Quelques donnèes nouvelles sur le kala-azar
Prof. Ch. Nicolle (Institut Pasteur de Tunis). — Quelques données nouvelles sur le Kala Azar.
Depuis ie Congrés de Trapani, l'étude du Kala Azar à pris dans les pays méditerranéens une extension de plus en plus cousidérable. La meilleure part des découvertes récentes appartient à l'Italie et mes Collégues du Congrés trouveraient étrange que j'entreprenne de rappeler devant eux leurs propres travaux. L’aire géographique de la maladie s’est sensiblement étendue et sa fréquence dans les ‘pays reconnus atteints paraît sensiblement plus grande. En dehors de l’Italle méridionale, de la Sicile, de Malte et de la Régence de Tunis, la maladie a été signalée 4 Rome et aux environs, à Lisbonne (2 cas), en Gréce continentale ou insulaire, (1) en Russie même (Marzinowski, communication personnelle). Partout, dans ces régions, sauf une exception qui sans doute n’est pas définitive (Palerme) on a recontré la leishmaniose du chien dés qu’on Fy a rechercnée ler ourtéette infection vient d'être découverte-par M. M. Sergent, ne nous a point fourni encore de cas hu- MANS inv à Ft qiun-retard que l'avenir réparera. En Tunisie, les cas observés chez l’homme en trois ans et demi HéRUCpDassent pasuie Chiffre de 25, infection n'y semble point fréquente. La maladie chez le chien est également Pate en mars, Avril et mai 1908 Sur 222 animaux de la fourriére de Tunis nous n’avions trouvé que quatre infectés; enjanvier, février et mars 1911 M: et. Mad. Yakimoff qui ont repris mes recherches n’en ont découvert également que quatre sur deux cent sept chiens examinés.
() L'identite du Kala Azar et du &0yOs, soupçonnée par F. Mesnl et par moi-méme, a éte démontrée par Gabbi.
L'origine canine du Kala Azar semble aujourd’hui démontrée, grâce aux remarquables travaux de Carlo Ba- . sile; l’hôte intermédiaire de chien 4 chien serait la puce de cet animal, Pulex serraticeps. Il est permis de penser que le même parasite transmet aussi l’infection du chien à l’homme.
Si, dans ces derniers temps, nos connaissances sur Île Kala Azar ont fait en nos pays de si importants progrés, il semble qu'aux Indes l’étude en soit demeuré stationnaire. La facheuse lacune que j'avais signalée au Congrés de Trapani n’a pas été comblée; nous ignorons toujours si le Kala Azar des Indes est comme celui de nos pays inoculable au chien, Les expériences négatives de Patton ne peuvent nous imposer nulle conviction. Dans le doute où nous trouvors encore, il semblerait done qu’ il soit légitime de maintenir entre les deux Kala Azar indou et méditerranéen la barriéresque j avais Iévpremier ét provisoirement posée, Jewre crois pas qu'il faille, avant de la supprimer, attendre le résultat des expériences décisives que nous doivent nos Collégues de Indes anglaises. Dans des travaux poursuivis avec L. Manceaux, j’ai montré la sensibilité du chien au virus du bouton d'Orient et aux cultures de son agent, Leishmania tropica. Entre ces deux parasites d’un même oroupe, la différence est certes plus grande à en juger par les caractéres cliniques si dissemblables des infections qu’ils déterminent, qu'entre la leishmania de notre Kala Azar et celle du Kala Azar indou, maladies identiques par leurs symptômes. Il serait étrange que le chien, sensible au parasite d’une infection toute différente, ne le soit point à celui d’une maladie qui lui est de tout point identique. C’est pourquoi, sans attendre davantage que la preuve me soit apportée de la sensibilité du chien au virus indou, je l’ad-
mets et je déclare considérer le Kala Azar, quelque soit le.
pays où on l’observe et l’âge des malades (ordinairement infantile dans non climats), comme une maladie indivisible et une.
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