COMPARAISON DE DEUX SONS
rents sons et leurs rapports, mais encore observer les images produites par la combinaison de plusieurs sons.
L'appareil qui sert à ces recherches consiste en une série de tuyaux d'orgue dont chacun est muni au nœud du son fondamental d'une capsule manométrique, que l'on peut mettre en communication au moyen de tubes de caoutchouc avec des becs
Fig. 21. Appareil pour la comparaison et la composition des vibrations de deux colonnes d'air sonores, par la méthode des (lammes manométriques.
portés par un support. Ces becs sont placés vis-à-vis d'un miroir tournant, compose de quatre glaces argentées. Un petit sommier destiné à recevoir deux tuyaux d'orgue porte deux tubes dont le plus gros reçoit l'air envoyé par une soufflerie, et le plus mince conduit le gaz dans un réservoir muni de deux robinets reliés aux capsules des tuyaux d'orgue par des tubes de caoutchouc. Quand la flamme est tranquille, son image apparaît dans le
52 LES FLAMMES MANOMÉTRIQUES.
miroir tournant sous la forme d'une bande lumineuse aussi large que la flamme est haute; si maintenant on fait parler le tuyau d'orgue qui est en rapport avec cette flamme, celte bande est remplacée par une série d'images qui se suivent dans un ordre régulier et dont les sommets s'infléchissent dans un sens opposé à celui de la rotation du miroir. Si maintenant on dispose deux becs de façon à ce qu'ils donnent dans le miroir deux bandes parallèles placées l'une sous l'autre, et qu'on les mette en rapport avec deux tuyaux d'orgue dont l'un est à l'octave de l'autre, on remarque que la bande correspondant à la note la plus élevée se compose de deux fois plus d'images que l'autre, ce qui démontre que le rapport des vibrations des deux sons est de 1 : 2 (fig. 22). Fait-on parler des tuyaux d'orgue don l les intervalles sont la quinte
Fig 22. Comparaison des vibrations de deux tuyaux d'orgue par les flammes manométriques.
et la quarte, on obtient respectivement des nombres de flammes qui sont dans le rapport de 2 : 3 pour la quinte, de 3 : 4 pour la quarte, etc. etc. La grande rapidité avec laquelle les flammes exécutent leurs mouvements donne à leurs images une netteté extraordinaire; mais, en raison de leur faible durée, il serait difficile de distinguer par ce procédé de légères altérations des iniervalles justes, car autant il est aisé de reconnaître que l'une des séries compte toujours environ deux fois plus d'images que l'autre, autant il serait difficile de constater que environ 200 de l'une correspondent à 101 de l'autre. On y arrive cependant de la manière la plus exacte et la plus satisfaisante en mettant les deux capsules des deux tuyaux d'orgue en relation avec une seule et même flamme.