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COEXISTENCE DE DEUX SONS

à la vérité. La quinte (2 : 3) offre une période de trois, la quarte (3 : 4) une période de quatre, la tierce (4 : 5) une de cinq, et la seconde (8 : 9) une de neuf languettes, avec un seul maximum et un seul minimum par période. Quand l'intervalle ne renlre pas dans la formule (N.-N + l), la période complèle offre non pas seulement un maximum et un minimum, mais la courbe des sommets présente un nombre de creux et de saillies égal à la différence des deux termes de l'intervalle. L'image de la sixte (3 : 5) (fig. 23) en montre un exemple.

Plus l'intervalle de deux sons est compliqué, plus on doit s'appliquer à le produire rigoureusement, résultat qui a lieu lorsque la flamme vue directement paraît immobile; autrement, en raison du changement dans la différence de phase, la période s'altère sans cesse à mesure qu'elle se reproduit, et on a peine à la bien distinguer. Cette condition de l'accord préalable devient plus nécessaire encore, quand on combine plus de deux sons en les faisant agir sur la même flamme. On constate d'ailleurs par ces expériences la difficulté qu'il y a à faire rendre à des tuyaux d'orgue des sons mathématiquement constants , même avec une soufflerie munie d'un bon régulateur.

Coexistence de deux sons dans la même colonne d'air.

L'étude des images obtenues par la combinaison de notes connues d'avance est surtout utile en ce qu'elle apprend à reconnaître dans un mélange de sons de composition inconnue, par les images qu'il donne, les sons qui le composent. Comme transition naturelle à cette analyse d'un mélange de sons , tel que nous le présente par exemple un timbre quelconque, étudions la combinaison, dans une même colonne d'air, d'un son fondamental avec un harmonique supérieur connu.

Le tuyau d'orgue fermé agissant sur deux flammes, cité plus haut, et à l'extrémité duquel se trouvent à la fois le nœud du son fondamental et celui du premier harmonique, convient très bien à cette expérience. Si l'on ne donne d'abord, en soufflant faiblement, que le son fondamental (1), l'image de ses vibrations se dessine dans le miroir; chacune de ces images est remplacée par

56 LES FLAMMES MANOMÉTRIQUES.

trois languettes dès qu'on produit l'harmonique (3) en forçant le courant. Pour un courant d'air un peu moins fort, les deux sons (1 : 3) se forment en même temps, et chaque flamme correspondant à une vibration du son fondamental est toujours surmontée de trois dentelures (flg. 24). Ainsi plusieurs sons coexistant dans la même colonne d'air donnent la même image que la combinaison de ces mêmes sons , dont chacun serait rendu par un tuyau à part.

Fig. 24. Composition des vibrations de deux sons dans ia même colonne d'air par les flammes

manométriques.

Représentation des divers timbres.

L'appareil dont on se sert à cet effet consiste simplementen une capsule manométrique disposée de telle sorte que, devant sa membrane, se trouve une petite cavité où vient s'engager un bout de tube (fig. 25). Les sons qu'on veut représenter, doivent y arriver en conservant autant que possible leur intensité première et sans avoir subi en route la moindre altération.

Les images du timbre de tous les sons du même instrument ne sont jamais identiques ; chaque vibration des sons graves donne lieu a des groupes de flammes bien plus considérables et plus

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