire, Docteur J. F. Mc Intosh, de Nortb Clrosvenordale ; Secrétaire-adjoint, M. L. Beaudreau, de Putnam; Trésorier, M. J. B. Vallée, de Waterbury ; Trésorier-adjoint, Docteur L. 0. Mor\sse, de Putnam; Sergent d'Armes, M. H. J. Reeves, de Danielson.

Localités représentées.

Baltic, North Grosvenordale, Waterbury, New-Haven, Willimantic, Jewet City, Danielson, Stafford Springs, Moosup, Putnam, Meriden, Grosvenordale, Taftville, Wauregan, Bridgeport, etc.

L'éducation de l'enfance, l'éducation domestique, l'éducation supérieure, les sociétés canado-américaiDes de bienfaisance, la presse française et catholique, la naturalisation des Canadiens aux Etats-Unis, le clergé qui convient le mieux au maintien et au développement de la foi catholique chez les Canadiens, etc. Rome, 15 octobre 1896.

votées unanimement an onzième congrès des Canadiens du Conneticut, le 1 de septembre 1896.

(Extrait de u L' Indépendant „ de Fall River, Massachusetts).

Voici, en substance, dit le journal * L'Indépendant „, les considérants de ce remarquable document :

" A un congrès composé de Catholiques romains d'origine francocanadienne habitant l'Etat de Connecticut formant le diocèse catholique de Hartford, délégués par la presque totalité des sociétés de bienfaisance, des paroisses et des groupes franco-canadiens de l'Etat susdit, réunis à Willimantic, les mardi et mercredi, 1er et 2 septembre 1896, sur le rapport des délégués officiels de ces diverses organisations quant à ce qui a trait à la condition religieuse des Canadiens-français et de leurs familles, il appert que, malgré de nombreuses démarches auprès de l'Ordinaire du diocèse, les griefs dont se plaignent nos compatriotes n'ont pas été redressés, nous venons humblement énumérer ces griefs

Sujets d'étude.

J. B. Proulx Pire.

et prier Vos Eminences d'y apporter un remède dans le plus court délai possible.

— Les Franco-Canadiens habitant ce pays tiennent fermement a conserver le français, leur langue maternelle, parce qu'ils sont convaincus, et l'expérience de plus d'un quart de siècle le prouve surabondamment, que l'usage de cette langue maternelle dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux est absolument indispensable à la conservation de la foi catholique parmi eux et leurs enfants.

" 2.° — Le seul et le plus sûr moyen de conserver la foi est de donner à ces Canadiens-français des prêtres franco-canadiens au courant des us et coutumes de leurs compatriotes, sortis de leur sein et partageant cette sympathie fraternelle pour leurs ouailles si indispensable pour que le ministère du prêtre soit plus fécond et plus fructueux.

" 3.° — L'expérience dans ce diocèse et ailleurs aux Etats-Unis prouve que lorsque des prêtres franco-canadiens desservent leurs compatriotes il y a moins de défections parmi ces derniers, plus de progrès religieux, plus de bonnes oeuvres et plus de garanties pour la conservation de la foi.

"4.° — Il y a maintes paroisses dans le diocèse de Hartford où nos compatriotes n'ont pas de prêtres canadiens, où le français est parlé ou compris bien imparfaitement par les desservants, d'autres encore où les desservants sont ou Irlandais, belges, flamands, ou même Français de Françe ayant peu de sympathie pour nos compatriotes et n'étant pas au courant de leurs us et coutumes, et dont le ministère n'est pas fructueux et où l'on constate au sein de leurs ouailles, beaucoup de défections ou d'indifférence religieuse.

" 5." — Le peu de prêtres canadiens qu'il y a dans le diocèse sont pour la plupart nommés vicaires seulement, même dans les paroisses où plus de la moitié et quelquefois même les trois quarts des ouailles sont canadiennes-françaises, où leur action sacerdotale bienfaisante est entravée par un curé hostile a nos compatriotes. Ils perdent par le fait même l'influence morale si utile aux bons fruits du ministère.

