‹ Quelques essais sur l'atténuation et la destruction de la virulence tuberculeuseChapitre 7 sur 14 · AN · texte numérisé non relu

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ouvert aux expérimentateurs, et qu'il est besoin de recherches nouvelles pour arriver à un résultat définitif.

Les travaux qui ont été faits dans le but d'atténuer ou de détruire, 2x vitro, le virus tuberculeux, sont les suivants :

Dans une première expérience (1), M. Martin montre que le virus tuberculeux pére ses propriétés infectieuses quand il est soumis à une température de 100 degrés.

L'alcool, après une action prolongée de plusieurs jours, affaiblit sa virulence, mais ne la détruit pas, car des inoculations successives à des animaux permettent à ce virus de récupérer sa puissance infectieuse primitive.

M. Gibier (2) à essayé l'influence du refroidissement et croit pouvoir affirmer qu'un certain nombre de virus peuvent être atténués par le froid. Disons ici que ces travaux n’ont pas trait spécialement au virus tuberculeux.

M. Vallin (3) montre que le suc tuberculeux devient inoffensif et stérile quand il est traité par le sublimé en solution, par le soufre et d’autres agents chimiques, mais à condition que ces désinfectants soient concentrés.

MM. Parrot et Martin (4) ont fait un grand nombre d'expériences au moyen de l'acide salicylique, du sul-

(L) Société de biologie, 20 décembre 1881, et Revue de médecine, 1882, (2) Académie des sciences, 11 juin 1883.

(3) Académie de méd., 16 janvier 1886.

(1) Revue de Médecre 1883.

SE FO a fate de quinire, de la créosote, de l’eau bromée, de l’eau oxygénée.

D’après ces auteurs, l'acide salicylique au cinq millième ne produit pas d'effet, mâine après un contact de quarante-huit heures. Au millième et au cinq centième, c'est-à-dire avec une des dissolutions les plus concentrées que l'on puisse obtenir avec l'acide salicylique, la virulence tuberculeuse n’est pas détruite.

Avec l’eau oxygénée, les expériences n’ont pas donné de résultats plus positifs.

Le 21 décembre 1882, les mêmes ont essayé le brome au dix millième d’abord, au deux millième et au millième ensuite, sans rien obtenir. Au cinq centième, la virulence serait détruite : mais cet agent, d’après

l'aveu des expérimentateurs, ne saurait être employé

à cause de sa causticité. Il produit, en effet, des

lésions qui amènent rapidement la mort de l’animal,

telle que péritonite, si on emploie la solution au cinq centième.

Parrot et Martin ont ensuite employé l'acide phénique au millième sans résultats. A trois et six pour cent, pendant quarante-huit heures, l'acide phénique détruirait la virulence. Ils ont alors employé une sulution deux fois plus concentrée pendant vingt-quatre heures, et ont été fort étonnés de ne pas obtenir la destruction du virus. Ils ont attribué à une question de temps ce résultat, qui semble contradictoire avec celui de la première expérience. 4

Nous croyons qu'il y a de nouvelles recherches à faire pour arriver à une solution certaine.

Les expériences de MM. Parrot et Martin portent

easuite sur le virus tuberculeux traité par la créosote, au millième d’abord, au cinq millième et au millième ensuite ; ils n’ont pas obtenu de résultats, la solubilité de la créosote n'étant pas suffisante pour l’employer à des doses plus élevées.

Le subiimé au cinq millième et à un millième n’a rien produit.

Les conclusions de Parrot et Martin sont que le microbe tuberculeux jouit d’une vitalité très grande, et qu’on peut le modifier seulement par des liquides antiseptiques très concentrés. Une température élevée, variant entre 120 et 125 degrés, serait seule un pürificateur certain et pratique pour les instruments à opérations chirurgicales.

Disons enfin que M. Cavagnis (1) déclare avoir constaté que l'acide carbonique en solution aqueuse, à deux pour cent et au-dessus, détruit la virulence tuberculeuse, et qu'en solution plus faible (1,25 p. ‘k) il l’atténue. (Adhuc sub judice lis est. |

1) Académie des Sciences, novembre 1886.

- Avant d'exposer : nos premières expériences, 6 este be x. Se dire celles faites ‘dans le but d’atténuer le. RL de ar à tuberculeux par l'air sec, faisons un court tableau des

lésions de la tuberculose: expérimentale. Ces lésions ee

> sont connues depuis longtemps et ont été étudiées par.

un grand nombre d'auteurs, entre autres par Cobhn

et Conheim. Nous empruntons à à notre maître, M. le : Dr ss qui: a fait 21 séries successives de on se ASE

ON

00e « L'inoculation du cobaye, par tubercule de cobaye de la série précédente, amène toujours la mort. « Les lésions sont toujours les mêmes et se présentent dans l’ordre suivant : induration des ganglions voisins du lieu d’inoculation, envahissement tuberculeux et hypertrophie de la rate, puis du foie, puis des poumons.

