TEMPÉRATURE DU DIAPASON
parant l'horloge à un chronomètre dont la marche est connue. Si l'horloge a marché pendant une heure, sans avance ni retard, le diapason a fait, dans le môme temps, exactement 3600 X 128 = 460800 v. s., soit 128 v. s. par seconde. Sil'horloge aretardéd'une
seconde dans l'espace d'une heure, le diapason n'a exécuté que — —
128 v. s. par seconde, il retarde donc de — — = 0,0355 v. s., 1 ' 3600 '
et ainsi de suite.
Si le diapason a été accordé, à une température déterminée, de manière que l'horloge marche exactement d'accord avec le chronomètre, l'écart qui se manifestera à une autre température fera évidemment connaître l'influence qu'une variation de température donnée exerce sur le nombre des vibrations. Il faut seulement prendre garde de ne pas confondre la température du thermomètre avec celle de la fourchette, car celte dernière met beaucoup plus de temps que le thermomètre à prendre complètement la température de l'air ambiant.
Temps que le diapason met à prendre la température ambiante.
Afin de me rendre un compte plus exact du temps nécessaire pour la communication delà température ambiante, j'ai fait plusieurs séries d'expériences de la manière qui suit. J'ai pris deux diapasons utz = 512 v. s., à l'unisson l'un de l'autre et formant l'intervalle d'octave avec le diapason ut., d'un comparateur optique. L'un de ces diapasons était chauffé, puis j'observais, de cinq en cinq minutes, la diminution graduelle du désaccord produit par cette élévation de température, — d'abord parles battements avec l'autre diapason ut-, tant que ces battements étaient assez rapides pour être comptés sans difficulté, puis à l'aide du comparateur.
Le diapason ut. ayant été chauffé jusqu'à diminuer son nombre cle vibrations de 4 v. s., l'abaissement observé n'a plus été que de:
v. s. 2,000 au bout de 5 '/s minutes.
v. s. 0,0o0 au bout de GO minutes.
A la fin, la figure optique observée au comparateur ne faisait
donc plus que - de demi-tour en l minute. Il s'ensuit que le dia-
pason met 2 heures ou 2 heures et demie pour revenir, d'une température qui a produit un désaccord de 4 v. s., à la température de l'air ambiant.
Si l'on se contente d'abaisser le diapason de 0,5 v. s., en le tenant simplement à la main pendant une minute environ, l'abaissement disparaît à peu près un quart d'heure plus tôt que l'abaissement correspondant obtenu précédemment à la suite d'un échauffement plus considérable. La raison de cette différence doit être probablement cherchée dans ce fait, que, dans le premier cas, le même abaissement est produit par un échauffement peut-être un peu plus fort, mais ayant pénétré moins profondément dans la masse, et dans le second, par une chaleur plus faible, mais distribuée d'une manière plus égale. On s'expliquerait encore ainsi pourquoi le diapason de l'appareil mettait un peu plus de temps à prendre la température de l'air que les diapasons isolés, qui avaient été chauffés relativement vite. Ainsi, dans une première série d'expériences, ce diapason avait été accordé exactement à 18" c, et de 5 heures à 10 heures du soir l'horloge était restée toujours d'accord avec le chronomètre, la température n'ayant pas varié dans cet intervalle de cinq henres; mais pendant la nuit elle avaitlégèrement baissé, et, bien que le matin le thermomètre marquât encore 18° c, on put constater depuis 9 heures jusqu'à 1 heure et demie une légère avance (ne dépassant pas 1 seconde pour cet intervalle de 4 heures et demie) ; puis l'horloge resta de nouveau d'accord avec le chronomètre jusqu'à 10 heures. Dans ce cas, le diapason avait donc mis 4 heures et demie à reprendre complètement sa température primitive. On voit, par ces observations, qu'il ne sera permis d'attribuer au diapason la température indiquée par le thermomètre que lorsque celte température n'aura pas varié pendant quelques heures, et que l'horloge, comparée au chronomètre, aura conservé pendant ce temps une marche absolument régulière.