COMPOSITION DE DEUX SONS
Si l'on fait parler deux tuyaux d'orgue qui sont rigoureusement à l'octave l'un de l'autre pendant que le courant de gaz se rend des deux capsules dans le même bec, l'image ressemble exactement à une flamme qui en envelopperait une autre plus petite et immobile. Pour peu que l'intervalle s'écarte de l'octave, la petite flamme entre en vibration, on la voit s'élever et s'abaisser périodiquement dans la plus grande, cbacun de ces mouvements doubles, résultant d'un allongement et d'un raccourcissement alternatifs, indique un battement, c'est-à-dire un écart d'une vibration double pour l'octave aiguë, ou d'une vibration simple pour l'octave grave.
La quinte (2 : 3) donne trois languettes étagées l'une au-dessus de l'autre; la quarte (3 : 4) en donne quatre; on en trouve cinq pour la tierce (4:5); quand l'intervalle reste parfaitement juste, la situation relative de ces images ne change pas, mais la moindre altération de l'intervalle fait monter ou descendre alternativement chaque sommet, ce qui produit l'aspect d'un mouvement de vagues. On peut aisément, pour tous ces intervalles, régler- la hauteur de la flamme de façon que tous les sommets isolés paraissent très brillants, très nettement définis, et séparés par des espaces bleus non lumineux.
Cependant, lorsque les intervalles se compliquent, il devient souvent difficile de les étudier tous ; dans ce cas, l'état de la flamme permettra au moins déjuger de la pureté de l'intervalle : est-elle en repos , l'intervalle est juste; il est altéré si la flamme est en mouvement.
Cette propriété des flammes manométriques d'accuser dans un intervalle le moindre désaccord, fait qu'on peut les employer avec succès dans beaucoup de cas pour accorder, puisqu'il n'est nullement indispensable que les deux sons qu'il s'agit d'amener à un intervalle donné soient produits par des tuyaux d'orgue à capsules manométriques. Il suffit que les sons émanés de n'importe quelle source sonore soient rendus en face de résonateurs appropriés influençant deux capsules manométriques dont les tuyaux aboutissent à un même bec; l'intervalle le plus commode à observer étant 1:2,1a meilleure manière d'accorder une série de diapasons pour la même note est de prendre le diapason étalon à l'octave grave ou aiguë.
Pour observer complètement les phénomènes de vibration sur ces flammes soumises à l'influence simultanée de deux sons, il faut encore employer le miroir tournant. L'octave parfaite donne lieu
54 LES FLAMMES MANOMÉTRIQUES.
à une série d'images telle qu'une plus petite en suit toujours une plus grande, les plus petites étant toutes égales entre elles et les grandes aussi (fig. 23). S'il y a des battements, on voit s'élever et s'abaisser périodiquement les sommets des petites flammes
■23. Composition des vibrations de deux tuyaux d'orgue par les flammes manométriques.
ainsi que des grandes, seulement les mouvements sont renversés; à la même place où la hauteur des grandes flammes est la plus grande, on a les minima des petites, et réciproquement.
Dans le tableau (fig. 23) l'image de la septième (8 : 15 ou bien 8 ; 16 — l) montre ce phénomène, avec une période très courte