« La rate, le foie, les poumons ne sont affectés que : secondairement à l’envahissement du réseau lymphatique qui émane de ieur profondeur.

« Ainsi, les ganglions situés à la partie inférieure du foie, dans l’epiploon gastro-hépatique et gastrosplénique; les ganglions situés à la base du cœur au niveau de la bifurcation des bronches, sont indurés et extrêmement hypertrophiés avant l'apparition du semis tuberculeux dans Ia rate, le foie et les poumons.

« L’ensemencement tuberculeux de l'organisme commence par la rate, se continue par le foie et atteint en dernier lieu le poumon.

« Dans tous ces organes, 1l apparaît sous la forme d’un pointillé très fin, d’abord gris, translucide, puis légèrement opaque et enfin jaune. C'est vers le vingtième jour après l’inoculation que la rate est envahie; à la fin du deuxième mois, le foie et le poumon sont farcis de tubercules.

« En hiver, le cobaye tuberculisé meurt avant la fin du troisième mois. En été, il peut aller jusqu’à quatre mois. Il dépasse rarement cette limite. « La marche de la tuberculose inoculée est toujours la même; elle part de la couche conjonctive sous-

OX NET « cutanée qui peut être considérée comme une réunion « de lacunes lymphatiques, gagne les vaisseaux et les « ganglions lymphatiques sur lesquels elle marque son « passage et envahit enfin les principaux organes. » :

Tel est le tableau de la tubercnlose expérimentale; passons maintenant aux expériences que nous avons faites sur des rates tuberculeuses de. cobayes, placées dans une atmosphère aérienne confinée, à l’abri de l'humidité et de l’acide carbonique par la potasse, et conséquemment aussi à l'abri de la putréfaction. Nous déclarerons ici, en toute sincérité, que si nous n’avons pas obtenu le résulat cherché, si nous n’avons pas, en un mot, atténué le virus tuberculeux, nous avons cependant observé des faits dignes d’attention et que nous signalerons dans la suite. ;

Pour faire nos expériences, nous nous sommes servi des procédés que M. Pasteur emploie pour dessécher les moelles rabiques de lapin et amener ainsi, qu’on nous passe le mot, la dévirulence. Sans rentrer dans le détail, nous dirons que, dans cinq flacons, nous avons suspendu à l’extrémité d’un fil de platine, piqué dans le bouchon, une rate tuberculisée de cobayes. Au fond du flacon est une certaine quantité de potasse, sous forme de pastilles, introduite dans la tubulure inférieure. Chacun de ces flacons possédait une rate tuberculisée.

Le flacon n° 1 a conservé sa rate pendant 5 jours.

Le flacon n° 2 — — — 10 jours.

Le flacon n° 3 — — — 15 jours.

Le flacon n° 4 — — — 20 jours.

Le flacon n° 5 — — — 25 jours.

ENT) QE Nous avons jugé inutile de pousser plus loin la période de dessication et avons réduit en poudre fine

ces différentes rates.

Nous avons ensuite dilué dans de l’eau distillée et

stérilisée chacune de ces poudres, que nous avons in0culées avec la seringue Pravaz sous la peau d’une

série de cobayes.

La poudre du flacon 1 a été inoculée à 2 cobayes.

La poudre du flacon 2 — à 2 cobayes.

La poudre du flacon 3 — à 3 cobayes.

La poudre du flacon 4 — à 3 cobayes.

La poudre du flacon 5 — à 3 cobayes.

Treize cobayes ont donc subi l'inoculation. L'expérience a commencé le 6 mai L886, et depuis cette époque tous nos animaux sont morts tubercaleux. La période de survie a été en moyenne trois mois et comme nos expériences ont eu lieu en été, nous pouvons dire que les cobayes sont morts un peu plus vite que par l’inoculation de rates tuberculeuses fraîches. Des expériences de MM. Landouzy et Martin démontrent, d’une facon certaine, que la période de service des cobayes est de trois mois en hiver et quatre mois en été, ainsi que les expériences précitées de M. le Dr Solles.

Nous pouvons donc dire que la virulence tuberculeuse, loin de s’atténuer par la dessication, s'exagère au contraire en présence de la lumière solaire et au contact de l'air sec.

Ces résultats trompaient donc complètement notre 1itente, aussi ne pouvions-nous songer à poursuivre

Le Len

‘ des” expériences qui finissaient de nous démontrer la facilité de propagation de la phtisie tuberculeuse, au a de la Nr comme agent de conservation,

tn) on

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