‹ Quelques essais sur l'atténuation et la destruction de la virulence tuberculeuseChapitre 6 sur 14 · L 1 TÈTE · texte numérisé non relu

L 1 TÈTE

Arloing, Cornevin et Thomas ont trouvé que les spores du charbon symptomatique, maintenues pendant dix heures à 85 degrés, perdent leur virulence et peuvent servir de vaccin.

Chauveau (1) atténue le virus charbonneux, d’après la méthode de Toussaint, en chauffant le sang charbonneux à 42 ou 43 degrés, pendant vingt heures. Comme il se développe habituellement des spores dans les bacilles du charbon, il chauffe de nouveau pendant une heure, deux heures et trois heures. Il a ainsi un virus plus ou moins atténué.

On atténue un virus en le faisant passer par l’organisme d’un autre animal. Pasteur et Thuilier ont ainsi atténué le virus du rouget du porc en le faisant passer par l'organisme du lapin. Cet animal ne tarde pas à succomber, et, si on cultive son sang, les microbes deviennent un vaccin pour le porc.

Pasteur (2) atténue le virus de la rage en inoculant un fragment de substance cérébrale d’un chien enragé dans le cerveau d’un lapin, en faisant passer ce même virus, provenant du lapin, par l'organisme du singe, où il s’atténue et devient un vaccin pour le chien.

La simple dessication a aussi son influence, ainsi que le démontre M. Truchot (3). D’après lui, le #écrococcus seplicus puerpueralis perd ses propriétés par la simple dessication, et devient tout à fait inoffensif si on fait intervenir l’action de la chaleur,

Les agents chimiques, qui détruisent la vitalité des.

NX (1) Compte rendus, tome XCVI, p. 553.

(2! Congrès de Copenhague, 1884.

(3) Thèse de Lyon, juillet 1884.

DECRTS Ve her

microbes et dont l'emploi, en certaines proportions, a été utilisé.

L'action de la chaleur, qui, d'après l'aveu des expérimentateurs, ne permet pas de cultiver les microbes pathogènes. Disons, à ce propos, que la lumière solaire n'a jamais atténué le virus tuberculeux.

Enfin, à l’aide des rayons chimiques du spectre solaire, on obtiendrait une oxydation plus rapide et une atténuation proportionnelle.

L’ozone, les efluves électriques n’ont-elles pas aussi une action sur les micro-organismes ?

De nombreuses expériences ont été faites au sujet de l'ozone.

M. Chappuis (1) a essayé de démontrer que l'ozone jouit de la propriété de détruire les germes capables de déterminer les fermentations, la putréfaction et le développement des miasmes.

Divers expérimentateurs, MM. Billard, Schœnbein, Berigny. Silbermann, avaient cru constater que l'ozone faisait défaut dans l'atmosphère perdant les épidémies de choléra. M. Wolf avait ainsi formulé ses observations : « Une inflexion rapide de la courbe de l'ozone est suivie d’une augmentation considérable de la mortalité (2). » |

Des observations plus récentes n’ont pas confirmé cette manière de voir, les dernières épidémies de choléra à Paris n'ayant pas coïncidé avec une moyenne assez élevée d’ozone.

En somme, nous pouvons dire que c’est là un champ

(1) Buil. de la société chim., t. XXXV.

(2) Comptes rendus, t. XL, p. 419.

Page 1