" 6.° — Dans maints endroits nous contribuons a des écoles paroissiales où l'on enseigne à nos enfants plutôt l'anglais que le français dans le but arrêté de détruire chez nos compatriotes l'attachement à leur langue maternelle, sous prétexte de patriotisme américain, mais réellement de crainte que nos compatriotes devenant plus nombreux demandent à être plus largement représentés dans les cures ou même dans l'épiscopat.

" 7.° — Il existe un antagonisme ou une antipathie telle entre les desservants qui ne sont pas d'origine franco-canadienne et les desservis, que la foi et les bonnes mœurs en souffrent généralement et profondément chez nos compatriotes. Nous y voyons un danger immédiat pour notre foi catholique et celle de nos enfants, et considérons que c'est un devoir de conscience pour nous de faire tous les efforts et tous les sacrifices pour conjurer le grand malheur de la perte de la foi dont nous sommes affligés, et qui menace de fondre sur nous avec plus d'intensité et d'effets désastreux à l'avenir.

" 8.° — Un grand nombre de nos compatriotes sont naturalisés citoyens américains ou cito}Tens américains de naissance. Comme tels nous défendons par nos suffrages et notre influence nos intérêts religieux, et, conformément aux principes de notre mère l'Eglise qui nous enseigne qu'Ornais potestas a Deo, nous sommes fidèles a notre patrie américaine, mais nous réclamons à titre de citoyens américains le droit de conserver notre langue marternelle et nos us et coutumes religieux. Ce sentiment est général chez nos compatriotes, et il est profondément imprimé dans nos cœurs.

" L'autorité épiscopale, par contre, est dirigée plutôt dans le but de faire de nous, par la violence des procédés et par l'arbitraire, des Américains de langue anglaise, sans s'arrêter aux conséquences fatales qui en résultent pour la foi catholique. Alors une hostilité de cette nature est contraire à la propagation de la foi, et le remède que nous nous permettons de suggérer a Votre Eminentissime Congrégation est de donner des desservants Canadiens-français partout où nos compatriotes sont assez nombreux pour les soutenir.

" 9.° — Afin de ne pas faire droit aux demandes si justes de nos compatriotes qui désirent être desservis par des prêtres franco-canadiens, l'Ordinaire de ce diocèse, suivant en cela une ligne de conduite adoptée par ses collègues de la Nouvelle-Angleterre, donne nos paroisses canadiennes à des Ordres religieux européens composés de Français, de Belges, etc., qui connaissent encore moins que les Irlandais nos us et coutumes et qui partagent avec ces derniers une antipathie envers les nôtres, qui rend leur ministère infructueux et ouvre la voie de l'indifférence religieuse et de la perte de la foi. En effet, l'influence de ces Ordres religieux occupant le poste de desservants est la cause de la perte de la foi malheureusement chez un certain nombre des nôtres.

u 10.° — En présence de cette situation pénible que nous ve-

nons d'esquiser sous le regard de Dieu, nous formons des voeux sincères, — avantqu'il ne soit trop tard, hélas ! — pour que nos voix soient entendues par le Saint-Siège.

8 11.0 — Nous sommes et nous voulons demeurer catholiques, respectueux envers l'autorité légitime que notre sainte mère l'Eglise place au-dessus de nous; mais nous ne pouvons rester indifférents, quand notre foi et celle de nos enfants est en danger. Nous avons longtemps espéré que la Providence viendrait à notre secours; enfin, nous avons cru qu'à titre de pères de famille et de catholiques, nous devions nous adresser aux autorités suprêmes de l'Eglise pour apporter un remède efficace à nos maux.

8 Confiants dans la justice de notre demande, la sagesse et la sainteté de Vos Eminences, nous prions humblement que nos voeux soient exaucés. „

La lecture de ce mémoire créa une profonde émotion. L'éloquent orateur la fit suivre d'un maître discours que nous reproduirons aussitôt que possible. Ça été l'événement du jour.

Le mémoire, ayant été soumis aux voix de la. délégation, fut voté à l'unanimité au milieu d'un enthousiasme indescriptible.

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