LÉSIONS GANGLIONNAIRES
Elles sont nettes, constantes et ont pu même paraitre à certains auteurs, assez caractéristiques, pour baser le diagnostic sur l'examen d’une coupe biopsique.
Ces lésions sont réalisées par différents éléments :
1. Envahissement du tissu ganglionnaire par une fibrose plus ou moins importante, rappelant parfois celle de la maladie de Hodgkin, mais n’amenant pas un aussi profond bouleversement de la structure ganglionnaire.
2. Dilatation des sinus avec hyperplasie de leurs éléments cellulaires qui envahissent les voies Iymphatiques.
Cette dilatation souvent considérable des sinus est le fait le plus frappant.
3. Prolifératicn réticulo-endothéliale très importante, les éléments hyperplasiés se substituant au centre germinatif du follicule.
Telles sont les principales modifications de structure que nous trouvons décrites dans les travaux de Parenti, de Reitano, de Fieschi.
Même hyperplasie réticulo-endothéliale, même transformation des centres germinatifs dans les dix cas étudiés par Giordano.
Hyperplasie et métaplasie des éléments des sinus, condensation et ratatinement des follicules, transformation réticulo-endothéliale des ‘centres germinatifs. Voilà les lésions que rapporte également M. Pehu.
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Certains auteurs ont rapproché l’aspect ainsi réalisé de celui des ganglions de la maladie de Hodgkin.
Sans doute la fibrose est intense, le ganglion est envahi par des cellules claires et des histiocytes, mais il ne présente pas le polymorphisme de la lympho-granulomatose maligne.
La cellule de Sternberg ne peut y être retrouvée, il n’y a pas la même abondance considérable de ploynucléaires neutrophiles et éosinophiles.
La ressemblance avec les coupes d’adénite hodgkinienne demeure assez lointaine.
D’autre part, la morphologie des lésions est assez spéciale pour écarter tout risque d'erreur avec un ganglion inflammatoire banal.
Est-ce à dire que l’aspect histologique du ganglion de la maladie de Chauffard-Still peut être considéré comme un signe pathognomonique? Non, car d’autres processus chroniques peuvent réaliser des lésion très voisines, identiques même.
Il n’en demeure pas moins que dans la majorité des cas, le ganglion de la maladie de Still, avec ses zones d’hyperplasie Ivymphoïde, la dilatation de ses vaisseaux sanguins, ses pelites hémorragies, constitue un signe de très grosse valeur.
Au contraire, suivant Robert Clément : « L’existence de lésions inflammatoires et l’absence de ca-
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tarrhe des sinus et de transformation vréticuloendothéliale des centres germinatifs, doivent faire mettre en doute le diagnostic de maladie de Chauf-
fard-Still. »
LÉSIONS SPLÉNIQUES
Elles sont en tous points comparables à celles des ganglions.
— Atrophie du tissu lymphoïde, hyperplasite des éléments réticulo-endothéliaux, ce sont là encore les lésions retrouvées par Chevallier, Micheli et Gamna, Freschi.
G. C. Parenti distingue dans la structure de la rate deux types de follicules.
L'un de constitution normale, avec lymphocytes
régulièrement disposés autour de l’artère centrale et centre germinatif formé d’éléments plus volumineux et plus clairs.
L'autre typique par son centre germinatif qui est constitué de petits éléments allongés réalisant l’aspect de fibroblastes. Les couches périphériques sont formées d'éléments lymphoblastiques.
Les cellules propres de la pulpe sont hyperplasiées, constituant une trame cellulaire compacte.
Les sinus sont remplis de gros éléments endothéliaux; enfin la stase sanguine est frappante, surtout à la périphérie.
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En résumé, la fibrose, l’atrophie du tissu lymphoïde, la prolifération du tissu réticulo-endothélial sont les trois éléments que l’on retrouve à la
base des altérations spléniques ganglionnaires et.
même péri-articulaires.
C’est cette analogie des lésions qui a permis à G. C. Parenti de considérer la maladie de Still comme une « mésenchymopathie ».
Les autres constatations anatomo-pathologiques, portant sur les différents appareils, sont beaucoup moins constantes. Nous ne ferons que les citer.
Au niveau des séreuses. — La fréquence relative des coalescences ou adhérences pleurales, péricardiques, péritonéales a été souvent signalée.
Au niveau du cœur. — L'intégrité du myocarde est à peu près généralement admise. Les lésions de péricardite sont les moins rares, mais presque toujours latentes cliniquement.
Les lésions d’endocardite demeurent assez rares, nous verrons en étudiant l’étiologie de laffection les controverses dont elles sont le sujet.
Les glandes endocrines. — Thyroïdes, parathyroides, pancréas se sont montrés indemnes de toute lésion dans les cas où l’examen nécropsique a pu être pratiqué.
Les lésions rénales sont rares, on signale dans quelques cas une légère dégénérescence tubulaire (Parenti).