REVUE CANADIENNE
actionnaires de cette compagnie ; ce sont Chaboillez et de Rocheblave.
Les commis étaient presque tous anglais. On peut donc dire que, à part les Canadiens chasseurs et trappeurs qui travaillaient pour la compagnie, celle-ci était bien anglaise et qu’elle n’eut de français que le nom.
La REVUE se trompe en disant que “les Canadiens serviteurs de “ la compagnie du Nord-Ouest ne voulurent pas servir dans la com- “ pagnie de la baie d'Hudson, parce qu'il leur répugnait d'obéir “ à des chefs d'origine britannique”
Le vrai motif pour lequel ils abandonnèrent le service de la compagnie, ce fut le désir de s'établir dans la nouvelle colonie fondée sur les bords de la rivière Rouge et de se grouper auprès de la mission catholique fondée par Mgr Provencher, à St-Boniface.
Il est certain que les trappeurs canadiens et les métis n'auraient pas fait de différence d’obéir à leurs nouveaux chefs.
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Riel, dit la REVUE, était âgé de 41 ans lorsqu'il se mit à la tête du mouvement des métis en ‘69.
Riel n'avait que 22 ans lorsque éclatèrent les troubles de la Rivière-Rouge, à l'automne de 1869. Il arrivait de St-Paul, Minnesota, où il avait séjourné quelque temps après avoir terminé ses études au collège de Montréal.
Après la bataille de Batoche, perdue par les métis, Riel se cacha dans les bois, mais il ne fut pas livré à Middleton par trahison.
Il pouvait facilement, s’il l'eût voulu, échapper à ses ennemis : Gabriel Dumont et deux autres métis lui offraient de le conduire sans danger au delà des frontières et de le mettre en sûreté sur le territoire américain. Il était sur le point d'accepter cette offre, quand Middleton lui fit porter, par un prisonnier métis, une lettre dans laquelle il l’assurait qu'il serait traité honorablement s'il consentait à selivrer comme prisonnier. Le métis qui lui porta la lettre le mit en garde contre la mauvaise foi anglaise, mais il ajouta : “ Après tout, Riel, faites comme vous voudrez.”
Riel, comptant sur la générosité anglaise, se détermina à aller trouver Middleton. On sait le reste. Riel ne fut donc nas trahi par les siens, mais il fut victime de sa trop grande confiance dans la parole du général anglais.
Les chefs sauvages Poundmaker et Big-Bear étaient paiens. Ils ont été instruits du catholicisme et baptisés dans la prison.
Le jugement que porte la REVUE sur le procès de Riel est ce qu'il doit être. Les procédés employés par les ennemis des métis, durant toute cette cause, resteront une honte pour le gouvernement qui les a permis,
G. Dugas, Ltre.
LE FAVORI d'après Heywood Hardy