TIMBRES
compliqués que ceux des sons aigus ; car les harmoniques supérieurs dont la présence se reconnaît encore dans le timbre des sons graves de l'instrument, disparaissent à mesure qu'on élève le son fondamental. En effet, plus une note est élevée , plus les dimensions du corps sont relativement faibles ; or si ces dimensions deviennent très petites , les vibrations se simplifient en môme temps, surtout parce que les corps de faibles dimensions perdent la propriété de se subdiviser en parties aliquotes quand ils vibrent, propriété qui est une cause principale, sinon exclusive, de la résonance multiple.
Fig. 25 Appareil pour !a production des images des TOyelles.
Une autre raison, qui s'applique notamment au cas où le son est 'produit, non par les vibrations d'un corps élastique, mais par les chocs de l'air, comme dans la sirène ou les tuyaux à anche, c'est que les notes harmoniques supérieures qui font partie du timbre d'un son grave, tombent, si la note fondamentale monte, dans une région si élevée de l'échelle musicale qu'elles ne peuvent plus impressionner, ni l'oreille, ni les membranes artificielles. Par exemple le son le plus grave du violon est le solt (384 vibrations) ; son huitième harmonique, le so?5, de 3072 vibrations, reste donc encore dans la portée de l'instrument et correspondrait, sur la corde sol, à une longueur de 4 centimètres, sur la corde mi a
58 LES FLAMMES MANOMKTBIQUES.
une longueur de 13 et demi environ. Qu'on prenne maintenant le so^ lui-même comme son fondamental, la longueur de corde correspondant à son huitième harmonique ne devrait plus être sur la corde mi que de 17 millimètres, et ce son, qui atteindrait 24576 vibrations simples, dépasserait alors de deux octaves le son le plus élevé employé dans la pratique, ce qui explique pourquoi on ne peut pas le découvrir dans le timbre du sol.. Du reste, à cause de la hauteur des sons , je n'ai réussi que fort imparfaitement à figurer le timbre du violon, à l'exception des notes allant de sol2 à ni- sur la corde sol, je n'ai obtenu pour toutes les autres que les vibrations du son fondamental. Afin de faire arriver les sons à la membrane avec le plus d'intensité possible, ou bien je mettais en communication la masse d'air de l'intérieur du violon avec le petit appareil à flammes par l'intermédiaire d'un tube de caoutchouc engagé dans l'une des fentes en f; ou bien j'avais recours à mon stéthoscope, en appliquant la membrane convexe sur le fond du violon, à l'endroit de l'âme, et en reliant le tube à l'appareil à flammes. Dans ce dernier cas, le sol^ rendu par la corde sol, présentait l'image de l'octave sous la forme de flammes faibles et ondulées, qui jusqu'à st8 se changeaient en d'autres très nettes et profondément découpées, puis vers ut- elles se confondaient brusquement en une seule ligne large, courte et diffuse, où l'on ne retrouvait une faible trace de l'octave qu'à la condition de donner de très vigoureux coups d'arcbet. Sur la corde ré , je n'obtenais déjà plus qu'une suite de flammes simples aux contours arrondis et ondulés, pour les notes réz, mi-, fa-, sol-, mais de faibles elles redevenaient plus marquées pour las. Sur la corde la, le la- donnait des flammes très hautes à dentelures profondes, le si- des flammes plus intenses encore, mais vers ut^ elles tombaient encore brusquement et devenaient très faibles. Sur la corde mi, en arrivant à sol^ et lau, je voyais disparaître la dernière trace des dentelures que les dernières notes aiguës produisaient encore. Lorsqu'on fait communiquer l'air de la caisse avec l'appareil, l'image de l'octave, diffuse pour sol2, se transforme vers si, en une flamme simple et nettement tracée, puis pour utt elle atteint une hauteur telle, qu'on la dirait produite par les vibrations d'un tuyau muni en son nœud d'une capsule manométrique. Pour»^, l'image présente encore une série de flammes hautes et bien nettes , mais qui disparaissent au mis, pour faire place jusqu'au laz à des lignes à ondulations arrondies. Cette apparition subite de flammes