‹ Quelques documents sur J.-P. Rameau et sa familleChapitre 9 sur 16 · BENEFICE D’AGE · texte numérisé non relu

BENEFICE D’AGE

Louis, par la Grâce' de Dieu Roy de France et de' Navarre, à notre prévost de Paris ou son Lieutenant civil salut, de la partie de Marie Alexandrine Rameau, fille de deffunt Jean-Philippes Rameau, Bourgeois de Paris, et de Marie Louise Mangot, ses père et mère, nous a été exposé qu’ayant atteint l’âge de vingt ans moins quatorze jours (3).- et s’étant bien comportée depuis le décès de son père, elle désirerait jouir des revenus de ses Biens, s’il nous Plaît lui accorder nos Lettres sur ce nécessaires, à ces causes... nous vous mandons que ses parens tant paternels que maternels appelés devant vous en nombre suffisant, s’il vous appert de ce que dessus, en ce cas, du consentement desdits parens, vous lui permettiez, comme nous luy permettons par ces présentes, de jouir de ses biens Meubles et du Revenu de ses Immeubles, tout et ainsy que si elle avait atteint L’âge de majorité, ayant quant à ce habileté, à la charge de ne pouvoir vendre, alienner ny hypotequer ses immeubles qu’elle n’ait atteint l’âge de vingt-cinq ans accompli, à peine de nullité. De ce fait, donnons pouvoir, car tel est notre bon plaisir. Donné en la chancellerie du Palais, à Paris, le 14 septembre 1764, et de notre règne le cinquantième.

Pour Minute.

Signé : Marchand (4).

Herluison dans la Réunion des Sociétés des Beaux Arts des Départements, T. XXI, pp. 788 et suiv.

(1) Ms. Beffara, Arch. Opéra. Cet « amateur » était probablement le maître de musique Giroust. Cf Maret, Eloge, p. 74.

(2) Arch. de l’Opéra, Pensions, C. 28.

(3) Cette indication permet d’établir la date de la naissance de Marie- Alexandrine Rameau. Voir plus haut.

(4) Arch. nat. Chancellerie du Palais. X 4B. 658, septembre 1764.

Cinq jours après la délivrance de ces lettres, le 19 septembre 1764, on procédait à l’inventaire de Rameau. Nous ne donnerons pas ici in extenso, en raison de sa très grande longueur, cette pièce fort intéressante, et nous nous bornerons à en transcrire les passages les plus importants.

Au moment du décès de Rameau, deux de ses enfants survivaient, Claude-François et Marie- Alexandrine. Quant à Alexandre, il avait dû mourir très jeune, et Marie-Louise, la religieuse de Montargis, était aussi décédée.C’est ce qui résulte du préambule de l’inventaire. On remarquera que tous les actes passés après la mort du musicien cessent d’employer à son égard l’appellation de « Bourgeois de Paris ». Son anoblissement presque posthume ne sera négligé ni par sa femme, ni par sa fille, et dorénavant, lorsqu’on parlera de feu Rameau, on aura bien soin de le qualifier « d’écuyer. »

Quoi qu’il en soit, voici le début de cette pièce :

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