Tonempfindungen, IV
ves et suffisamment forts, nous avons vu que les battements primaires sont encore perçus avec des intervalles beaucoup plus larges. Dans toute l'octave uty — u<2, on ne trouve pas un seul in tervalle qui ne les fasse entendre distinctement, et même en laissant décote les battements m', on peut suivre les battements m seuls jusqu'au delà de la quinte; avec les intervalles qui ont pour son fondamental le mi-ly on les constate jusqu'au voisinage de la septième.
Dans le tableau des battements, il est dit que la tierce ut.2 : mi's fait entendre un ronflement formé de 32 battements, et que ce ronflement s'affaiblit graduellement à mesure qu'on approche de la quinte. Ce résultat est exact pour des sons primaires tels que je les obtenais avec mes diapasons vibrant en face des résonateurs; mais en faisant usage de sons encore plus forts, qui étaient fournis par trois diapasons utt} ini.2, sols, débarrassés des curseurs et montés sur des caisses de résonance de grandes dimensions, ouvertes aux deux bouts, le ronflement de la tierce devenait plus intense, et celui de la quinte môme était encore très sensible. Les 64 battements de la tierce uts:mis, qui avec les résonateurs ne produisaient qu'une simple dureté du son, devenaient un véritable ronflement avec les diapasons montés sur les caisses, et même la quinte ut. : sol. trahissait encore une certaine dureté provoquée par l'existence de 128 battements par seconde.
Lorsqu'un son est produit dans un espace fermé, on sait que le concours des ondes directes et de celles qui sont refléchies par les murs donne naissance à des ventres et des nœuds. Avec des sons simples très forts et qui ont des longueurs d'ondes considérables, la différence d'intensité aux endroits des nœuds et des ventres est tellement sensible que dans les expériences dont il s'agit ici, où il importe que les deux sons arrivent avec force à l'oreille, il faut toujours tacher de se placer dans un nœud commun aux deux sons. Il faut donc chercher d'abord la position la plus favorable de l'oreille pour l'un des deux sons, puis rapprocher ou éloigner l'autre diapason jusqu'à ce qu'on l'entende également avec son maximum d'intensité.
Plus on s'élève dans l'échelle, et plus il devient facile d'obtenir des sons forts et perçants. Aussi, tandis que l'intervalle uts : sol., qui avec des sons ordinaires ne manifeste aucune trace de dureté, doit être formé par des sons d'une intensité tout à fait inusitée pour que ses 128 battements deviennent sensibles, avec l'intervalle
PERCEPTIBILITE DES BATTEMENTS. 133
si. : ut6 les anches d'un harmonium suffisent pour faire entendre le même nombre de battements.
M. Helmholtz, en constatant ce dernier fait, attache, pour l'expliquer, une importance particulière à la petitesse de l'intervalle1 ; mais les expériences qui viennent d'être citées prouvent qu'avec des sons graves d'une intensité suffisante il devient possible d'entendre les battements sur des intervalles beaucoup plus larges, comme d'un autre côté on peut, avec des sons aigus suffisamment faibles, former des intervalles très petits où les battements ne se manifestent pas.
De même que les intervalles très petits de sons aigus ne diffèrent point essentiellement des intervalles larges de sons graves d'une intensité suffisante, en ce qui touche les battements produits par une même différence des nombres de vibrations absolus, de même il n'y a aucune différence dans la manière dont se produisent les sons résultants. Deux diapasons s?5, uts (15 : 16) font entendre, pour une intensité donnée de leurs sons, le ronflement des 128 battements, mais en même temps le son résultant utt ; de même qu'avec les sons ut-, sol^ lorsqu'ils sont très forts, on entend, en dehors de la dureté produite par les battements, un faible utt. Il faut seulement faire observer que, les sons primaires aigus ayant une intensité relative beaucoup plus considérable que celle des sons graves, leurs sons résultants seront également beaucoup plus intenses que les sons résultants de même hauteur, donnés par les intervalles plus larges des sons graves, que par conséquent il sera toujours plus facile d'obtenir des sons résultants très graves et très distincts à l'aide de ces sons aigus qu'avec des sons primaires pris dans les octaves graves.
J'ai dit plus haut que la consonance ut* : soi-, ne donnait qu'un utt (128 v. s.) à peine perceptible, même avec de gros diapasons et de forts résonateurs; il m'a été impossible d'observer directement des sons résultants plus graves avec des intervalles pris dans les régions basses de l'échelle, tandis qu'avec des diapasons plus aigus on arrive encore à produire Vut-t de 32 v. s., qui s'approche déjà de l'extrême limite des sons perceptibles.
J'ai commencé cette partie de mes recherches avec une série de diapasons accordés pour les notes situées entre si, et ute ; mais, ayant trouvé que ces diapasons ne donnaient déjà les sons résul-